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JACK WHITE Boarding House Reach
Third Man Records

2018 signe enfin le grand retour de JACK WHITE. Terminé le break annoncé en 2016, cette année, il nous fait la totale. Tout d'abord avec "Boarding House Reach", son troisième album solo, et des concerts un peu partout, qui annoncent déjà « complet » pour beaucoup d'entre eux.

Et quel retour ! Ce "Boarding House Reach" est complètement barré, explorant tous les recoins de la folie créative de Mr WHITE. Electro sans vraiment l'être, c'est plutôt une expérimentation de différents sons, sortant d'instruments de toutes sortes, des jams plus ou moins improvisés mis ensemble. Le voyage peut perturber l'auditeur non averti, mais les paysages sont tellement électriques et mystérieux, que cela le rend vraiment rafraichissant.

Le premier single, "Connected by Love", et sa face B, "Respect Commander", annoncent déjà le changement. C'est dans le plus grand secret qu'il a préparé ce nouvel opus, avec seulement des instruments basiques, comme parfois les jouets de ses enfants ("Hypermisophoniac"), et enregistré sur un magnétophone à bandes acheté lorsqu'il était ado, grâce à l’argent de poche obtenu en tondant des pelouses. En toute logique, c'est dans son studio Third Man Records de Nashville qu'il a réuni tous ces bouts de bandes son.

JACK WHITE est ici plus un chef d'orchestre qu'autre chose. Hormis la rythmique de base, il est accompagné d'un cortège de musiciens de styles différents, du blues au rap, en passant par le rock, le jazz, la funk ou le hip-hop. "Ice Station Zebra" est sûrement le morceau qui assure le mieux cette fusion. Les chœurs soul sont très présents et l'accompagnent délicieusement. Mais il n'hésite pas non plus à laisser le micro à d'autres voix, comme l'australien C.W. Stoneking ("Abulia and Akrasia"), ou en duo avec Esther Rose ("What's Done Is Done").

Alors, place aux distorsions psychédéliques ("Why Walk a Dog?"), aux solos de percussions ("Corporation"), aux bizarreries synthétiques ("Get in the Mind Shaft") et, ne vous fiez pas aux passages calmes ("Ezmerelda Steals the Show"), tout peut partir en live, à n'importe quel moment ("Everything You've Ever Learned"). Mais JACK WHITE ne renie pas pour autant son passé, comme avec "Over and Over and Over", écrit à l'époque des White Stripes, mais qui n'avait jamais vu le jour jusqu'à aujourd'hui. White riffs et petits cris, tout y est, et c'est très bon.

"I'm thinking about taking it all the way. To the top, who's with me?"

Bon soyons honnête, ce "Boarding House Reach" ne va pas plaire à tout le monde. Et bien tant pis ! Chaque morceau recèle des trésors enfouis, et je serais incapable de vous raconter la vraie histoire derrière chacun d'entre eux, sachant que JACK WHITE a le don de partager des fausses informations à chaque interviews.

Oh pardon, j'allais oublier la dernière chanson de cet album, "Humoresque", qui a été écrite par Al Capone pendant qu'il était à la prison d'Alcatraz, sur une musique du compositeur tchèque Antonín Dvořák. Ça aurait été vraiment dommage de ne pas en parler !

"À mes yeux, cet album est incroyablement moderne. Il est traversé d’inspirations punk, hip-hop et rock’n & roll, et en même temps très ancré dans le son d’aujourd’hui. J’ai toujours voulu repousser mes limites, me mettre en danger. Quand on est un artiste, on ne cherche pas le confort, la facilité, en laissant les autres faire le travail à notre place." ~ Jack White

Mon TOP 5 : Over and Over and Over, Corporation, Connected by Love, Why Walk a Dog?, Ice Station Zebra

Le site : http://jackwhiteiii.com/

Aidan N. LeFloch

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