M A R I O N E T  T E
" Nerve "






M A R I O N E T T E
Nerve
Pivotal Rockordings

Si je vous dis Suède, Göteborg, Death Mélodique, immanquablement vous me répondrez AT THE GATES ou IN FLAMES. Mais c'est sans compter les jeunes formations, qui sans aucun complexe, viennent bousculer l'ordre établi et démontrer que la relève est bien plus vivace qu'il n'y parait.

Nous aborderons donc le cas MARIONETTE, un sextet de jeunes Suédois bien fashion, qui ose tout et son contraire en termes de Death Mélodique, osant braver toutes les règles musicales et incorporer dans leurs titres divers éléments, allant de la Pop au rock atmosphérique, le tout sur des compositions ultra efficaces et dynamiques.

C'est donc avec « Nerve », le troisième album, que les choses vont pouvoir enfin décoller pour nos petits pantins Nordiques et nous permettre, en l'espace de 14 titres, d'apprécier toute l'étendue de leurs talents respectifs. MARIONETTE fait preuve d'une facilité déconcertante à nous refourguer une ribambelle de morceaux très diversifiés.

Tout commence avec « From Marionette With Love » qui, immédiatement, propose cette surprenante mixture. D'un côté, un Death Métal martial avec ses gros riffs de guitares et son chant agressif et de l'autre, des arrangements plus électro et des synthés pour intensifier l'aspect mélodique. « Stand in Line » enchaîne immédiatement, comme une continuité de « F.M.W.L. », avec l'arrivée des premiers refrains en chant clair et une petite mélodie bien placée, rendant la composition plus épique et guerrière, malgré la présence des claviers. « Act of Violence », vous attaque de front et la voix d'Alexander Andersson, le nouveau vocaliste, semble hésiter entre le scream et le chant Black Métal à gorge déployée, d'où émergent des harmonies vocales bien maitrisées et une volonté de tout écraser sous les coup de boutoir de la section rythmique. Quand « Remember Your Name » arrive, grosse mélodie Nordique en avant, Le spectre de RAMMSTEIN plane comme un fantôme sur la composition. Des passages plus progressif émergent et permettent de ne pas tomber dans trop de répétition et ainsi donner un premier bol d'air à l'opus. C'est alors que « Revelation 6:8 » reprend, dans la première partie du titre, une tournure plus vitaminée, tout blast dehors et riffs incisifs, jusqu'à l'arrivée du chorus et du refrain très pop progressif. Il est clair que « A New High » fait office de gros Hit, mettant plus en avant le travail des claviers et l'utilisation mélodique simple, mais prenante, sans trop freiner le tempo. « Something Forgoten », plus aérien dans certains passages, reste viril et direct dans son ensemble. La huitième piste, « Smile or Die Trying », lorgne du côté d'OCEAN MACHINE et apporte une facette plus sombre et lourde à MARIONETTE, toujours avec ces petites trouvailles mélodiques foutrement bien ficelées, mémorisable et addictives en diable. L'autre gros tube de l'album, « The Last », a tout pour réussir son petit bonhomme de chemin : mélodie imparable, refrain canon, mais tout en gardant une facette Death. Quant à « Nar Du Ruttnar Bort », plus guerrier et violent, celui-ci contrebalance avec l'approche soft du précédent titre. Tout comme pour « Brand New Day », regain d'énergie et de riffs saccadés, pour ensuite virevolter vers « Lights Out », la plus longue des compositions, plus de 6 minutes, laissant libre cours au côté épique et sombre du groupe, et donnant une coloration Death Progressif au titre sur son final. C'est un très bon morceau, bien construit et suffisamment riche pour ne pas lasser l'auditeur sur la longueur. Les deux titres bonus, « Overdose » et « The Sun, The Skies, The Clarity And Light », ne sont pas de faux faire-valoir et enfoncent le clou, avec toujours cette même recette musicale, qui n'en finit pas de surprendre l'auditeur par son double visage : mélodie et violence cohabitant de façon judicieuse, au risque de se retrouver à chantonner les refrains en chur pour les plus brutaux ou à headbanger en cadence pour les plus calmes, un redoutable tour de passe-passe qu'il est bien difficile de démonter tant le résultat est accrocheur.

Même si le goût prononcé pour les mélodies popisantes de MARIONETTE pourra agacer les plus poilus d'entre nous, la mixture des deux genres prend ici tout son sens : le Death Mélodique. Alors, que puis-je leur reprocher ? Des titres béton, des mélodies redoutables, la fougue de la jeunesse, le talent et le culot en plus. Tout pour réussir.

C'est donc évidemment une réussite que ce « Nerve ». Nos MARIONETTE ne sont peut-être pas des pantins de foire et ce pourrait bien être eux qui tirent les ficelles dans un avenir proche. A bon entendeur, salut !

Le site : http://www.myspace.com/marionettesweden + http://www.marionette.se/

Dave.

 
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