R A G E
" 21 "






R A G E
21
Nuclear Blast

Rage n'est pas un groupe compliqué. Il a beau être l'une des formations à la plus remarquable longévité, il sort son 21 e album comme si de rien n'était. Pour compliquer encore moins les choses, il l'intitule « 21 », et le guitariste Victor Smolski le produit comme d'habitude avec Charlie Bauerfeind. Comme d'habitude aussi, le groupe ne dévie pas d'un iota de sa recette qui fait maintenant fureur depuis 1984…

Celle-ci reste la même, le groupe se contentant de l'affiner le plus possible. Les guitares restent extrêmement puissantes, les compos tournent toujours autours de refrains énormes, l'agressivité est toujours là, le côté Thrash à l'allemande aussi… que dire de plus ? Rien, sinon que c'est toujours fait avec autant d'habileté (refrains de « Forever dead », « Feel my pain » et « Psycho terror » prêts à être repris en chœur sur scène) et de conviction (Victor de rigole pas sur « Forever dead », ni Peter avec ses monstrueuses 4 cordes…). Tout l'effort du groupe consiste à affiner le son et polir les parties instrumentales. Et toujours chez Blind Guardian au « Twilight Hall »…

Dans cet océan d'immobilisme où les époques perdent leur sens (« 21 » n'aurait-il pas été enregistré en 2002 ? voire 1992 ?), le moindre battement d'aile de papillon résonne come un coup de tonnerre dans l'univers formolé de Rage : un certain concept semble avoir présidé à l'écriture de ces morceaux, tous uniformément sombres de son et durs de textes… Chez un autre groupe on parlerait carrément de concept album, mais nous sommes chez Rage donc la révolution s'arrête à ça. « Twenty One » est assez éloquent, nous faisant patienter d'interminables min… pardon, secondes avant d'enfin faire débouler le rouleau compresseur rythmique du groupe. Certains écarts aussi feront sursauter les fans, tels « Feel my pain » qui reviendrait pour un autre groupe à faire du crossover Ragga-Dumb, mais qui reste une simple originalité instrumentale pour Rage…

Bref, derrière cette carapace, dure comme la carrosserie d'un Panzer, pointe un petit regain d'énergie chez le groupe, oh tout petit mais qui indiquerait une légère prise de conscience du genre « eh mais les gars vous aviez remarqué que ca faisait 28 ans qu'on jouait ? »… N'en attendez pas trop, c'est l'équivalent du gars qui, après avoir enduré une émission de M6 après 2h prend son courage à 2 mains et tend un bras vers la télécommande, malgré son ventre lui faisant souffrir le martyre pour cause de digestion de pizza, mais… sarcasmes mis à part, disons que Rage parvient à rendre frais cet album pourtant pas original pour un sou.

Donc, mauvaise surprise ? Certainement pas ! Car personne se s'attend à quoi que ce soit de leur part, mais ils nous livrent au moins un album appréciable et, comment dire, avec un certain esprit un rien revigoré. Les compos s'épuisent à mi-chemin, et l'on finira avec un enchaînement de titre tels « Destiny », « Death romantic » ou « Concrete wall » basiquement rentre-dedans et sans le moindre effort, mais bon… disons que le trio prouve qu'il n'est pas mort et a bien l'intention de rester en vie, coûte que coûte, quitte à s'enfermer dans son « moyen-âge » musical où, il faut bien l'avouer, on a fort plaisir à lui rendre visite de temps en temps comme quand on visite de Puy du Fou.

Le site : www.rage-on.de + myspace.com/rage

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