W O R M F O O D
" Posthume "

W O R M F O O D
Posthume
 

Etrange disque que ce « Posthume » des Wormfood… Formé en 2001 du côté de Rouen, le groupe s'est continuellement fait remarquer par son côté quelque peu provocateur, notamment avec un artwork typé Disney, mais détourné, qui en a fait parler plus d'un... En constante évolution depuis ses débuts, Wormfood est passé d'un registre trash/indus à une musique beaucoup plus torturée et romantique dans le sens poétique du terme, à la limite du doom sans être à proprement parlé de la musique métal. Wormfood semble depuis quelques années avoir trouvé sa voie au sein de ce registre bien particulier qui peut tout aussi bien provoquer le dégout ou l'admiration, pour peu que l'on soit réceptif ou non à ce genre de concept extrême.

4 ème opus de Wormfood, « Posthume » est un album très homogène, bercé de tout son long par la même amertume profonde et la souffrance à l'état brut. Au travers de compositions très sombres et déstabilisantes, Wormfood aborde principalement les thèmes de l'amour déçu et des paradis artificiels.

Le chant tantôt parlé, tantôt crié d'Emmanuel « El Worm » Lévy a ce pouvoir assez particulier de véhiculer des émotions très ambivalentes, pouvant transmettre en une seconde un état de désespoir, de folie, voire de perversité.

L'arrière-plan musical conforte cette impression, en jonglant avec les ambiances lugubres, agrémentées de plus ou moins d'énergie selon les conditions. Je parle bien ici d'arrière-plan, puisque l'auditeur est surtout happé par le charisme troublant que dégage ce chant limite malsain. On en oublierait parfois même la musique pour se plonger exclusivement dans les paroles.

Nous sommes ici dans une forme de production musicale assez délicate à détailler et à critiquer tant les avis divergeront en fonction des différentes sensibilités.

Personnellement, les Wormfood me rappellent quelque peu certains Baudelaire, Verlaine et autres, dans l'état d'esprit tout du moins… Car pour ce qui est de l'écriture en elle-même, mais ce n'est là que mon humble avis de profane, les Wormfood ne peuvent évidemment pas rivaliser, et ne le souhaitent certainement pas. La volonté de choquer, de provoquer un malaise, me semble ici beaucoup trop présente, au point de prendre le pas et d'amoindrir la véritable création artistique. De même, la thématique de l'amour déçu me semble beaucoup trop présente, et beaucoup trop exprimée au travers de l'acte sexuel, là où la poésie me semble tout de même capable d'aller chercher un peu plus loin, au moins de temps en temps.

Pour aller jusqu'au bout de mon idée, tout cela me semble même parfois frôler la vulgarité. Aborder l'acte sexuel en parlant de « liquide séminal que je dépose en dessous de ta symphyse pubienne » m'apparait comme une façon presque psychopathique de le décrire, et n'a, pour moi rien de poétique ou d'artistique. A titre d'exemple argumentaire, « Relâcher mes parois sphinctériennes pour laisser choir la vile production de mon appareil digestif » ne me semble rien apporter de plus à l'idée d'exprimer le fait de chier… (celle-là n'est pas dans l'album hein !).

Bref, vous l'aurez compris, entre le dégout ou l'admiration, mon choix n'est plus à discuter. A vous désormais de vous en faire votre propre idée.

Le site : www.myspace.com/wormfood + www.wormfood.fr

Xavier

 
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