U F O
" Seven Deadly "



U F O
Seven Deadly
Label : Steamhammer / SPV

Bien, commençons évidement par crier à l'évènement, célébrer comme il se doit un nouvel album d'UFO, et encenser ce groupe fondamental qui dépasse les 40 ans de carrière… Ça sent le fan ? Désolé. Mais n'en reste pas moins que les exemples similaires se limitent aux Stones ou à Rush, et ne me dites pas que « Phenomenon » ou « Lights Out » ne sont pas des classiques au même titre que « Sticky Fingers » ou « 2112 ». Donc ma joie est immense à l'annonce de la sortie de « Seven Deadly ».

Mais elle est également vibrante car le parcours du groupe depuis une dizaine d'années m'a procuré autant de joies que de peurs : il y a eu d'abord, je vous le rappelle, la fin prématurée de la réunion avec Schenker, certes pas remplacé par le premier venu puisque c'est Vinnie Moore qui officie toujours à sa place, mais n'en reste pas moins qu'une belle occasion était gâchée, surtout que « Sharks » tenait franchement la route. La montagne russe suivante fut le retour d'Andy Parker, batteur original, suivi de son départ, « The Monkey Puzzle » tout juste en boîte, pour cause de santé, et le sommet suivant était déjà en vue : retour de Parker en bonne santé mais départ de Pete Way pour d'obscures raisons, laissant le groupe amputé d'un élément irremplaçable… d'autant plus rageant que le groupe avait splendidement rebondi après le départ de Schenker avec « You Are Here ».

Bref, « The Visitor » sera enregistré sans lui, m'engendrant de nouveaux crissements de dents tant sa qualité fait encore grimper le groupe d'un cran ! Et puis le blackout, expliquant la peur dont je parlais : un coffret Live, un Best-of… bref, tous les signes avant-coureurs d'une disparition du groupe ! Pire : les exs du groupe montent X-UFO, s'attaquant au répertoire du groupe en tournée, semblant confirmer que la place est définitivement vacante…

Ça, c'était la peur. La joie maintenant : « Seven Deadly » est bien là et il TUE. « Fight night » ayant à peine entamé l'album vous avez cette nervosité intacte qui claque à votre oreille, reconnaissable entre milles : UFO est bien là et il s'agit de l'original, un aveugle vous le certifierait. Arrivé à « Angel station », à l'authenticité qu'un label AOC pourrait certifier, on n'a plus aucun doute. Le rythme du morceau est tenu à pleines poignes par les mains de David du groupe, et les souvenirs remontent dans nos têtes jusqu'à « Love To Love »… incroyable qu'une fibre ait pu résister sans rompre durant tant d'années et tant d'épreuves, mais sa vibration est immédiatement identifiable.

Bien-sûr, 15 ans plus tard, il y a pas mal de choses à ajouter. Premièrement, Phil a un timbre assez Gillanien aujourd'hui. Mais il sait aussi s'enfoncer dans un chant profond, certes moins reconnaissable mais merveilleux, sur « Mojo town », un morceau lourd au Groove délicieux, me faisant penser à d'autres mues inattendues comparables telles celle de Johansen des New York Dolls brillamment passé du clinquant au rauque sans qu'on sache s'il a suivi l'évolution du style du groupe ou l'inverse. Le chant est également soutenu par des chœurs, sur ce même morceau, empruntant au « Southern Harmony » des Black Crowes, ici, mais au Rock Américain, en général au niveau de l'album, qui puise largement outre-atlantique, et tout ceci semble indiquer que le groupe tient là une nouvelle inspiration, ce pour quoi on ne peut que l'applaudir, tant il est rare qu'un groupe à la carrière si longue cherche à se renouveler à ce stade !

Tout ceci, la fougue de Vinnie (« Wonderland », « Mojo town », « Year of the gun » et j'en passe), cette solidité, cette inspiration font que l'on accepte aisément la simplicité moins fouillée de la seconde moitié du disque, avec des morceaux moins inspirés bien que tout aussi brillement interprétés, et proposant cette même diversité avec le Heavy Rock de « The last stone rider » ou la groovy « The fear ». « Burn your house down » est même un morceau lent où tous, Vinnie y compris, sortent franchement du style UFO.

L'album dans son ensemble est satisfaisant, au-delà de nos espérances vue l'instabilité du groupe, et propose à la fois de quoi combler les die-hard qui réclamaient une ligne de conduite plus dure que sur « The Visitor », et ceux, comme moi, que ça n'avait pas gêné le moins du monde et qui constatent plutôt avec plaisir qu'entre le nouveau son de Phil et la nouvelle fibre plus Rock US traditionnel du groupe, de nouvelles perspectives s'ouvrent à l'exploration. Au bout de 40 ans, même l'absence de Pete ne semble pas pouvoir arrêter UFO. Ni Scorpions ni Primal Fear ne méritaient d'utiliser un nom comme « Unbreakable », rendez à César ce qui lui appartient SVP.

Le site : www.ufo-music.info

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