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EYES FRONT NORTH  From Shape To Name
Argonauta Records

Vous avez sûrement connu des concerts qui se finissent par une belle rencontre humaine et musicale. J’ai eu la chance d’en vivre un le 8 juin dernier au Covent Garden d’Eragny sur Oise (95), un lieu qui met en lumière des artistes méconnus de la scène française.

Ce soir-là, en tête d’affiche, il y avait ce groupe Versaillais Eyes Front North pour finir en beauté cette soirée métallique aux côtés de Beyond Chronicle et Nature Morte.
Les quatre musiciens d’Eyes Front North, tout droit venus des Yvelines, détiennent simplement un album LP et un EP.

Partons dès à présent à la découverte de leur LP 'From shape to name’ sorti en 2016 sur la maison de disque italienne Argonauta Records.

Le premier morceau “I know the acronym, you don't”, une pièce de quasiment neuf minutes, nous propulse dans un monde lointain, étrange, sombre où une forme de vie semble subsister comme le suggèrent les paroles du morceau. Le groupe nous plonge dans des ambiances aussi travaillées que variées, le chant clair et l'instrumentation mélodique laissent la place à un chant rageux accompagné d’une rythmique lourde et agressive. On peut penser facilement à Deftones sur le chant clair et durant les moments plus planants mais cela ne dure qu’un temps, la voix du chanteur va rapidement muer au fil des variations rythmiques. Vous l’aurez compris, l’attention de l’auditeur sera nécessaire pour capter toute la substance dans les changements de ces riches compositions. Croyez-moi, l’effort d’écoute en vaut la chandelle avec, comme récompense, un tourbillon d'émotions emportant l’auditoire qui ressentira souvent l’angoisse, certainement la tristesse, sûrement la rage et, je l’espère, un peu d’espoir.

A peine remis de ces émotions, le groupe nous propose ‘Axis’, un deuxième morceau de choix qui part sur une introduction particulièrement lourde avec des guitares saturées et des paroles criées angoissantes, voire suffocantes. Après un passage beaucoup plus calme, on reprend un peu nos esprits pour atterrir dans des contrées beaucoup plus noires, aussi vertigineuses qu’insaisissables, comme l'évoque le texte du morceau.

On aura droit, par la suite, au seul morceau instrumental de l’album qui est une belle réussite. Constitué d’une progressivité mélodique et d’une distorsion sonore enivrante, ce titre est parfaitement cohérent avec l’ambiance générale.

La suite des titres reste dans la même veine, on notera tout de même l’excellent  ‘Catching Polaris B’ qui nous propulse dans un monde métaphysique avec sa mélodie hypnotisante ainsi que son refrain qui fait mouche.

Le titre de fin vient fignoler le tableau de très belle manière avec sa puissance mélodique qui s’accompagne de paroles révélant une forme d’espoir, on a une impression de quête atteignable dans ce monde imaginaire et impalpable.

Que dire de plus ? Eyes Front North n'est pas du genre à se classer dans un style, ses musiciens ont su piocher dans leurs influences très variées pour parvenir à cet opus osé et abouti. Le quatuor nous propose un album très personnel à forte valeur émotionnelle ajoutée. On sent bien que le groupe a composé avec le cœur et parvient à matérialiser des sentiments forts pour le plus grand plaisir des auditeurs qui sauront les recevoir. Nous ne pouvons qu'espérer que le groupe sorte un prochain opus avec autant d’inspiration.

Minute clip : Le seul clip ‘Catching Polaris B’ de l’album n'est peut-être pas d'une grande prétention mais permet de voir le groupe à l’œuvre dans son monde sombre et mystérieux.

Minute live : L’interprétation live au Covent Garden était vraiment professionnelle, ce qui a permis une balade immersive à travers les différents titres joués ce soir-là.

ToaD

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