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SKÁLMÖLD Sorgir
Napalm Records

Skálmöld a réussi au fil des années et des compositions à créer sa propre empreinte dans le sous-genre du métal folklorique, d’une part par son chant en islandais et d’autre part par son inspiration directe des légendes du grand nord.

Alors que leur dernier album était largement inspiré des légendes islandaises, Sorgir (en français : âmes) est plus noir et triste et repose sur un concept de légendes racontées à partir de deux perspectives différentes : celle de l’humain et celle du fantôme. On ne peut donc parler de l’album sans évoquer le fond : chaque morceau part d’une légende qui est ensuite développée dans un autre morceau du point de vue du fantôme. Même si on ne comprend pas un mot d’islandais, cela reste intéressant à savoir, de par le chant très expressif des différents vocalistes du groupe, et ensuite par le ressenti qu’on peut avoir en écoutant chaque « couple » de titres. Cet album est lié au passé sombre voire noir de l’Islande profonde, la nouveauté résidant dans des compositions plus trash voire heavy qu’auparavant.

Ljósiđ ( titre 1) fonctionne avec Skotta (titre 5) et raconte l’histoire d’une famille durant le printemps dans une vallée lointaine. Il commence à neiger et le vent éteint le feu, qui ne reprend pas. Le mari part dans une autre ferme chercher du feu et quand il revient, toute sa famille a gelé. En fait, dans Skotta, on apprend qu’une fantôme observe la ferme de loin en se cachant dans les collines et attend. Elle voit le fermier partir de sa maison et tue la famille. Dans Ljósiđ nous voilà emportés dans un voyage épique, entre la voix unique de Björgvin, les hurlements de Baldur et les chœurs très présents de Gunnar. Embarqués directement dans du pur Skálmöld, entre métal puissant et folklore islandais. Tout se complète à merveille. Dans Skotta, l’ambiance est plus rapide donc, par conséquent, moins lourde, mais on y retrouve néanmoins les chœurs présents dans Ljósiđ.

Sverđiđ (titre 2) et Gangári (titre 6) racontent l’histoire d’un guerrier très puissant. Un jour, son épée se brise et il est tué. Dans Gangari, on apprend, alors que sa dernière pensée est pour sa famille, que celle-ci est tuée parce qu’il a échoué (oui c’est un peu glauque). L’ouverture de Sverđiđ est très soignée, complétée encore par des chœurs auxquels s’ajoute la voix rauque et forte de Björgvin. Le morceau nous fait vivre l’histoire triste de ce guerrier à l’épée brisée. Les riffs sont efficaces et les parties instrumentales nombreuses sans être interminables. Dans Gangári, l’attaque du morceau est puissante telle une cavalcade. On sent la rage même si l’ensemble sonne plutôt heavy.

Brúnin (titre 3) et Móri (titre 7) : histoire compliquée d’un couple en haut d’une falaise. L’homme se réveille avec une pierre ensanglantée dans la main, et ne se rappelle de rien alors que sa copine est toute morte. Non mais ! Il entend des voix qui le poussent à jeter le corps dans le vide. En fait, c’est leur amour à tous les deux qui n’est pas accepté et pour se sauver lui-même, il doit jeter le corps. Le fantôme Móri, lui, a tout vu et c’est même lui qui a placé la pierre dans la main de l’homme. Tel un fight fire with fire, Brúnin part sur les chapeaux de roue. La recette est réussie : un rythme implacable, une voix agressive (groupe nominal à mettre au pluriel), des guitares éclectiques et toujours aussi heavy. Le solo en est d’ailleurs impeccable. Móri est indubitablement mon morceau préféré, et reflète 100% le groupe. Tout y est : une intro tout en chœurs, un chant efficace qui reste dans la tête (oui, même en islandais, la phonétique n’est plus un mystère !), l’ensemble des instruments en parfaite harmonie. On a même droit à des chœurs féminins au milieu du morceau, une grande première. L’outro est aussi violente que l’intro est paisible, et le contraste est incroyable.

Barniđ (titre 4) et Mara (titre 8) sont les plus tristes je trouve. Barniđ raconte l’histoire d’une soirée lambda dans une famille et la petite fille meurt étouffée, sans raison apparente. On apprend dans Mara (qui veut dire cauchemar) que le fantôme vient pendant le sommeil des gens, juste à cette jonction entre conscience et inconscience, et tue en étouffant sa victime qui meurt lentement. Barniđ démarre avec la double grosse caisse puis se pose dans un rythme heavy (metal) et la voix claire de Gunnar s’oppose à celle de Björgvin, dans des riffs très metallica-esques. Mara est le seul titre de l’album avec un démarrage 100% cordes et est le morceau le plus instrumental de l’album.

En bonus track, Höndin sem veggina klórar est une jolie manière de clore cet album. Très fidèle au style du groupe, le titre est très bien composé et regroupe toutes les caractéristiques de l’unicité de Skálmöld.

En conclusion, une seule remarque : Skálmöld a su s’affirmer tout en restant original. Sorgir complète parfaitement les albums précédents du groupe et, comme on le dit chez nous, on n’est jamais déçus par un petit Skálmöld !
(à voir en live)

Skálmöld : Björgvin Sigurðsson (chant, guitare) ; Baldur Ragnarsson (guitare, chant) ; Snæbjörn Ragnarsson (basse) ; Þráinn Árni Baldvinsson (guitare) ; Gunnar Ben (chant, claviers, hautbois) ; Jón Geir Jóhannsson – (batterie)

Mon top 5 : Móri ; Ljósiđ ; Sverđi ; Mara ; Barniđ

Le site : https://skalmold.is/ +https://www.facebook.com/skalmold

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