T E S S
" La confrérie "






T E S S
La confrérie
M & O Music

Le métal suit, lui aussi, les effets de mode. Après avoir été gavé jusqu'à la crise de foie par des centaines de groupes de Metalcore en tout genre, le style à la mode est maintenant du côté de l'Emocore, ou tout autre dérivé avec le mot « Core » dedans. Le problème va être sensiblement le même qu'avec le Metalcore, à savoir un nombre de groupes incalculable surfant sur cette vague, dont beaucoup ne sont pas au niveau pour rester debout. Au banc des accusés aujourd'hui, Tess.

Voici donc le 3 ème album de nos frenchies, qui ont légèrement évolué depuis leurs débuts et heureusement pour eux. Le côté « Screamo Core » a été délaissé au fil du temps pour se poser vers un Post-Core teinté Metal-Emo-Core. Le groupe a aussi laissé tomber les quelques refrains en voix claire, comme sur l'insupportable single « Adieu » sorti quelques années auparavant.

Qu'a donc cette « confrérie » dans le ventre ? Après une intro insipide, le titre éponyme de l'album déboule comme une grosse tatane venue d'un golgoth et l'on se met à espérer un album couillu. L'effet retombe malheureusement aussi vite. L'album est trop inégal, certains morceaux peinent vraiment à décoller et le nombre de bons titres sortant du lot se compte sur une demie main.

De plus, à l'heure où le monde de la musique est en crise, comme un peu partout d'ailleurs, il m'est inconcevable de trouver encore des albums dont la durée frise le ridicule. La confrérie plafonne à 33 minutes pour 11 titres, mais petite blague au passage, il faut y enlever une intro, une outro et un interlude bluesy totalement déplacé. Vous vous retrouvez donc avec 8 vrais titres et pas forcément de qualité. Hormis « La confrérie » et « Au-dessus des débâcles » qui sont réussis, « Dernier virage » sûrement parfait pour la scène et un ou deux titres moyens, le constat est vite fait et inquiétant. Tess se serait-il mis en mode « petit foutage de tronche » ? On n'a qu'une envie, c'est d'en sortir, de cette confrérie. Même si ce style n'est pas un de mes préférés, j'ai trouvé de bons groupes qui en avaient beaucoup plus sous le coude et qui ne nous pondaient pas un gros Ep déguisé.

Dans ce monde de concurrence où la qualité commence à devenir cruciale, Tess doit et peut se faire un peu de souci. Avec une durée d'album frôlant le ridicule et une moitié de titres insignifiants, cette entreprise ne peut retenir notre attention. L'ensemble ne décolle pas vraiment même si certains puristes du style en jean slim et mèche collée pourront y trouver leur compte sans être trop regardants sur la marchandise. Carton jaune pour Tess, la prochaine fois je vire au rouge.

Le site : www.tess-music.com

Jerem

 
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