K O R N
" The path Of Totality  "






K O R N
 The path Of Totality 
Roadrunner

Lorsque j'ai glissé le cd dans la fente du lecteur, j'avoue que mon oreille n'était pas très attentive et au bout de quelques secondes je me suis dit "tiens, c'est un album de remix ?". Mais finalement j'ai eu beau chercher d'où provenaient tous ces titres dans la discographie de Korn, il a fallu que je me fasse une raison : ce n'était pas un album de remix mais bel et bien un nouvel opus de morceaux inédits.

Samples de batterie, claviers, programmations, j'en passe et des meilleures. Enfin... "meilleur", ce mot n'est peut être pas le bon qualificatif pour décrire "The Path of Totality" car, exceptés les amateurs de son Dubstep, je ne vois pas quel métalleux pourrait y trouver son compte. Même sans faire le coup du passéiste qui s'égosille à dire et redire à chaque fois qu'il écoute un nouvel album de Korn "C'était bien mieux avant", force est de constater que là, le bond est quand même gigantesque, et le fossé qui se trouve sous les pieds de Jonathan Davis et ses petits camarades est en train de se creuser de plus en plus profondément, au point que le groupe s'enterre à petit feu, essayant de pondre de nouvelles surprises (plutôt dangereuses) à chaque nouvel opus.

Seul Monsieur Davis semble toujours s'acclimater aux diverses dérives musicales, si bien que la seule chose qui reste valable sur cet album c'est sa voix, reconnaissable, mélodique et aérienne. Pourquoi n'a-t-il pas choisi, d'ailleurs, de créer un projet parallèle pour s'expérimenter au dub et à l'électro ? Car ce qui est sûr, c'est que rien de "The Path of Totality" n'a le goût ni le parfum de Korn. La basse, si célèbre pour son coté clinquant et mécanique, s'est transformée en une "simple" basse grave et presque sous-mixée pour laisser place à la batterie qui ne transcende pas vraiment. Et pour cause : chaque morceau est gavé de samples électro et de grosse caisse synthétique. On se demande si David Guetta n'aurait pas participé à l'élaboration de cette galette, d'ailleurs. Blague à part, on pourrait se consoler en prenant une bonne dose de riffs tranchants, malheureusement le constat est tout aussi décevant car Munky ne fait pas preuve d'une grande inspiration. Aurait-il pris une retraite anticipée ? On peut se poser la question.

S'il ne devait y avoir qu'une seule bonne critique à faire pour cet album, ce serait plutôt coté production car elle est à l'image du groupe : lourde et puissante. Cependant, cela est loin d'être suffisant pour pouvoir trouver un intérêt aux compositions pour le moins surprenantes. Treize au total. On aurait très bien pu accepter que le combo nous ponde un véritable album et y glisse un cd bonus comprenant quelques-uns de ces titres Dubstep, cela aurait permis à Korn de garder encore quelques fans et aficionados de la première heure (s'il en reste !). 

Il semblerait par contre que la seule chose qui rattrape le combo soit les prestations live, toujours détonantes. Toutefois, il faut dire que ce sont surtout les anciens titres qui ont le plus de succès et qui transforment la foule en une meute sauvage.

C'est donc avec une très grande déception que je dois conclure cette chronique en appuyant sur stop et en rangeant le cd au fin fond de mon armoire, une place dont il ne sortira pas de si tôt malheureusement...

Le site : www.korn.com

Lulho.

 
Ultrarock : 13 av Charles de Gaulle, escalier D, 78230 Le Pecq, France  

© essgraphics 2011