M O O N S P E  L L
" Alpha Noir "






M O O N S P E L L
Alpha Noir
Napalm Records

S'il y a un bel exemple pour la faire fermer à la Kaiserin Merkel, c'est bien Moonspell : le neuvième album des Portugais déborde de travail, sueur et creusement de méninges. Une vraie leçon de style. Trois années auront été nécessaires à sa composition, après un « Night Eternal » pourtant pas raté, et suivi de généreuses tournées (« Blackest of the black » et « Darkest tour »), couronnées par l'honneur de figurer sur une série de timbres portugais dédiés à la scène musicale du pays.

Moins anecdotiquement, le groupe se fait signer par Nuclear Blast, et travaille de nouveau avec le producteur Tue Madsen et le graphiste grec Seth Siro Anton. On reconnaît leur patte à tous deux et, à l'instar du groupe, ils vont ici se dépasser. « Alpha Noir » combine tout le meilleur de Moonspell dans un magnifique concentré de son essence première : les racines Thrash, la culture gothique et le Metal traditionnel. Les morceaux sont courts, concis et directs, ce qui ne les empêche pas de se parer d'arrangements somptueux et de plantureuses orchestrations dont « Sine missione » est l'apothéose. « En nome do medo », « Opera carne » et ses chœurs, « Axis mundi » et son intro ou encore « Grandstand » ne sont guère en reste…

Trademark du groupe, Ribeiro est somptueux, « growlant » à la lune sur « Lickanthrope » (au contenu musical plus réussi que le douteux jeu de mots de son titre), creusant sa voix pour « Love is blasphemy », et chantant dans sa langue pour « En nome do medo » (« au nom de la peur »), un succès total. Dans ce champ stylistique pourtant concis, on retrouve, extrait de la façon la plus ingénieuse, le meilleur de tout ce qui fait Monspell : le gothique moderne (c.f. « Versus »), Heavy et noirceur sur « En nome de medo », la froideur Black de « Love is blasphemy »… Une leçon de style comme je disais.

Tout ceci est quelque peu tempéré par la matière première, j'entends les compositions brutes, pas plus incroyables à la base que ce qu'ils écrivent depuis « Wolfheart », mais quel travail d'orfèvre tout autour ! La production, évidement, je l'ai dit, est parfaite, le son est bien pensé au détail près, les arrangements, sublimes sans être écrasants, et la dynamique de chaque morceau réglée à la seconde près. Tout dépend des goûts évidement, de votre sensibilité relative à chaque facette de leur musique, mais bon nombre clameront, j'en fais le pari, qu'il s'agit là du meilleur album du quintette. Et ce pourtant copieux plat de résistance est accompagné du plus fastueux des desserts : un second CD (bonus) constituant, comme son nom (« Omega White ») l'indique, le parfait contrepoids (atmosphérique et ambiant) à ce morceau de maître.

Le site : moonspell.com  + myspace.com/moonspell

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