: Ecoute ULTRAROCK en live sur ton ordi
ou sur les ondes de la radio RGB 99.2
 
 
   









L O R D I
" To Beast Or Not To Beast "


L O R D I
To Beast Or Not To Beast
Label : AFM Records

Pas mal de choses se sont produites au fond des cavernes de Finlande ces derniers temps… Il y a deux ans, le producteur Michael Wagener s'associait aux plus monstrueux musiciens du pays pour former une équipe de choc qui, si elle perdit son batteur l'année dernière (Otus), conclut cette même année les 20 ans de ses méfaits sur cette terre. Mr Lordi sortait donc à cette occasion « Scarchives », le vrai premier album du groupe, qui aurait dû paraître voici 15 ans, accompagné de leur premier enregistrement Live, vieux de 10 ans… 20, 15, 10, ne me dites pas que c'est un hasard ces chiffres ronds, Hardmageddon est bien en marche. 20 ans de terreur, de destruction, de méfaits discographiques et cinématographiques (« Dark Floors »)… la mort d'Otus il y a un an était un premier coup dans cette machine, suivie par le départ d'Awa, leur claviériste. Aujourd'hui, c'est avec Mana aux fûts et Hella aux claviers que la monstrueuse équipe se représente à nous, toujours accompagnée de Wagener.

A première vue, Lordi a enfin engagé un graphiste. Mais non, rien de change au pays des Orques de glace et c'est bien Monsieur qui réalise la pochette, choisissant simplement un parfum vintage assez déroutant, à défaut de manquer d'inspiration… Anecdote : si le titre parodie Hamlet, on trouve parmi les chansons « Something wicked this way comes » emprunté à Macbeth. Bon, plus probablement au film de Jack Clayton, j'avoue… En effet, le contenu musical est plus classique (qui en aurait douté ?), mais pas forcément dépourvu d'idées non plus. De manière générale, une volonté de moderniser le son du groupe, déjà présente sur « Babez For Breakfast », pointe de façon plus flagrante. « Happy new fear » en est un bon exemple… Le son se durcit, aussi, de manière encore plus flagrante. Bref, le groupe ne change pas que ses costumes pour cet album, et brosse ses crocs. A côté de ça, évidemment, on retrouvera toujours ce bon vieux Hard Rock 80s, cet éternel hommage à Kiss avec le single « The riff », au Lordi traditionnel avec « Horrifiction », cette dose indispensable d'humour sur « We're not bad for the kids, we're worse » ou « Candy for the cannibals », et un bel hommage à Otus avec le 6 e « Scartic Circle Gathering » en fin d'album, basé sur un enregistrement du défunt batteur…

Aux dires d'Amen, son influence aura été suffisante pour que plusieurs riffs de cet album soient nés sur des motifs rythmiques d'Otus. Vu le côté plus dur de l'écriture, c'est bien possible… et bienvenu, cet album sentant fort le coup de jeune. Pour le reste, même odeur de cadavres d'enfants avalés goulûment toutes griffes dehors, et même odeur de vinyles de Kiss chauffant sur la platine… Je me permettrais juste de faire part d'un soupçon d'infidélité, « Schizo doll » ou « Happy new fear » sentant quand même l'adultère avec Alice Cooper… Mais il est des choses sur lesquelles on peut fermer les yeux, n'est-ce pas ? Alors, soyons bons princes, et laissons nos Finnois mettre notre monde à feu et à sang tant que leurs lames brillent d'un si plaisant éclat. L'éclat est aussi brillant que « Babez for breakfast », un brin plus aventureux, un peu plus appuyé mais tout aussi respectueux de leur déférence aux 80s… en deux mots c'est un équilibre parfait entre la nature immuable du groupe et l'appétit à exciter chez le public. Forcez un peu ce dernier point et on est bons pour le prochain.

Le site : www.lordi.fi  + myspace.com/lordi

the_outcast




© essgraphics 2011