G R E A T   W H I T E
" Elation "






G R E A T   W H I T E
Elation
Frontiers Records

Bon, si vous vous rappelez, je priais de mes vœux, lorsque je chroniquais le dernier ridicule Best Of de Great White, d'avoir la prochaine fois un vrai album à présenter en ces mêmes pages… C'est désormais chose faite, mais pas de façon si réjouissante. Certes, faut savoir ce que je veux à la fin, oui, mais là je ne sais pas trop ce que je chronique : un album de Great White en pause, avec un énième remplaçant de Jack Russell (Terry Ilous) ? Un album du « Fake White », le vrai étant celui de Jack, avec Derrick Pontier ? Ou juste un méfait discographique de 5 salopards ayant trahi leur ex-chanteur désormais officiellement addict au point de se faire opérer ?

Bref, la controverse est grande, alors tentons de nous concentrer sur la musique : le moins que l'on puisse dire, c'est que, s'ils clament au grand jour qu'ils sont le seul Great White, l'unique le vrai, sur disque, ils ne le sont pas. Le groupe ne sait pas ce qu'il joue, en fait. On a une dizaine de titres coincés entre deux Rock'n'roll, « Something for you » et « Complicated » (le premier ressemblant à « Call it rock'n'roll », je vous l'accorde), la dizaine intermédiaire (onzaine, si vous avez l'édition bonus) naviguant entre tout et n'importe quoi : du lourd (« Feelin' so much better » ou « Lowdown » - le bonus en question), du US (« Love train », « Shotgun willie's »), du AC/DC (« Heart of a man »… « Something for you » aussi en fait – disons Angus Young reprenant « Rock & Roll » de Led Zeppelin)… ça en fait des choses disparates ! Ajoutez 2 ballades (« Hard to say goodbye » et « Love is engough ») et vous voyez le topo !

Et Great White dans tout ça ? Ben, justement, on le retrouve peu. Certains soli de Mark Kendall peuvent l'évoquer (genre « Feelin' so much better »), et encore sur « Heart of a man » s'essaie-t-il au Blackmore de Purple. Ilous ? Il est évident que le timbre de Russell est pour énormément dans le cachet Great White, mais bon la voix typée 90s voire Glam de Ilous ne dénote pas avec le répertoire… ce serait même plus ce répertoire qui dénoterait !

Bon, bon… pas non plus que ce soit tellement le nawak que ça mais bon… AC/DC par-ci, Blackmore par là… rajoutons le Coverdale d'un « Restless Heart » pour « Promise land » et déjà on s'y perd. Bref, ce Great White n'a aucune personnalité, mais alors aucune. Desbrow a beau jurer ses grands dieux que le groupe a connu sa renaissance (avouant même avoir voulu intituler l'album « Tabula Rasa » !), il a peut-être franchi la première étape (… la mort) mais est alors toujours égaré dans les couloirs de l'au-delà, tel un Spinäl Tap en quête de sa scène… Pourtant, la fraîcheur est là, on sent l'équipe volontaire, impliquée, un parti-pris sonore simple se dégage nettement, il y a de l'idée… mais toujours pas d'identité. Il y a de la qualité aussi, les beaux efforts que sont ce « Love train » ricain en diable (le Grand Est, pour Great White…) ou ce « Something for you » Blues ‘n' Roll. Mais, qu'ils le veuillent ou non, Great White est en train de traverser une crise et je n'en vois pas le bout… à l'image du pâle squale de la pochette semblant fuir devant la vague.

Le site : www.greatwhiterocks.com  + myspace.com/officialgreatwhite

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