A R E N A
" The Seventh Degree Of Separation "






A R E N A
The Seventh Degree Of Separation
Verglas Records

Arena a bien trop disparu du devant de la scène. Il nous a laissés en 2005 sur un sixième album les extirpant d'un Néo-Prog convenu pour entrer de plein pied dans un Prog Metal avec lequel ils flirtaient depuis un certain temps, plus proche de la scène d'un Pallas que de Marilion dont leur batteur est issu, un Prog plus personnel et très stylé, sobre et dynamique, avec des sommets comme « The Visitor ». Le groupe a perdu son chanteur depuis ces derniers signes de vie, ainsi que son bassiste…

Si le second défi est relevé sans craintes par la réintégration de John Jowitt, le premier est plus ardu à surmonter, avec le recrutement de Paul Manzi, ex du Oliver Wakeman Band… Mais le groupe va le faire joliment : c'est-à-dire violement et à 100%, « The Seventh Degree Of Separation » relevant carrément le défi du concept-album. Pire : il n'hésite pas à se mesurer à « The Visitor » en s'attaquant à un thème similaire (ici le moment du passage de la vie à la mort). Et pour enfoncer le clou, Arena s'impose un défi artistique en pliant le plus possible leur style musical vers ce pôle conceptuel.

Le résultat est exceptionnel à bien des égards : Pour ce qui est du chant, on attaque de avec une intro a capella sur « The great escape » et le ton est donné, c'est comme ça, que ça vous plaise ou non… bien dit ! Le reste est du même acabit, suivant sa propre voie : oui Arena préfère le Metal au Néo-Prog et ne risque pas de s'en cacher, ralentissant les morceaux, épurant le son, musclant l'instrumentation, ici très réduite et à forte dominante guitaristique, les claviers de Clive Nolan passant en arrière plan.

Le résultat est l'efficacité même : très directs, les morceaux frappent, et la palette du groupe gagne en intensité. Ainsi, les brèves apparitions de Clive sur « The ghost walks » ou « Bed of nails » ne s'en trouvent que magnifiées, et chaque nouvelle ambiance est sublimée. « Thief of souls », « The tinder box » où l'on retrouve enfin (et c'est le dernier morceau) l'empreinte de Marilion… La nouvelle orientation du groupe est clairement affirmée par des morceaux TRES courts (« Echoes of the fall »), durs (« Burning down », dont la puissance doit peu au Prog et beaucoup au Hard/Metal traditionnel), lourds… Bref, le groupe a tracé sa voie avec une assurance bluffante.

Et, au final, si Arena rappelle ici « The Visitor », ce n'est pas seulement par cette ambiance noire commune mais aussi par la même qualité, bien que dans une veine stylistique renouvelée : « Rapture », « The ghost walks », « Close your eyes » peuvent être qualifiées de merveilles sans trop exagérer (un peu, oui, mais c'est tellement bon de sentir une telle personnalité s'exprimer librement). Librement, oui, je reviens sur ma parenthèse : les règles du Prog sont loin en arrière-plan, on puise sans hésiter la puissance du Heavy pour pallier une complexité rabaissée à l'état de décoration (« Catching the bullet ») voire de simple élément stylistique (« Bed of nails », d'ailleurs plus commune)… « The Seventh Degree Of Separation » ressemble bien à l'ouverture d'un nouveau volet dans l'évolution d'Arena.

C'est une vraie prouesse musicale vis-à-vis de l'avancée du style du groupe, qui prouve une sacrée souplesse stylistique et surtout une grosse dose de détermination. Bref, tout ce qu'il faut pour progresser. Je n'ai nul doute que ça va continuer vers du tout bon, sans trop m'avancer.

Le site : arenaband.com + myspace.com/arenaatverglas

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