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RHAPSODY OF FIRE "Dark Wings Of Steel"





RHAPSODY OF FIRE
Dark Wings Of Steel
Label : AFM Records

Bon, comme tous les albums de Rhapsody, celui-ci était très attendu… Enfin, les followers l'attendaient grandement, mais qui se soucie des autres ? Pas moi, point. Bon, bon : plus que les autres albums de Rhapsody, celui-ci faisait trépigner car il s'agissait du premier album du « Rhapsody nouveau » post-scission. Je me sens un peu obligé à un petit rappel pour ceux qui ne sont pas si followers que ça (et puis, c'est mon boulot, quelque part, non ? d'expliquer) : en 2011 Rhapsody tel que nous le connaissons (Of Fire, oui, vous n'allez pas commencer…) publie son dernier opus, « From Chaos To Eternity », suite à quoi, dans un sketch rocambolesque dont vous vous êtes délectés dans la presse, Turilli monte son propre Rhapsody avec Alex Holzwarth, Guers et Leurquin, Staropoli poursuivant SON Rhapsody avec Lione, Olivier Holzwarth et le guitariste Tom Hess. Turilli marquait un point le premier, en publiant « Ascending To Infinity », un disque que je qualifierais à la fois de diversifié et à la fois de retour aux sources. Quant à Staropoli… justement, nous l'attendions.

« Son » Rhapsody commence par recruter Roby De Micheli en remplacement de Luca, publier un Live (enregistré sur la tournée « From Chaos To Eternity »), puis se séparer de Tom Hess, sans remplacement… Première surprise, le groupe fait donc le parti-pris de fonctionner à un seul guitariste. Deuxième nouveauté : Alex décide de composer ce disque avec son frère, Manuel. Le résultat est enfin là : « Dark Wings Of Steel ».

Premier point de repère, grâce à ce titre, comme ceux des morceaux, le domaine textuel ne change guère… la pochette renforce là aussi cette impression. Musicalement, c'est un peu plus nuancé : les 11 compositions sont globalement axées sur des mid-tempi et, si elles mettent un élément en avant, c'est probablement celui du « mariage » de la guitare et de l'orchestre. Je m'explique, car dit comme ça c'est peu parlant : les deux ayant toujours coexisté chez Rhapsody : les guitares (Lead, hein) ne percent plus au premier plan que ponctuellement, et cèdent des parties rythmiques entières à l'orchestration, qui peut assurer de véritables motifs rythmiques (et là je cite d'emblée mon morceau favori « Angel of light »). La guitare ne joue plus que sur l'alternance avec ces orchestrations, chose qui n'est pas si surprenant que ça, guitares et orchestre ayant été les outils de Luca et Alex respectivement, mais ceci crée une sorte de « cachet » propre à cet album et assez étranger à celui de Luca.

D'autres nouveautés, elles, peuvent dérouter : quelques sonorités modernes qu'on ne connaissait alors que sur les disques solo de Turilli, et quelques claviers qui me font penser à Don Airey, qu'Alex n'avais encore jamais utilisés… Tout ceci est plus déroutant, étant justement ce que j'aurais attendu de l'album de Luca ! Intégration de ses sonorités solo, écart par rapport au son de clavier traditionnel de Rhapsody… Bref, cet album n'est pas forcément celui que nous attendions. Tant mieux ou tant pis ?

Pas forcément tant mieux, répondrais-je personnellement, mais pour d'autres raisons. La principale faiblesse de cet album serait plutôt une écriture convenue, mais sur le plan purement mélodique. Fabio, lui, ne jure pas avec le son traditionnel de Rhapsody, et continue même à l'enrichir quelque peu (voir ses « italianisations » sur « Custode di pace », ou son ton plus « Power nordique » sur « Tears of pain »). Olivier, à la basse, se distingue parfois par un son plus sec qui peut sonner plus moderne, mais sans que ce soit suffisamment audacieux pour jurer avec les changements que Rhapsody a déjà osés jusqu'ici. Enfin Alex, lui, est sans doute le plus brillant, ce « mariage guitare-orchestre » étant, encore une fois, vraiment habile.

D'autres points peuvent étonner : les chœurs (concis mais puissants), assez proches là encore de ce que Turilli fait en solo, les guitares parfois 80s (là encore, dues à Luca avant cela). L'équilibre entre titres mid-tempo, que je soulignais, et autres styles traditionnels du groupe (Ballade, Speed etc) qui évitent de trop focaliser l'album sur un seul aspect… Un travail fin, mais, encore une fois, souvent trop linéaire. Certains autres titres se distinguent à côté de celui que j'ai mentionné (« Sad mystic moon » est un bon Closer par exemple) mais dans l'ensemble on retient plus ce travail d'arrangement que proprement celui d'écriture.

Il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un travail extrêmement solide qui, surtout, donne à « ce » Rhapsody non seulement une légitimité mais aussi une réelle identité. Les compositions sont sans doute moins marquantes que celles de « Ascending To Infinity », mais, là où Turilli se montrait simplement inspiré, Alex et ses compères montrent une vraie réflexion stylistique, et un effort sur certains points d'arrangement extrêmement bien pensés. Luca remporte la première manche à mon humble avis, mais me laisse une impression plus incertaine que Staropoli quant à la direction future des deux partis…

Le site : www.rhapsodyoffire.com  + myspace.com/rhapsodyoffire

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