G R A V E   D I G G E R
" Clash Of The Gods "

G  R A V E   D I  G G E R
Clash Of The Gods
Label : Napalm Records

Depuis 32 ans, un nouveau Grave Digger s'appréhende toujours de la même façon : on sait à quoi s'attendre, et l'on n'en attend rien, sinon de nous faire suffisamment headbanguer. On fait donc de la place autour de soi, on s'ouvre une bière et on lance le CD. Il n'y a pas de raison qu'il en soit autrement pour le 15 e , tout au plus déplore-t-on de s'attendre à un Chris un peu moins en voix ou un peu moins de punch que le sympathique « Clans Are Still Marching » qui bénéficiait de l'apport du sang neuf d'Axel Ritt et d'un regain d'inspiration dû aux remontées du classique « Tunes Of War ».

Première impression : la pochette promet du classique, impression d'ailleurs confirmée avant même cette écoute par « Home at last » sur laquelle vous êtes forcément tombés récemment au détour d'un sampler ou autre lien youtube… Deuxième impression : le thème promet du concept album, genre dans lequel Grave Digger a généralement réussi. Là, il s'agit carrément de mythologie grecque, donc je me surprends à espérer un album plus sophistiqué… Diable, ça en fait des attentes, cette fois-ci, de la part des germains ! Je range donc la bière et me prépare à écouter plus posément.

Les deux impressions sont confirmées : effectivement, Grave Digger ne va pas faire autre chose que du traditionnel, mais il a quand même soigné cette production qui, à mes oreilles, est l'une de leurs meilleures récentes. Au niveau des textes, Boltendahl traite son sujet de manière très basique, le concept sombrant dans une sorte d'énumération de figures évocatrices plutôt qu'un fil réellement construit entre les pistes, et musicalement ça ne révolutionne pas non plus l'écriture des allemands. Mais on trouve quelques efforts plus généraux : si le travail conceptuel se limite à des choses comme les sonorités cheap du morceau-titre évoquant vaguement quelque chose qui ressemblerait à une cithare, il sort en revanche de ce cadre de toute façon trop ambitieux pour la formation pour se permettre des à-côtés dont ils se sont privés durant trop de temps : claviers, arrangements travaillés, sons variés et même réelles orchestrations pour « Call of the sirens » allant jusqu'à un simili-clavecin. Et ça sort du strict cadre sonore puisque « God of terror » propose un solo Néo-classique et « Death angel and the grave digger » une prod vraiment créative à base de basse et bottleneck.

Rajoutez des riffs plus Rock'n'roll (« Helldog »), des clins d'śil à « Tunes Of War » (encore lui, avec « Walls of sorrow », au refrain un peu Blind Guardian par ailleurs, peut-être pas par hasard puisque Chris et Hansi se connaissant bien) voire à leurs débuts (« Death angel and the grave digger ») et vous obtenez une pâte qui ne manque pas d'inspiration. Travaillez-la avec des ambiances de concept album envoûtantes (pour « Medusa ») et suggestives tour-à-tour, et servez avec entrée (Micha Rhein d'In Extremo pour une intro colorée) et dessert (petit interlude « With the wind ») : vous obtenez un album qui parvient à faire beaucoup avec pas grand chose.

Aucune compo ne pêche, aucun temps mort ne s'intercale, Grave Digger pond un album que je n'attendais pas. Plus varié, plus inspiré, certes sans se renouveler mais se rajeunissant grandement. La diversité des gimmicks utilisés, fussent-ils éculés, et la tentative de discours plus sérieux à la faveur de ce « concept » (certes flou) en font un disque inattendu à ce stade de leur carrière et sûrement ce qu'on pouvait attendre de mieux d'un bête groupe de Heavy Allemand (no offense, mais qui aime bien châtie bien comme on dit). Une modeste mais excellente surprise.

Le site :  www.grave-digger-clan.com + myspace.com/gravediggerclan

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