K I S S
" Monster "



K I S S
Monster
Label : Rapid Fire

Cela fait plus d'un an qu'on nous promet le 20eème Kiss. Il est vrai, l'annonce est venue juste deux ans après « Sonic Boom », qui était lui-même une sacrée remise en forme. Mais un an de sorties repoussées puis re-repoussées c'est pô marrant. Entre-temps, Eric Singer a eu le temps de s'adonner à son projet solo, et le groupe au complet a pu lancer sa « Kiss Kruise », imitation kisso-mégalo des Simple Man Cruise et 7000 Tons Of Metal Cruise. Qui plus est, « The Tour » avec Mötley Crüe bouffait leur temps autant qu'il augmentait notre attente.

Aux dires du groupe, pourtant, aucun problème de matos musical : les titres ont été pondus très vite, complétés de quelques vieux titres ressortis (« Are you ready »), Simmons se vantant même d'en avoir pondu un en moins de trois quarts d'heure (après c'est Simmons bien-sûr, dont la grande gueule n'a d'égal que la taille de sa langue). Pas besoin de producteur puisque Stanley rempile (avec Greg Collins), alors donc quoi, que diable ?

Enfin, cet été, voilà que débarque « Hell or hallelujah », un titre énorme, mené par une basse ronflante, montrant Kiss comme il ne l'a jamais été (du moins en studio). Le doute est levé, l'attente aussi : « Monster » sort enfin, accompagné d'un « Monster book » aussi démesuré qu'inutile, pour confirmer que Kiss est toujours Kiss. Le disque donc, enfin, enfin… le single, donnait bien le ton. Des titres comme « Wall of sound » reprennent son coté explosif, sa basse disproportionnée, pour en faire une ode détonante au Hard Rock portée aux nues par une prod, euh… monstrueuse  J

Car c'est bien le feu d'artifice de l'album : un festival sonore qui fait taper du pied même sur « Back to the stone age » ou « Shout mercy », des titres pourtant moins bien écrits. Musicalement, le groupe semble se rabattre pas mal sur les 90s, voire leur fibre Glam (c.f. les chœurs de « Back to the stone age » ou « Freak »), mais pas que : du Rock traditionnel américain émerge de « Long way home » ou « Outta this world », le Kiss plus dur anime « The devil is me » (un de mes titres préférés) ou « Take me down below » marié au classicisme de « All for the love of rock'n'roll » au titre explicite, ou « Eat your heart out », Rock'n'roll et sexy, éternellement Kiss…

Au niveau du groupe, l'intenable Simmons ne lâche pas un pouce de terrain, envahissant la plupart des titres. Singer, par ailleurs fort impliqué dans l'écriture, se révèle de plus en plus idéal au sein du groupe (sa frappe sur « Back to the stone age » est digne d'un des premiers albums du groupe). Et guitaristiquement, c'est sur des choses comme « All for the love of rock'n'roll » qu'on a des merveilles des 12 cordes, qui ne dénoteraient pas sur un enregistrement d'il y a 30 ans… Dernier pied de nez à ceux qui taxent Kiss d'opportunistes : le groupe choisit comme second single « Long way down », clairement pompé sur « Out on the tiles » dont Page lui-même avait volé l'intro à ses ex-collègues des Yardbirds…

Kiss, toujours égal à lui-même donc, pour le meilleur comme pour le pire, et je ne vous cache pas que cet album rééquilibre la balance encore mieux que son prédécesseur. Le rythme est parfait, l'équilibre des titres aussi, la qualité au rendez-vous en continu, et l'énorme prod est omniprésente mais pour autre chose que du maquillage de titres creux comme le fard de démon sur la sale trogne de Gene. Sans attendre, les membres entament une nouvelle tournée, et parlent même d'une Kiss Kruise 2012, même si je n'en ai plus de nouvelles. En tout cas le punch est là, c'est indéniable ;)

Le site :  www.kissonline.com myspace.com/kiss

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