F I R E W I N D
Few Against Many
Century Media

Un peu comme l'équipe nationale grecque après l'Euro 2004, les membres de Firewind sont allés connaître la gloire ailleurs (Ozzy pour Gus G, Spiritual Beggars pour Apollo Papathanassio, voire le projet Outloud pour Bob Katsionis) mais n'oublient pas pour autant de se retrouver entre hellènes pour donner une suite à la discographie de leur groupe d'origine… Enfin, entre hellènes, ce n'est plus tellement vrai depuis l'intégration de Jo Nunez, un p'tit gars bien d'chez nous, batteur de son état (ayant fait ses armes chez Nightrage ou Suicide Of Demons).

Ce septième album explose avec « Wall of sound », un titre dépotant servant naturellement de single… Gus y est aussi incroyable que toujours, Apollo aussi chaud et vibrant qu'il sait l'être… les gars n'ont guère volé leur réputation et – surtout – ne revoient pas leurs ambitions à la baisse. C'est le cœur de cet album : persister à progresser dans le Heavy là où tout groupe semble confronté à un mur insurmontable. Pas qu'ils parviennent plus qu'un autre groupe du genre à faire progresser le dit genre, mais ils se contentent de progresser eux-mêmes et le font bien. « On ne peut pas changer le monde » disait Lennon « mais se changer soi-même, oui ».

Ce morceau d'ouverture se voit confirmé par une première moitié d'album splendide : un chant généreux (« The undying fire ») à la chaleur Coverdalienne, maîtrisant les modulations sur le bout des cordes vocales (notamment « Losing my mind » et « Another dimension », plus dures), un Gus méritant largement le statut de prodige de sa génération qui est le sien (solo de « Losing my mind » à fond la caisse, flamboyant sur « The undying fire »…), claviers très en arrière mais particulièrement bien sentis sur le morceau-titre… Tout ceci au service de morceaux (cette fois entièrement signés Gus G) pas vraiment ambitieux mais refusant la stagnation : incursions Prog (le presqu'épique « The undying fire », le très travaillé « Another dimension »…), harmonisations, rythmique léchée… jusqu'à la ballade « Edge of a dream » ne valant pas mieux qu'un Elton John des 80s à la base mais illuminée par des arrangements parfaits auxquels contribuent Apocalyptica.

Une fin d'album vient apporter son lot de repères plus traditionnels comme « No heroes, no sinners », franchement Heavy, et ajouter un mordant plus Rock particulièrement dû aux riffs de Gus (« Destiny » ou « Long gone tomorrow ») sans bénéficier d'une écriture plus réussie mais contrebalançant bien les efforts de la première moitié.

La seule chose qui aurait pu être améliorée, au final, est le tracklisting : un petit mélange de ces deux pôles aurait évité de se retrouver avec une fin d'album plus pauvre niveau écriture, tout en proposant un début plus hétérogène. Mais, honnêtement, ça fait un verdict très honorable pour un disque de Heavy où l'on peut même utiliser les termes « Power » ou « Néoclassique » dans le sens positif des mots. C'est un très bel effort – et là encore le terme « effort » est à prendre dans tout son sens – et un travail bien approfondi, ainsi que le disque de Heavy le moins décevant qu'il m'ait été donné d'entendre depuis longtemps.

Le site : www.firewind.gr  + myspace.com/firewind

the_outcast


F I R E W I N D
" Few Against Many "
 
 
 
Ultrarock : 13 av Charles de Gaulle, escalier D, 78230 Le Pecq, France  

© essgraphics 2011