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BULLET FOR MY VALENTINE
" Temper Temper "





B U L L E T   F O R   M Y  V A L E N T I N E
Temper Temper
Label : RCA Records

Nos chers gallois sont de retour dans les bacs cette année avec ce 4 ème album baptisé du nom de « Temper Temper » et affublé d'un artwork assez parlant et direct… bien loin de ce qu'ils nous proposent réellement au sein de cette galette.

Car, effectivement, du sang, il ne va pas en couler des litres au travers de cette écoute…

Tiraillés entre des motivations et des publics assez différents, BFMV tente, depuis plusieurs années, de jouer les équilibristes pour satisfaire le plus grand nombre (et générer du profit ?) en surfant sur la frontière du metalcore à proprement parler et de son cousin version rock à minettes rebelles, avec plus ou moins de réussite. Ainsi, les fans de la première heure ont pu voir disparaitre progressivement certains éléments musicaux ayant fait le charme percutant du groupe du temps du très bon « The Poison ». S'éloignant peu à peu du registre qui les a fait naître sur la scène métal internationale, BFMV s'est retranché peu à peu dans un style et des compositions bien plus softs et audibles par le plus grand nombre. Cette mutation s'est particulièrement ressentie avec la sortie de « Fever » en 2010. Le groupe a d'ailleurs essuyé pas mal de critiques virulentes pour ses choix artistiques.

C'est pourquoi l'arrivée de « Temper Temper » sent l'enjeu décisif pour le groupe gallois, à savoir pouvoir conserver son public « soft » et reconquérir ses fans de la première heure, friands de musique un peu plus pêchue.

L'écoute débute par « Breaking Point ». Première remarque : le retour d'un chant secondaire crié un peu délaissé auparavant (pour mieux pouvoir passer à la radio ?). Rien de sensationnel, BFMV applique la formule habituelle : un riff appuyé, couplet-refrain-couplet-refrain-pont-clôture… L'entame du disque ne promet pas un pur moment de folie.

Puis, la montée en puissance se fait peu à peu… « Truth Hurts », plus sensible, moins formel, apporte un petit plus qui fleure bon pour la suite des évènements. Comme une piqure de rappel, ce titre nous donne une petite pichenette sur le coin du nez comme pour nous remémorer ce qui nous a fait aimer « The Poison ».

Malgré tout cela, « P.O.W » nous fait redescendre sur terre instantanément ! Ce titre contient tout ce que je ne peux pas m'encadrer ! Une fausse ballade agrémentée de refrains à peine plus expressifs, le tout agrémenté de paroles dignes d'adolescents de 15 ans en recherche d'orientation sexuelle : non, pitié ! ÇA, c'est le GROS problème du groupe : vouloir séduire une certaine tranche d'âge et de population qui ne pourra jamais supporter l'essence même du groupe au départ ! C'est un peu comme si l'on demandait à Clara Morgan d'animer une émission Disney pour les enfants !!! (J'aurai l'air con si ça arrive un jour !). Espérons juste que ce titre sera le seul représentant de ce genre d'absurdité qui n'a rien à faire dans la disco d'un groupe se prétendant issu ne serait-ce que de la musique rock !

Ah bah non, le suivant est du même acabit : « Dirty Little Secret » ! Bref…

Bien heureusement, nos amis gallois sont capables de beaucoup mieux que cela et finissent par me réconcilier avec ce 4 ème opus au travers de morceaux comme « Leech » ou « Riot » voire « Tears Don't Fall Part 2 ».

Oui oui , vous avez bien lu. BFMV a décidé de donner une suite à leur titre étendard comme pour rappeler une nouvelle fois qu'ils ne veulent pas lâcher leurs origines musicales malgré tout. Craignant ce genre d'exercice très souvent décevant, je dois avouer avoir été séduit par cette composition tant ils ont su à la fois nous remémorer l'ambiance du premier titre sans en faire une copie presque identique sans identité ni relief. Je salue bien bas la performance.

Vous l'aurez bien compris, que l'on soit issu d'une des populations que les BFMV souhaitent reconquérir, l'aspect en demi-teinte de l'écoute de « Temper Temper » semble elle être permanente. Loin de vouloir critiquer ouvertement les choix artistiques du groupe, je n'ose imaginer la difficulté de devoir allier le travail artistique avec les exigences contractuelles et financières qu'une telle formation doit subir. Bien sûr, les solutions existent, mais restent très certainement difficiles à adopter. Seulement, l'excellence ne me semble possible qu'en passant par ces fameux choix ardus… BFMV a tout ce qu'il faut pour atteindre cette excellence… si ce n'est peut-être l'audace.

Le site : http://www.bulletformyvalentine.com/

Xavier


 

 




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