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TAD MOROSE "Revenant"





TAD MOROSE
Revenant
Label : Despotz Records

« Revenant » est bien nommé : nous n'avons effectivement pas entendu Tad Morose depuis 10 ans. Et pourtant… c'était en 2003, ils venaient de décrocher leur ticket pour les US avec le Milwaukee Metal Fest, de sortir un bon « Modus Vivendi », connaître la consécration au Sweden Rock Fest puis repartir aux US l'année suivante pour le Prog Power Fest puis le Chicago Power Fest l'année d'après… Seulement voilà, fin 2005, le vocaliste Urban Breed, après 10 ans de bons et loyaux services, quitte le navire pour Bloodbound. Premier coup de frein dans l'élaboration du 8 e album studio, que l'on voyait alors pour… 2006. Ironie de l'histoire, le groupe approche alors Ronny Hemlin de Steel Attack, ami d'enfance du bassiste Peter Moren, qui chantera effectivement sur « Revenant » mais après bien des péripéties…

Finalement, c'est Joe Comeau (Overkill, Annihilator…) qui rejoint Tad Morose dans l'immédiat, mais, coup dur : Century Media lâche le groupe. Coup dans un jeu de quilles : en 2007 le guitariste Daniel Olsson décide alors de partir aussi, pour Trail Of Murder (que Urban rejoindra peu après, d'ailleurs). Pire : Christer Anderson (guitariste fondateur) se lance dans le projet de remettre sur pied son groupe précédent, Sefer Jezirah… Autant dire que Tad Morose va mal, et c'est bien ce que doivent se dire les bassiste et batteur Anders Modd et Peter Moren qui rejoignent respectivement Wolf et Steel Attack, Anders allant jusqu'à déménager…

Le premier signe de résurrection vient en fait en 2008 lorsque Tad Morose donne son premier signe de vie en déclarant Markus Albertson (Bloodbound) guitariste du groupe, donc un an après le départ d'Olsson. Quelques temps plus tard, « Revenant » est effectivement annoncé comme en chantier… Faut-il y croire ? Bon, vous en lisez la chronique donc vous savez ce qu'il en est, mais sur le coup vous auriez été plus sceptique... Nonobstant, le groupe recrute Tommi Karppanen à la basse (auparavant guitariste de Morgana Lefay, et du Sefer Jezirah de Andersson), et enfin ce bon vieux Hemlin, ramenant au bercail Peter par la même occasion, avec qui il venait d'enregistrer le dernier Steel Attack…

Plutôt rassurant, non ? Sauf que Markus décide de quitter le groupe qu'il venait de rejoindre, rajoutant un nouvel accident de parcours à cet album qui, heureusement, n'en connaitra plus qu'un : le projet Inmoria de leur ex-batteur Dan Eriksson qui les occupera cette année 2011 et la suivante. Enfin, en 2012 donc, le groupe recrute Kenneth Jonsson de Torch en remplacement de Markus et, et… et l'année suivant paraît enfin « Revenant » !

La première constatation, peut-être rassurante vu le contexte, est que le groupe sonne toujours comme Tad Morose, même sans Urban (Ronny donnant sans doute un côté moins typiquement Heavy). L'écriture elle-même n'a guère été bâclée pour cause de déboires internes, et conserve cet habile équilibre entre Heavy pur et Heavy Prog. Si l'on tente de deviner une approche voulue pour ce disque, ce serait peut-être un côté assez « allemand » que je remarquerais, dans les motifs du single « Beneath a veil of crying souls » ou le Speed de « Death embrace » par exemple, mais aussi les chœurs de « Within a dream », « Absence of light » ou « Timeless dreaming ». Le côté un peu Iced Earth de « Follow » est aussi à mon avis à raccrocher à cette tendance. Ceci mis à part, le reste suit plus ou moins la ligne que Tad Morose suivait sur « Modus Vivendi », avec peut-être un côté Heavy moins cliché (les soli se font plus discrets par exemple), moins varié aussi peut-être, mais gagnant en homogénéité et misant plus sur le côté Heavy Prog, ce qui n'est pas pour me déplaire, je vous avoue. Une bonne partie de l'album reste plus traditionnelle, avec des « Babylon » et « Millenium lie » bien durs comme il faut, mais un « Dance of the damned » est extrêmement travaillé par exemple, et un « Spirit world » mise bien plus sur ce même travail que sur la simple efficacité. Et l'équilibre est atteint.

Cœur de cette réussite : l'enchaînement en cœur d'album « Within a dream », « Ares » et « Absence of light ». Les rythmiques sont unanimement prenantes, puissantes, lourdes mais parfaitement contrebalancées par les claviers, un côté parfois épique, des refrains mélodiques et des parties instrumentales aérées. On atteint une sorte d'atmosphère qui, rien que sur ces trois morceaux, rassure sur le savoir-faire de Tad Morose et sa capacité à relancer la machine.

« Revenant » est donc avant tout un disque rassurant, à la fois sur l'efficacité de Tad Morose sur album, mais également sur l'intégration parfaite du chant de Ronny et l'adaptation du son du groupe à un aspect plus agressif. Il ne s'agit pas de réinvention non plus, mais personne ne l'attendait... L'essentiel est que Tad Morose n'a perdu en 10 ans ni son identité sonore, si son envie de faire avancer son écriture, ni sa capacité à pondre des triptyques prenants comme celui que je vous ai vanté.

« Revenant » est suffisamment convainquant pour s'assurer que Tad Morose n'a rien perdu (il est au moins aussi bon que « Modus Vivendi ») et assez solide pour attendre une suite.

Le site : www.tadmorose.se  + myspace.com/tadmorose

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