B L A Z E   B A Y L E Y
The King Of Metal
Blaze Bayley Recordings

Blaze Bayley est un bonhomme compliqué. Les fans de Maiden le savent bien, cela a bien précipité son éviction du groupe (même si le manque d'élégance du dit groupe à son égard n'est certes pas à démontrer). L'homme a surmonté moult crises, a traversé Wolsfbane, Maiden, en relevant la tête, comme il le martèle ici dans « Fighter » (« Get up one more time », forcément personnel), la dernière des crises étant sans doute la perte de sa femme, mais… il aime à se compliquer la vie. Alors que son Blaze Bayley Band lui permettait un ultime redressement grâce à un line-up fort (en particulier les frères Bermudez) auteur de deux albums très solides, Blaze décide de dissoudre ce Band (même si des problèmes d'un autre ordre, comme financier, sont sans doute intervenus). La suite reflète plutôt de la désorientation de sa part : nouveau disque avec Wolfsbane, puis tournée acoustique avec Jase Edwards, tout aussi bêtement nostalgique de la part des deux ex-partenaires, tournée néanmoins prolongée avec le guitariste italien Andrea Neri.

Néanmoins, c'est la base du projet « King Of Metal » - pourtant annoncé comme vraiment solo cette fois par Blaze - avec Jase qui rempile derrière les manettes (il avait produit les derniers Blaze) avec Tony Newton (l'album étant en bonne partie enregistré aux… Barnyard Studios de Steve Harris), et Andrea Neri qui tient la guitare avec le Hollandais Thomas Zwijsen, coécrivant l'album avec Blaze à l'exception de « Black country » partagée avec Jase, titre très Wolfsbane justement.

Ce n'est pas pour autant le ton général de l'album, certes traditionnel mais pas tant. Là encore, c'est plus compliqué. Déjà, rien qu'à voir la pochette et le titre, on se doute bien que Blaze se prend la tête. Evidement, personne ne prendra ce « King of metal » comme adressé à Blaze lui-même, et il semble bien qu'il se dirige plutôt vers Scott Columbus. Autre hommage post mortem, la très traditionnelle aussi « Dimebag », titre solide ne cachant pas son destinataire, pas plus que « The rainbow fades to black » adressé à Dio et multipliant les hommages (« Die Young »), plutôt à l'aise dans son habillage dépouillé.

En revanche, si ce dernier colle à ce titre, il fait plutôt cheap sur le reste de l'album, sonnant autoproduit et manquant vraiment de moyens. Cela colle à la rigueur aussi sur la ballade « One more step », qui s'en retrouve épurée, mais sinon l'album y perd en impact. On appréciera malgré tout la relative richesse de l'écriture, du recherché « Judge me » au guerrier « Fighter », Heavy traditionnel aux accents épiques (et c'est moi ou l'accord qui lance le break est celui de « Sign Of The Cross » ?).

Malgré cela, d'autres titres restent dans l'ombre du Maiden 90s (la speed « Fate », d'autant plus dommage que la force de Blaze est bien de ne pas se reposer sur ce passé) ou dans la simple efficacité (la très rythmique « Difficult » où, de plus, la prestation de Blaze n'est pas à la hauteur). Bon, pas de quoi gâcher outre-mesure la richesse de cet album, mais peut-être juste appuyer certaines faiblesses comme cette impression d'assemblage à la va-vite, tout justifiable qu'il soit par les circonstances difficiles de son enregistrement.

Cela dit, je préfère retenir la détermination qui respire dans cet album comme dans toute l'œuvre de Blaze, et que celui-ci n'a pas attendu pour faire partager sur scène à peine l'album en boîte (chez nous en avril), cadre beaucoup plus propice à son honnêteté artistique que le studio.

Le site : www.blazebayley.net  + myspace.com/blazebayley

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" The King Of Metal"
 
 
 
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