J O N   L O R D
" Concerto For Group And Orchestra "

J O N   L O R D
Concerto For Group And Orchestra
Label : earMUSIC

Si je considère la perte de Jon Lord comme l'un des évènements les plus tristes de cette année, je me console en sachant qu'il aura eu au moins le temps de boucler, plus que de justesse, une œuvre qui lui tenait à cœur depuis les débuts de sa carrière. Le Concerto For Group And Orchestra, c'est quoi pour moi ? C'est cette œuvre OVNI coincée entre les deux premières moutures de Deep Purple que j'ai mis longtemps a bien appréhender, c'est aussi ces souvenirs de leur impressionnante tournée de 2000 qui m'en a mis plein les mirettes, et c'est aussi la meilleure expression de ce que le monde du Rock doit à Jon Lord. Mais, pour le principal intéressé, il s'agit de l'essence même de ce qu'il a voulu faire du Rock, et d'une opportunité ratée, ce Concerto ayant été composé en urgence et interprété dans des conditions peu satisfaisantes, lui ayant, depuis, laissé une boule sur l'estomac, avant qu'il n'égare purement et simplement la partition de son œuvre.

L'occasion de prendre sa revanche se présente avec le 30 e anniversaire de Deep Purple, où la réinterprétation du Concerto leur semble une bonne initiative… Grâce à une retranscription de l'œuvre à l'oreille, l'évènement finit par avoir lieu, au Royal Albert Hall comme sa première, et fonctionne tellement bien qu'ils le ressortent lors de la subséquente tournée que j'évoquais, avec divers orchestres sous la baguette de Paul Mann. Après sa retraite de Purple, Jon décide alors d'en finir avec ce vieux projet, reprend les partitions, se permet de retoucher les passages qui passent le moins à son oreille et se lance dans SON enregistrement, avec le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, de nouveau dirigé par Paul Mann, et une section rythmique composée de Guy Pratt (le remplaçant immédiat de Roger Waters) et Bret Morgan (ayant servi de Elaine Page à Uriah Heep !). Les voix et guitares sont ensuite enregistrées aux studios Abbey Road, malheureusement séparément, par les chanteurs Steve Balsamo et Kasia Laska et le guitariste Darin Vasilev, auxquels Jon parvient à ajouter Bruce Dickinson pour le chant ainsi que Joe Bonamassa et Steve Morse aux guitares pour une équipe qui a quand-même de la gueule…

Le résultat est très varié et parfois surprenant. Sur l'Allegro, la naïveté de l'époque de « April » semble intacte, la vibration des claviers de Jon vient retourner le couteau de sa disparition dans la plaie, et seules les guitares détonnent par leur traitement qui n'a plus rien à voir avec 1969. L'Andante est la partie qui, malgré les interprétations des vocalistes, détonne le moins, avec son esprit classique de film des années 50, où l'orgue de Jon fait réellement des merveilles, révélant plus que jamais cette fibre Blues et vibrante qui a fait toute sa magie. Le dernier mouvement est le plus rajeuni, le sentiment est différent (il est d'ailleurs fort possible que ce soit sur cette partie que Jon se soit permis la plupart de ses petites « retouches » et améliorations), les guitares sont magnifiques, avec des parties sonnant comme de véritables hommages à Ritchie, la magie de l'époque étant néanmoins ternie par des soli cette fois-ci composés.

Jon a eu tout juste le temps d'entendre les premiers mixs avant son décès, et les aurait approuvés. Il sera au moins parti rassuré sur l'aboutissement de cet enregistrement, le débarrassant de cet éternel projet inabouti.

Le site :  jonlord.org

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