P A R A D I S E   L O S T
" Tragic Icon "












P A R A D I S E   L O S T
Tragic Icon
 

Bonne nouvelle, Paradise Lost a enfin trouvé un batteur, après le départ de Jeff Singer les ayant contraints à annuler leur tournée américaine et à enregistrer « Faith Divides Us Death Unite Us » avec un musicien de studio – ce qui, vous en conviendrez, n'empêcha pas cet album d'être le meilleur de leurs années 2000. Si, toutefois, vous n'en convenez pas, alors vous risquez d'être déçus par ce « Tragic Icon ». En gros, pour résumer (mon point de vue), ces années 2000 semblent voir le groupe tourner le dos à leur statut de co-fondateurs du Metal Gothique - ou appelez ça comme vous voudrez - pour simplifier au maximum leurs albums dans un esprit plus moderne. Or, depuis « Faith Divides Us… », Makintosh se consacre à Vallenfyre, un vrai retour aux sources, voire aux racines de sa culture musicale, et le groupe célèbre les 15 ans de « Draconian Times » par une tournée entièrement dédiée. Ça fleure la nostalgia, et sur album ça se ressent : les électro-ries sont complètement abandonnées au profit de guitares énormes et rythmes hyper-traditionnels, quasi-heavy et rappelant souvent leurs bonnes vieilles sympathies Doom.

L'esprit est le même que pour « Faith Divides Us » et lorgne sans honte du côté de « Draconian Times » : le morceau-titre est du pur Gothic à l'ancienne, ainsi que « Worth fighting for » par d'autres côtés. « Crucify » ou « To the darkness » sont presque déconcertants par leur côté traditionnel, quasi-Heavy, et quant à « Fear of impending hell » ou « Honesty in death » il s'agit de morceaux étalons du Metal déprimé à la Anathema (pour le premier) en juste plus lourd… Pour résumer, on a clairement ressorti les vieilles marmites pour cuire dedans notre soupe 2012 (euh, soupe au sens premier, hein). Quel goût a-t-elle ? Au premier abord, on préfèrera le plat de résistance (« Faith… »). Pourquoi ? Tout simplement car cet album avait plus de puissance, plus de fraîcheur dans les idées et de détermination dans l'exécution. Au second abord, on notera quelques moments franchement appréciables écoute après écoute (je pense au génial « Theories from another world » et au quand-même chouette « To the darkness »), mais… voilà, la composition pêche un peu.

Le choix stylistique est tout à fait défendable à ce stade de leur carrière, mais on ne sent pas de grande déferlante derrière, de vague d'inspiration. Tout ceci sonne trop réfléchi à mes oreilles et pas si naturel que ça. Difficile de me dire pour autant déçu, car il est indéniable que leur orientation est la bonne. Peut-être en attendait-on simplement un peu trop ? Peut-être avons-nous trop vite cru deviner, pressentir, derrière cette sublime pochette (qui arborait même de nouveau leur logo à l'ancienne !) une sorte de « concrétisation » de ce que « Faith » amorçait… alors qu'en fait non, je vois plus cet album comme une séquelle, clairement, à son prédécesseur. N'en reste pas moins un sacré optimisme pour les prochains chapitres.

Le site : www.paradiselost.co.uk  + myspace.com/paradiselostuk

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