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AS THEY BURN
" Will, Love, Life "






A S   T H E Y   B U R N
Will, Love, Life
Label : Victory Records

S'il y a bien quelque chose que votre humble serviteur redoutait pour cet an de grâce 2013, c'était bien le premier album d'As They Burn sur le label Victory Records. En effet, quand on jette un coup d'œil à la cavalerie qui compose le label, on s'aperçoit qu'on a plus affaire au centre équestre du camping des flots bleus qu'aux écuries de Longchamp : A Day To Remember, Betwen The Buried and Me, Emmure… des groupes sympathiques, en soi, mais quand-même pas de quoi casser sept cordes à Meshuggah (et le fait qu'ils jouent sur huit cordes ne change rien). Alors qu'As They Burn, eux, sont appelés à tout casser, et leurs précédents efforts avaient déjà bien entamé le boulot. Il était alors, je pense, compréhensible que l'appréhension soit de taille (genre la taille du nez de Brian) au moment d'écouter le premier album américains des Parisiens.

Cette fameuse appréhension s'est envolée dès la première écoute de l'album, le groupe proposant onze morceaux à la fois extrêmement cohérents mais tous variés pour autant, où l'on reconnait le son As They Burn qui avait fait l'EP A New Area For Our Plagues et l'album Aeon's War , tout en notant une véritable évolution due à l'ajout d'un clavier. La nouvelle de cet ajout, élément actuellement incontournable mais ennuyeux de la majorité des groupes de Deathcore étiquetés « Uncle Sam », avait d'ailleurs été crainte par la personne que vous lisez actuellement, de peur que le groupe s'enlise dans un style et une production typiquement américains. Heureusement il n'en est rien : l'instrument à touches bicolores étant plus là pour renforcer les différentes atmosphères de chaque morceau, que pour construire la mélodie. On est évidemment pas chez Burzum, mais on évite un écueil qui, en terme de production actuelle, ferait passer la pointe du Raz et le Cap Horn réunis pour une promenade de santé.

Au point de vue de la voix, cela faisait longtemps que l'on n'avait pas ressenti une telle intensité et une telle implication, à la fois dans les growls, les grunts, les paroles chuchotées, les chants clairs… C'est très simple : quand Kevin nous hurle « Let me go… out of my mind » ( Isis ) on a bel et bien l'impression qu'il hurle de douleur et désire sortir de son esprit, cet effet est, qui plus est, rehaussé par de nombreux backing vocals, en clair ou chuchotés, du plus bel effet, et par des riffs beaucoup plus mélodiques sur les refrains et les ponts que pour les précédentes livraisons du groupe, certains riffs rappelant un petit groupe landais dont le nom ressemble à celui d'une créature nippone.

Pour conclure, As They Burn, nous livre un album qui, bien que n'étant pas parfait (certains passage sont un brin répétitifs), dispose de nombreuses qualités et témoigne d'une véritable évolution du groupe, que ce soit au niveau de la composition ou du son, laissant présager le meilleur pour les parisiens, et nous permettant de dire qu'ils sont appelés à être un groupe prépondérant de la scène française à l'international.

Je finirais avec ces quelques mots : la France n'a jamais vraiment été un pays rock. Bien sûr, on a eu quelques bons groupes, mais jamais plus d'un groupe n'a réussi à percer en même temps, excepté dans les années 80 avec Trust et Téléphone et peut-être actuellement avec Shaka Ponk et Skip The Use. Cependant, au vu de ses groupes Metal de ces dix dernières années (Gojira, Betraying The Martyrs, Gorod, As They Burn…) il semble évident que l'hexagone est un lieu de choix en matière de production « extrême ». Il serait temps que ses médias et ses habitants s'en rendent compte, à une heure où la musique dans laquelle la France excelle (le Rap) a tendance à baisser en qualité et à s'essouffler.

Le site : https://www.facebook.com/astheyburn

Woland


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