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MACHINE HEAD Catharsis

Quand on fait partie du paysage métal depuis plus de 25 ans, que l'on a à son actif au moins un album culte et d'autres qui ont marqué la scène métal par des qualités musicales indéniables grâce à un style et une esthétique reconnaissables dès les premières mesures, il subsiste malgré tout une difficulté : durer dans le temps, tout en proposant des productions qui ne font pas défaut aux précédentes et tout en gardant à la fois sa fan base, en restant assez performant et créatif pour ne pas se faire manger tout cru par les milliers de groupes émergents. Une définition qui pourrait convenir aux mastodontes tels que Metallica, AC/DC, Megadeth et consorts.

Mais ici, il s'agit de Machine Head, mené par Rob Flynn, qui sort, en ce début d'année, son neuvième album, «Catharsis». En lisant les quelques chroniques très cinglantes déjà parues sur ce nouvel opus, et ayant moi-même des difficultés avec certaines de leurs productions, c'est assez peu confiant que j'entame cette écoute. Clairement dérouté d'emblée par l'impression d'un plat réchauffé mainte et mainte fois, je laisse défiler les pistes en vaquant à d'autres occupations. Certains titres me semblent même, au premier abord, totalement dénués d'originalité et de nuances (« Volatile ») et d'autres carrément hors propos (« Bastards », typé Dropkick Murphys sauce métal, et « Triple Beam » entre rap et métal, etc.).

Mais, même si c'est du réchauffé, les ingrédients sont toujours là et je retrouve ce son et cette approche singulière qui ont fait « Burn my eyes » et « Unto the locus », pour ne citer qu'eux. Je poursuis donc les écoutes afin de pouvoir livrer quelques mots sur ce nouvel album. J'arrive à apprécier l'œuvre, malgré tout, puisque Flynn et sa bande interprètent très bien leur son. Et je finis par me dire que ce neuvième album aurait pu être un très bon. On a l'impression que Flynn est resté coincé le cul entre deux chaises en écrivant « Catharsis » : entre une volonté de poursuivre le virage des sonorités old school et l'envie d'évoluer en allant lorgner ce qui se fait chez les petits jeunes.

L'album est donc très décousu. Il aurait fallu probablement sortir dix titres purement typés Machine Head, tel l'excellent « Heavy lies the crown », pour faire de « Catharsis » est très bon album. Ou, au contraire, pousser l'envie d'aller résolument vers de nouvelles contrées. Dans les deux situations, l'album aurait été taxé d'immobilisme ou d'opportunisme mais il aurait été cohérent. Du coup, cette indécision fait qu'il se retrouve taxé des deux qualificatifs.

Au final, ce nouvel opus reste à mon avis un bon album de Machine Head, enfin, meilleur que son prédécesseur. Et même des titres comme « Bastards », déjà cité, l'improbable ballade « Behind a mask » ou le faussement électro « Catharsis » finissent par avoir de l'intérêt.

Top 3: Heavy lies the crown, Beyond the pale, Grind your down

Le site : https://www.machinehead1.com/

Vic de Sable

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