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ASYLUM PYRE
"Spirited Away"


 



ASYLUM PYRE

Spirited Away


Nous avions laissé Asylum Pyre il y a trois ans avec « Fifty Years Later », un second disque accouché avec difficulté après un changement quasi-complet d'équipe… Aujourd'hui assurés d'une certaine stabilité, ils nous proposent « Spirited Away », également enregistré aux MII Recording studios avec Didier Chesneau. Ce genre de stabilité n'est pas un luxe…

« Fifty Years Later » nous avait séduit par son côté Power sympathique mais bien moins rigide que la majorité du genre… et nous avait déçu par un manque de cohésion. « Spirited Away » va nous… séduire et décevoir lui aussi, ce qui est déjà mieux que nous laisser indifférents. Mais plus séduire que décevoir, cette fois.

La pochette annonce déjà un premier changement : celui des thèmes abordés. Exit la nature (la faute à Jean-Vincent Placé, tout le monde se débine), bonjour l'esprit humain et ses dysfonctionnements. Musicalement, ça ne change pas grand-chose, à part certains gimmicks venant soutenir les idées abordées. En revanche, le son n'est pas le même pour autant. Le groupe recentre la collection de styles Metal qu'il voulait accumuler à tout prix au profit d'un fil conducteur commun, fort à propos à mon avis. Asylum Pyre joue du Power mélodique, plein de passages Prog' ou néoclassiques selon l'humeur du moment, et qui, sur ce nouvel opus, viennent s'entremêler de lignes électro tout le long de l'album. Un style qui ne me plaît pas forcément (trop prévisible) mais qui a l'avantage de donner à ce disque la cohésion qui me manquait dans le précédent.

D'autre part, pas que le groupe s'était tourné les pouces en 2012 mais là, franchement, les arrangements sont aux petits oignons : claviers, orchestrations… aucun titre n'est bâclé. Et là où la composition perd en variété (judicieusement, encore une fois) elle gagne en diversité sonore : Didier joue pas mal de soli, ce qui offre un beau contraste avec ceux de Johann, franchement néoclassiques généralement ; on trouve également un punch non négligeable dans les riffs et phrases de guitares, ce qui fait pas mal de bien à cette musique assez mélodique.

Ensuite, moins de styles divers, peut-être, mais on ne s'embête pas pour autant : à côté des Powers soutenus (« Silence of dreams » ou d'autres), et des titres branchés électro susmentionnés (« At my door », ou le single « Only your soul »… pas les plus passionnants), on a des compos franchement intéressantes parmi lesquelles je mentionnerai juste un « The White Room » (rien à voir avec Cream) assez touchant, un « Soulburst » assez osé, imitant du Black orchestral, ou, pour compléter la palette, un « Shivers » très dynamique, simple, mais pourtant puissant – comme quoi c'est encore possible dans le genre.

L'écriture est parfois passionnante, donc… et parfois non. Principalement, pour moi, sur les titres rythmiques, qui se reposent sur ces nouvelles sonorités pour le groupe (les deux précités, mais aussi « Unplug my brain » par exemple, peu intéressant) et peut-être quelques passages encore en manque de cohésion (on ne se refait pas). Sinon, le son est très travaillé, comme je l'ai dit, assez varié (le synthé 70s de « Instant in time », limite Krafwerk, il fallait le sortir), et offre de beaux passages ambiants que j'apprécie. Quelques faiblesses demeurent, malheureusement, depuis « Fifty years later », comme le chant pas toujours sûr de sa direction (et souffrant toujours de cet accent…), ou des plages trop gourmandes en changements de style… Mais on est dans la bonne direction, comme vous l'avez compris.

« Spirited Away » me plaît et me déplait pour d'autres raisons, donc, mais en soi-même c'est plutôt une bonne chose, par rapport à un album ne soulevant aucun avis. Le point fort que j'en retiens est une consolidation de la direction musicale, répondant à ma principale critique vis-à-vis de l'album précédent, ce qui ne peut découler que d'une maturité accumulée au cours de ces trois ans, riches en efforts pour un groupe encore peu exposé. L'album sort de 23 du mois, son premier clip (financé par crowfunding, une très belle réussite) est « Only your soul », et le groupe joue en France début décembre avec Stream Of Passion.

Le site : www.asylumpyre.com  + myspace.com/asylumpyre

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