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ASYLUM PYRE
"Spirited Away
"

 



ASYLUM PYRE

Spirited Away

Massacre Records

Le genre : album qui pique au vif.

Explications...

Je découvre la musique du groupe francilien du mastermind Johann Cadot avec cette troisième livraison et ma première constatation est que ça sait composer ! La première écoute passe comme une lettre à la poste (pour un Whitesnake on dirait « comme papa dans maman » mais nous n'avons pas affaire ici à un leader priapique...). Les suivantes (écoutes, et non les dames de compagnie, faut suivre, hein...) sont du même tonneau - et pas du bois dont on fait les flûtes mais là je digresse (qui est gros ?). La mélodie est toujours mise en avant ( The White Room ), les titres sont globalement accrocheurs, le dosage entre éléments metal, pop et prog étant intelligemment proportionné.

Cependant, et ce n'est une révélation pour aucun habitué d'Ultrarock, je ne suis pas un fan de métal à chant féminin. En même temps, les chanteuses, mises à part Aretha Franklin, Janis Joplin, Loreena McKennitt, Véronique Sanson et ma sur, y'a qui ? Freddy Mercury, O.K. Ensuite, certains passages instrumentaux me laissent sur ma faim, à attendre en vain un hook sur le refrain. Le pompon est détenu par le titre éponyme. Après une telle intro, je m'voyais déjà (non pas en haut de la fiche... vu que je signe au bas, cherchez pas, c'est une vanne arménienne). Je me voyais donc déjà jouer le cocker de plage arrière (qui ne s'est jamais assis dans une 504 ne peut pas comprendre) alors que... En lieu et place d'un titre tonitruant envoyant le bois, je me retrouve déçu par un mid-tempo un peu mou (bien que fort mélodique, je dois le reconnaître). Pour être parfaitement honnête, ce qui me rebute à la longue, c'est le chant. Attention : je n'écris nul mal de la chanteuse dont, au contraire, j'apprécie à la fois le timbre et la technicité mais le premier investissement que devra réaliser le groupe avec les (forcément) bonnes retombées de ce (remarquable) album est d'envoyer sa frontwoman en stage chez Berlitz tant l'accent franglais de Chaos Heidi me rappelle Antoine De Caunes dans Rapido... Je reconnais volontiers que cette gène m'est personnelle et que nombre d'auditeurs ne seront pas (et c'est heureux) dérangés. Après tout, c'est affaire subjective et lorsque nos amis power-progeux ritaliens (traités à la Ritaline pour leur hyperactivité du clavier) baragouinent (vous noterez au passage le distinguo d'avec un barapute, plus éclectique) dans un anglais tout aussi approximatif (je ne vise personne), je le remarque moins.

Alors voilà... En plus, cet album est bien produit, il regorge de coups de patte stylistiques aux niveaux de la composition et des arrangements.

Le mec qui chante (parce qu'il y a un mec aussi...) le fait bien, les claviers sont des étais pour les mélodies tout en sachant se faire discrets. Il y a bien les soli de gratte que je trouve souvent plaqués mais ça tient probablement au fait que ce n'est pas le compositeur qui les joue (notez qu'ils sont de belle facture, c'est juste que je ressens un écart entre les mélodies principales et eux).

Donc cet album pique au vif :

-  Parce que je garde toute la journée en tête le refrain de The Silence of Dreams , si par malheur je me le fredonne sous la douche.

-  Parce que Unplug My Brain est un put@i* de tube !

- Parce que les éléments « progressifs » disséminés à droite à gauche, sans fioriture ni ostentation sont délectables (cf. Spirited Away , Soulburst ).

- Parce que ce disque s'avère mature par bien des aspects, à commencer par les choix artistiques assumés comme ceux d'enfiler les perles plus calmes en fin d'album ou de blaster sans prévenir (« Arrête de growler, René ! »)

- Parce que ce groupe a du talent, simplement.

En conclusion le niveau de composition est élevé et je me suis pris à attendre peut être un peu plus que ce qu'offre cet album. A savoir plutôt de bons moments musicaux, à équidistance de la pop et du metal qu'une collection de tubes. Et c'est déjà pas si mal... Si on ajoute à cela (nan, pas le bruit et l'odeur) que les textes ont oublié d'être couillons, on tient probablement une des galettes de l'année dans le genre power-prog métal mélodique.

Le site. www.asylumpyre.com

Bouteil Bout



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