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SETH "The Howling Spirit"





S E T H
The Howling Spirit
Label :

"The Howling Spirit", millésime 2013, nous est venu tout droit des cépages tortueux des bordelais de SETH. Un excellent crû, bourru et franc, sorti chez Seasons of Mist, label français bien connu dans le Black ou le Death. Il faut dire que SETH n'avaient pas sorti d'album depuis 2004, avec le déroutant mais excellent "Era-Decay", sorti chez Avantgarde Music.

A la première écoute, on retrouve un peu cette ambiance Black des premières années de Seth : sur "Les Blessures de l'Âme" notamment, un Black rapide et implacable, tempéré par une harmonie planante. Sauf que là où les "Blessures de l'Âme" ne nous laissait aucun répit, "The Howling Spirit" contient des vrais bouts d'instruments acoustiques : une guitare, et même une flute qui, parfois, se livrent intimement à nos oreilles éplorées, dans la solitude d'une réverb' sidérale. On notera aussi que la production est bien plus propre (elle l'était déjà sur "Era Decay"). Les amateurs de trve underground bruit blanc vont être déroutés, et il est vrai que ce choix rend accessible la beauté intrinsèque du Black Metal aux non-initiés. Mais de plus en plus de groupes font ce choix car, de toute façon, maintenant qu'on entend les progressions harmoniques, on se rend compte que c'est encore trop complexe pour les esgourdes abreuvées de pseudo-musique fadasse (notion relative : pour le Blackeux, tout ce qui n'est pas Black Metal).

Bref, c'est donc à la guitare acoustique que commence "In Aching Agony". Le calme précédant la tempête. La tension menaçante du riff ramassé, chromatique et douloureux, sur lequel sera basée l'harmonie de la suite, explose subitement. Une avalanche brûlante et guerrière nous tombe dessus comme une salve d'obus, déclenchée par Alsvid, qui n'en est déjà plus à son coup d'essai et reste impressionnant dans sa rapidité et son endurance, même en ternaire comme sur ce morceau. Une autre chose que j'ai trouvée sympathique, ce sont les churs "à la Dimmu" dans le refrain, variant les techniques de chant de Black Messiah.

 
"Killing my eyes", elle, commence à fond la caisse, avec un blast rapide et piquant à souhait, sur nappe de guitares. Encore cette harmonie chromatique malsaine. On l'aime, on ne s'en lasse pas, on s'y noie. Ce titre est rempli de blast, de double, de gros son bien lourd, bref un peu de plomb coulant dans notre monde de Bisounours.

"One Ear to the Earth" commence à la guitare sèche, sur un accord extrêmement dissonant de septième majeure (ça change des quartes augmentées, l'oreille metalleuse a dû s'y habituer avec le temps), et part ensuite sur un rythme qui fait très Death, avec des accentuations guerrières une fois de plus. Le timbre des guitares et le chant, ainsi que la reverb' sur la guitare sèche lors du refrain, nous démentent cette impression plus que fugace. Bref, un titre pêchu. Pourtant, on y trouve aussi une voix parlant sur une guitare (qui a dû être enregistrée dans une caverne de la taille de celle de Smaug, vu l'espace dans lequel elle se trouve...)

Le quatrième titre est faussement calme. "Howling Prayers" est l'orage grondant, celui après la bataille. Guitare et flûte se sont liguées pour créer un paysage désolé. Ce titre très court appelle déjà le titre 8, "Howling Prayers (act II)" qui, lui aussi, agit comme un répit, un havre désolé, au cur de la déréliction. Une amie grande fan d'Opeth est passée à côté des enceintes qui m'absorbaient, et a demandé si ce que j'écoutais était un nouveau morceau d'eux, que je lui aurais caché. Certains autres passages de l'album rappellent les riffs soignés de ce groupe, et les alternances de rythmes furieux avec des passages de guitare acoustique des plus magnifiques.

"He Whose Heart is Heavy With Sin"... croustillant de blast, à l'écoute, on a l'impression d'être à Pompéi l'année de l'éruption du Vésuve. La batterie quasi constante et la voix traitée avec un écho renforcent d'ailleurs cette illusion historico-géographique.

"Ten Barrels" est l'une des deux pistes bonus. C'est intéressant, d'habitude ceux-ci sont planqués à la fin. Toujours une rythmique très intéressante, un morceau magnifique de plus. Au chant, on alterne aussi les techniques : tantôt avec ajout de saturation, tantôt dans une technique de chant que je qualifierais de "rasping" si cette chronique était en anglais...

"Scars from Bleeding stars" commence aussi en mode furieux, et ça fait d'ailleurs plaisir... Cette rapidité percussive est parfaitement jouissive. Là encore, quand ça se calme, on a une harmonie "à la Opeth" aux guitares, qui est également parfaitement jouissive, le tout quand même bien influencé Death.

Le neuvième titre est l'un de mes préférés. "Mort-Luisant" commence en mode Death (avec au passage, une technique de chant un peu à la Gojira, plus grave et moins saturée, ce qui renforce les influences Death du titre). Mais on revient vite dans le Black avec les atmosphères de cloches, et... le passage en Français ! "je me transperce, je me découpe... je serre les dents... ma haine prend tout son sens, je lacère de plus belle", on est vraiment revenu dans le Black, tout transpirant de noirceur, l'humanité mauvaise condensée. Magnifique. Magistral. Le mélange Death furieux, Black evil et atmosphères bizarres, ça donne ça, un titre superbe.

Le dixième et dernier titre : "Dicing with Death" a un côté assez théâtral, notamment dans les passages calmes avec des churs. L'album finit d'ailleurs calmement, comme il était arrivé... Sombre et ténébreux. Décidément un grand crû qui vaut le détour, chef d'uvre du Black Metal français. SETH nous a gâtés. Enfin selon moi, ce qui ne vaut pas parole d'Evangile non plus, goûtez-y, faites vous un avis !

Le(s) site(s) : https://www.facebook.com/innomineseth?fref=ts + http://www.InNomineSeth.fr + http://www.myspace.com/575935123


Jenseits

 

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