H A W K W I N D
" Onward "
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Onward
Eastworld Recordings

Les années 2010 seraient-elles celles du réveil inattendu de Hawkwind ? Jusqu'à 2012 du moins, nous sommes en droit de le penser : un groupe déconsidéré depuis toujours (bien que culte, oh oui), mené par un Dave Brock désormais septuagénaire, après une décennie très improductive, qui nous propose coup sur coup deux albums dont celui-ci qui dépasse les 80mn et qui voit un quintette stabilisé comme jamais (s'il y a bien un groupe chez qui les chaises musicales sont un sport national, c'est Hawkwind). Et surtout, sans parler de chef d'œuvre ou de renaissance de la splendide formation des Seventies, la forme créative est impressionnante. Je vous en touche de suite deux mots.

15 titres, auxquels s'ajoutent en cadeau trois pistes Live captées avec Jason Stuart avant son décès : un classique « Right to decide » Rock, un plus récent « Aero space age » aux sonorités pianistiques différentes, et l'inédit « The flowering of the rose », belle pièce de quasi-neuf minutes aux accents 70s… Très belle brochette résumant l'évolution de Hawkwind de ce leader 70s du Space Rock à cet intrus dans l'ère moderne, tout en gardant cet esprit libre…

Le reste du disque est fidèle à cette image du Hawkwind d'aujourd'hui : d'abord, des grands moments : « Seasons » qui ouvre l'album en trombe, le très original « Computer cowards » qui en inaugure la seconde partie, jusqu'au beau final constitué de « Green finned demon », à l'esprit 70s miraculeusement intact, sentant les champignons et la boue, puis le dernier morceau, ironiquement nommé « The mystery track », pour 8 minutes de guitares folles dans le plus bel esprit planant. Bref, le grand art vit toujours chez le Vent du Faucon. Dès « Seasons », cependant, le son écorche l'oreille si elle ne s'est pas encore posée sur « Blood Of The Earth » : son quasi New Age, sur « Southern cross » aussi où l'on croirait entendre une boîte à rythme, ou « The drive by » aux bruitages étonnants, presque électro pour « The hills have ears » ou « Deep vents », donc du modernisme, mais étonnamment désuet, quasi-90s (« Electric tears », ou les claviers de « The hills have ears »)… Ceci-dit, assez représentatif de ce Hawkwind qui veut progresser sans pour autant coller à quelque courant que ce soit.

Sans se cantonner à cette volonté ou une autre, Dave Brock se laisse balancer de droite à gauche, de la quasi-Pop Rock actuelle de « The prochecy » à l'esprit acoustique de « Mind cut » qui déboule soudain après « The hills have ears », lui-même cassant après le « Seasons » d'ouverture… une mise en scène à n'en pas douter voulue et plutôt fidèle à ce festival de styles. Ce « Mind cut » ne sera certes pas sans vous rappeler « Doremi … », nostalgiquement, alors que si « Death trap » vous rappellera les seventies ce sera bien pour son esprit Punk mais poussé ici à un niveau qu'ils n'avaient alors jamais osé ! Déstabilisant, pensez-vous ? C'est le but et c'est réussi.

Cet album est riche, varié, parfois osé, il ne vous fera pas « décoller » comme à l'époque mais il vous surprendra et ce n'est pas donné à tout le monde après une carrière aussi riche que celle d'Hawkwind. Le groupe conserve son esprit en renouvelant son son, c'est un défi de taille mais il le relève. A noter l'apparition de Huw-Lloyd-Langton sur « The hills have ears », un retour renvoyant au passé pour le titre le plus actuel du disque, très révélateur.

Le site : www.hawkwind.com  + myspace.com/hawkwindofficial

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