T H E  D A R K N E S S
" Hot Cakes "

T H E   D A R K N E S S
Hot Cakes
Label : PIAS Recordings

Il est rare que le Rock, dans les années 2000, connaisse un phénomène aussi excitant que The Darkness, fût-il condamné à ne pas tenir ses promesses. Nonobstant, comme attendris par une sorte de mirage, on aime à suivre ses aventures, se prenant à rêver à ces « révélations » qui n'arrivent plus, ces groupes catapultés trop vite sur le devant de la scène, ces… ah, voilà que moi aussi je sombre dans la nostalgie. Snif… bref, the Darkness c'est un formidable espoir qui ne se concrétisera jamais, on le sait, mais, car on aime l'espoir et que ça fait vivre, on se réjouit à la nouvelle de leur reformation.

Embarqués l'année dernière – avec leur bassiste d'origine de retour dans les rangs – pour une solide tournée, le troisième album arrive assez logiquement dans la foulée. Tout aussi logiquement, tels des Nostradamus, nous savons d'avance comment il sonnera : ce sera l'album-qui-renoue-avec-les-racines-du-groupe-qu'il-a-quittées-pour-mieux-les-retrouver. Quoi qu'il en soit, le groupe nous balançait au début de l'année « Nothing's gonna stop us », une compo assez sèche et Rock actuelle semblant nous donner tort. « Every inch of you », suivant dans la foulée, remettait les pendules à l'heure : Justin y était plus Glam que jamais, les guitares plus gonflées et le rythme plus Boogie Woogie Hoochie Coochie Mamma Wang Dang ça sonne furieusement « Permission to land », dites-donc, ne seraient-ils pas « en train de renouer avec leurs racines qu'ils ont quittées pour mieux les retrouver » ? Si si, fichtre : « Everybody have a good time » qui suit (ben oui, entre l'annonce et la sortie de l'album, il y a quelques livres sterling à ramasser) peut se faire passer pour une chute de studio du premier album.

Le reste de la galette, une fois celle-ci publiée, révèle grossièrement le même visage : du Glam, du festif, du chant criard débridé (on en a plein les « Love is not the answer »), du rythme et du groove (« With a woman », « Keep me hangin' on », ça swingue, surtout du fait du frérot Dan), des sons plus actuels, comme le trahissait le premier single, tels « She just a girl, eddie » ou « Concrete », et du classique avec « Living each day blind » en forme de ballade bien mélo car on n'en est qu'au successeur de « One way ticket to hell », faudrait pas l'oublier. The Darkness ne se réinvente pas, donnant clairement dans la résurrection de « Permission to land », malgré l'étonnante « Forbidden love », ou la reprise alourdie de « Street spirit » de Radiohead mais qu'on leur connaissait déjà en Live. Du propre aveu des membres, c'est l'aspect plus direct qui aurait consciemment primé sur la prod travaillée de « One way ticket to hell ». Pas mal de titres auraient d'ailleurs été composés à l'époque du 1 e album…

Cependant, ils remisent un peu les platform boots au placard, semble-t-il… Je parle au figuré bien-sûr, sur scène rassurez-vous vous aurez toujours et le sapin et les guirlandes ; mais comment dire, une certaine maturité semble émerger, ou du moins une certaine disposition à laisser parler la musique. L'esprit est bien le même, les racines musicales aussi et la volonté d'hommage aux eighties toujours entière, mais la composition est un peu plus soignée, et le travail d'arrangement plus mûr (encore une fois, c'est surtout Dan qui se distingue). Je ne saurais trop comment juger « Hot cakes » en un mot, il est à la fois plus équilibré que les deux albums précédents et à la fois plus posé dans le sens décevant du terme, plus forcé et moins frais. Cependant il prouve que le quartet britannique a encore quelques cartouches à sa bandoulière, et ce chemin plus réfléchi est certainement le seul moyen de faire perdurer leur créativité musicale, la flamboyance des débuts dût-elle en pâtir.

PS : une version bonus assez riche propose des versions acoustiques de « Love is not the answer » mais aussi « I can't believe it's not love », nouvelle compo jouée pour la BBC, ainsi que des démos de « Pat Pong Ladies » et « Cannonball », présentée Live sur plusieurs dates de la tournée et bénéficiant ici de la présence exceptionnelle de la flûte du grand Ian Anderson.

Le site : www.theactualdarkness.com  + myspace.com/thedarkness

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