M A R I L L I O N
" Sounds That Can't Be Made "



M A R I L L I O N
Sounds That Can't Be Made
Label : Ear Music

Marillion force toujours mon respect, comme celui de nombreux fans fidèles depuis des lustres, et pas sans raison : nouvel album auto-financé grâce aux fans, « Sounds That Can't Be Made » est leur 17 e , quatre ans après le double « Hapiness Is The Road » (ils auront même trouvé le temps d'enregistrer leur album de reprises de l'ère Hogart entre les deux). Jamais à court d'idées, ils nous présentent une collection de huit titres assez différente de « Hapiness ».

Le premier de ces titres frappe à bien des égards : d'abord son texte. Rares sont les titres du groupe comme « Gaza » faisant aussi directement référence à l'actualité. Ensuite par sa forme : avec ses 17 minutes et demi, il atteint une envergure que le groupe se montrait frileux à atteindre depuis longtemps. Enfin – et surtout – c'est l'un des meilleurs titres du Marillion de Hogarth, ou pas loin. Adoptant un son assez actuel, loin des sonorités toujours 90s qui les caractérisent, ils proposent une longue pièce assez flottante, ralentissant puis repartant, au rythme d'un film, impression que vient renforcer le thème, ancré dans un squelette assuré par la dureté de la mélodie. Un coup de maître, assez bluffant et inattendu. Un nouveau morceau de Marillion prouvant l'increvalibité de leur inspiration, pied de nez aux années passant et à leur âge, notion totalement abstraite à l'écoute de telles réalisations…

« Gaza », malheureusement, sera le seul morceau à m'enflammer de la sorte. Une autre pièce ose se frotter à la durée de 14 minutes, en milieu d'album, « Montreal », puis une dépasse les 10 minutes, la dernière, constituant ainsi un plan fort équilibré pour les huit morceaux. La première de ces pièces, sous forme de carnet de voyage, est un rendu assez atmosphérique de l'univers à la fois froid et léger de la ville, assez travaillé instrumentalement et à la dynamique assez vivante, bien que rarement prenante. Quant à la seconde pièce, son atmosphère se rapproche aussi de ce coté froid, « pluvieux », à l'ambiance assez actuelle…

La première partie de disque, ainsi délimitée, propose deux pièces beaucoup plus caractéristiques du Marillion Hogarth, « Pour my love » et « Power », plus Pop, très laid-back, ainsi que le morceau-titre, de nature assez différente puisqu'il s'agit d'une pièce plaisante mais plus rythmique et réminiscente du Marilion de la décennie passée. La seconde partie propose deux pièces assez comparables aux deux précédentes avec « Invisible ink » et « Lucky man » : la première, elle aussi, assez Pop et 90s, la seconde étant, en revanche, plus dure et guitaristique, pour un résultat très classique mais ajoutant une touche de diversité au disque.

Cet ensemble est donc relativement varié, et pensé de façon globale de manière à obtenir un tout très équilibré. Cette variété ne cache pas un souci de cohérence, l'ensemble ne s'éloignant par outre mesure d'une ligne de conduite ancrée dans l'actualité et aux sonorités assez ambiantes, concept porté à son plus haut niveau par le dernier morceau, « Lucky man » et le morceau-titre, étant à la fois les titres les plus différents et les plus réussis à ses côtés, permettant à l'album de nous captiver sur sa plus grande partie de la plus habile façon. Bien que phagocyté par « Gaza », au final, « Sounds That Can't Be Made » restera l'un des meilleurs Marillion des dix dernières années, pas loin derrière « Marbles »…

Le site :  www.marillion.com myspace.com/marillion

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