H E L L Y E A H
" Band Of Brothers "
H E L L Y E A H
Band Of Brothers
Label : Eleven Seven

Nouveau pas en avant avec le troisième album de Hellyeah, faisant du groupe tout sauf un projet éphémère… Engagement de Jeremy Parker pour capter ce disque court et frais apparemment pondu très vite, et passage chez Eleven Seven Music. Le résultat est… déroutant.

En un mot, il s'agit d'un virage par rapport à ce que Hellyeah était censé être à sa création – et a effectivement été le temps de deux albums – à savoir un regroupement de musiciens désireux de s'éloigner de leur background Metal afin de renouer quelque peu avec les racines musicales de leur vieux Sud, processus qu'ont connu nombre de musiciens de la même scène. Seulement, avec Hellyeah, on a une drôle d'impression de perdre de vue cet horizon musical : le propos s'intensifie, le son se métallise, et, en quelque sorte, on retombe dans du Mudvayne et du Damageplan. Un comble, me direz-vous, contreproductif !

Je ne vous contredirai pas, mais je ne serai pas aussi catégorique sur le dernier point : « Band Of Brothers » oublie certes le concept du groupe, et revient à la culture pré-Hellyeah des cinq membres, comme s'ils avaient fait le tour de leur concept et en avaient assez. Cependant, c'est toujours Chad et Greg qui jouent avec Bob et Vinnie, aux cotés de Tom, et l'on se retrouve donc avec deux backgrounds musicaux cohabitant au sein d'un cadre musical désagrégé. Cela donne donc l'occasion au groupe d'essayer de superposer ces deux univers – pas si éloignés, certes, mais pas similaires non plus – afin d'obtenir quelque chose d'inédit.

Et c'est bien ce qui se passe : mélodiquement, « Band Of Brothers » tient de Mudvayne et rythmiquement de Damageplan, voire Pantera pour les guitares groovy à souhait de « Dig myself a hole » ou le riff de « Drink drank drunk » ! Donc, pas inintéressant non plus malgré la déception de voir le concept de Helllyeah tomber à l'eau. Pour tenter de décrire au mieux ce qui émerge de ce réajustement, il faut mentionner une rythmique très poussée (le morceau-titre est sa principale réussite), une agressivité exacerbée par rapport au passé (« Rage/burn », « Bigger god », « Dig myself a hole » pour le chant), une instrumentation massive (en particulier « Rage/burn » et « Bigger god » pour la basse), ainsi que, à l'inverse, un coté Rock'n'roll infectant « Why does it always » jusqu'au chant (où Chad semble se prendre pour Lemmy parfois), une fibre sudiste entièrement exprimée à travers « Between you and nowhere » (bien qu'elle se limite à ce seul titre), et un mariage réussi pour « Call it like I see it » qui concrétise ce qui pouvait naître de mieux de cette union, le chant de Chad allié à la puissance rythmique de Vinnie et Bob.

Difficile de juger ce disque, tant il contient la déception et la surprise à la fois. Ce coté Rock et Roots est clairement oublié, mais dur de ne pas être sensible à cette sorte de « réinvention » stylistique, cette mise sur pied d'un « vrai » groupe, j'entends de cinq musiciens poursuivant sur la lignée de leurs précédentes formations et pas de cinq gars réunis autours d'un side-project sans lendemain. Que je préférais le Hellyeah d'avant, vous l'aurez deviné, mais, du moins, ce Hellyeah là a une identité à lui et semble avoir donné naissance à un nouveau groupe viable sur le long terme.

Le site : www.hellyeahband.com  + myspace.com/hellyeah

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