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6:33 & ARNO STROBL "The Stench From The Swelling"





6:33 & ARNO STROBL
The Stench From The Swelling
Label : Wafflegate Prod

« The Stench From The Swelling » est clairement l'un des disques les plus captivants qui soient parvenus à mes oreilles dernièrement, du moins l'un des plus étonnants. Un mot sur le groupe d'abord, qui se situe hors de la sphère Metal  : 6:33, auteur d'un premier album sur lequel apparaissait Arno Strobl de Carnival In Coal, qui pourtant, après avoir lancé KrOaK ou Maladaptive, semblait désireux de s'éloigner de ce genre de musique… C'était sans compter le projet contagieux de 6:33, avec qui il va élaborer « Giggles, Garlands & Gallows », un EP complètement barré, enfin une chanson en deux parties, de plus de 10mn chacune pour vous donner une idée, 10 minutes de délire total et de musique sans queue ni tête narrant les histoires d'un clown dont je vous laisse apprécier les péripéties… Musicalement, c'est tout aussi épique : on a donc deux chanteurs (puisque Arno participe), pour des parties claires très Ian Astbury (à mes oreilles, qui ne vont pas tarder à perdre tout repère) et des pseudo-growls, sur une trame musicale alternant tout aussi frénétiquement Funk, électro, samples, Metal, et j'en passe, jusqu'à du Morricone. Non non vraiment. Je vous vois vous marrer, dans le fond, mais le truc absolument renversant est que tout cela fonctionne. Je veux dire que vous n'avez jamais cette impression de patchwork assemblé selon l'inspiration du moment, mais bel et bien celle d'une pièce construite, pensée, logique et cohérente. C'est bien en ce point que « The Strench From The Swelling » m'a marqué.

Cet EP était complété d'un morceau absolument indissociable puisqu'il n'a rien à voir : « I like it », petit morceau (4mn et demi, forcément après ça c'est rikiki) fifties « à la Beach Boys  » dixit le groupe, entrecoupé d'une ligne vocale sortie tout droit de « The great gig in the sky » et d'un sax 80s coupé en plein milieu car « That's not rock'n'roll baby » (dixit l'enregistrement, je vous assure, cessez donc de me contredire sans cesse ou on ne va pas s'en sortir).

L'album est en fait constitué de ce même EP enrichi de quatre titres, où l'on trouve – vous vous en doutez, maintenant – à boire et à manger : un morceau-titre avec des sons beaucoup plus actuels, du chant Blues, du sax Pink Floyd, des guitares grasses, du mock-growl encore, des parties instrumentales à la Steve Vai , du Hard Rock oriental, et de l'humour, of course. Ça ne suffit pas de tout ratiboiser à chaque titre, ils ont encore suffisamment soif pour changer de champ d'un titre à l'autre. On a deux autres compositions, donc, avec de l'électro (encore), du Boogie, du groove, du Metal (soudain), du Morricone (« Ectasy of gold » cette fois), du théâtre (beaucoup de théâtre), des cuivres (à la Aerosmith), les lignes vocales absolument burlesques (à la System Of A Down), de la guitare hispanique… quoi d'autre ? J'en oublie forcément la moitié. On a du Funk sur des ambiances Metal, du Metal sur des ambiances Funk, Arthur Brown qui s'invite au chant, les Monty Python et South Park… et toujours, toujours, cette même cohérence, ce même fil conducteur, ce même écoulement naturel qui montre le projet mûri, réfléchi et organisé. C'est rare, très rare…

Et évidement, la cover, car sans ça le tout sonnerait trop sérieux n'est-ce pas : « Starlight » des Supermen Lovers. Evidemment.

Ce n'est pourtant pas ma came, le n'importe-quoi, donc si je succombe ce n'est pas par péché mignon, croyez-moi. C'est que je ne peux que m'incliner devant un tel travail. L'interminable énumération que je vous ai offerte est purement informative, croyez qu'elle ne vous offre guère de vision de ce qu'est le résultat, que je serais bien trop en peine de décrire, par manque de moyen (mais non pas « Progressif », qui a dit ça ? Oooh !). Je peux juste vous assurer que la surprise est totale et l'effet réjouissant, un sacré courant d'air frais soufflant le long de 7 titres, une incertitude à chaque virage, et toujours cette impression d'avoir été entraîné dans la bonne direction. Un travail d'orfèvre, des empilements de couches sonores à dévorer comme un mille-feuilles, et… non, cessez de poser des question, je ne peux vous en dire plus, du Metal progressif ? non. Du Devin Townsend ? peut-être. Mais allez plutôt écouter au lieu de perdre votre temps. Par contre faut être sobre, je préviens.

Le site : www.633theband.com  + myspace.com/6h33

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