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BARONESS Gold & Grey

Après Purple, paru en 2015, le cinquième album de BARONESS, Gold And Grey, nous gratifie d'une bonne heure de musique, avec 17 titres.

Bon, après un rapide calcul vous comprenez qu'il y a anguille sous roche : en réalité, il y a une dizaine de morceaux traditionnels, alternés avec des morceaux purement instrumentaux ou simplement introductifs.

BARONESS est considéré comme un groupe de sludge, je vous avoue que ma méconnaissance du style m'empêche de vous le confirmer. La production est effectivement parfois légèrement grasse ou crade, comme le veut le genre, mais, à part quelques saturations et effets de grésillements ponctuels qui me semblent assez artificiels, j'ai plus l'impression d'un album de fusion tant les influences sont nombreuses et les genres disparates. Entre les morceaux stoner, les ballades pop/psyché, les instrumentaux parfois minimalistes, prog ou ambiant, le côté sludge, voire noise, ou tout simplement alternatif, il y a un peu de tout. Bon, ça reste posé, ceci dit, même quand ça s'énerve un peu, on reste mid-tempo.

Tiens, le côté prog, parlons-en. Il est bien présent, mais pas en tant que Métal prog, mais plutôt Rock prog vintage, comprenez le meilleur groupe du monde PINK FLOYD (surtout pour les titres "Emmett" et "Pale Sun"). Pas mal de pauses légères, avec quelques effets de chants choraux et d'atmosphères plus éthérées, entrecoupées de retour à un style plus agressif (exemple le contraste "Anchor's Lament"/"Throw Me An Anchor"). Niveau production, j'imagine que c'est le côté sludge qui m'empêche de parfois bien distinguer les deux guitares. L'effet recherché fonctionne, donc, puisque c'est voulu, je ne vais pas m'en plaindre.

Donc c'est super alors ? En fait il y a juste un petit détail...

Je déteste à peu près la moitié du chant. C'est simple, un morceau sur deux, le chanteur (et leader) John Dyer Baizley pousse sa voix dans les aigus, alors qu'un simple soutien propre suffirait à sonner, justement. Il y arrive sur des ballades lentes (heureusement, car là c'est clairement la voix qui est mise en avant), mais se met à cusser comme un chanteur de pop de radio de merde (donc pas ULTRAROCK, OBVIOUSLY) sur d'autres, sans raisons valables. C'est particulièrement audible sur "I'd Do Anything" pour le meilleur, et "I'm Already Gone" pour le pire (relisez cette phrase et vous en apprécierez l'ironie). Pour moi, c'est surtout un mauvais réflexe de musicien : "ça joue fort autour de moi, donc je chante fort". Oui, sauf que trop fort ça devient moche, et il y a le mixage pour gérer les écarts de volume. Ta justesse, par contre, c'est plus important et pas facile à compenser sans autotune dégueulasse. Je dirais que, sur un premier album, ce serait une erreur de débutant, mais là, c'est le cinquième, donc non, je ne laisse pas passer.

C'est vraiment dommage car les compositions sont à peu près toutes intéressantes, il y a de belles mélodies, rien à jeter, ça m'aurait donné envie de découvrir le reste de la discographie sans ça. Là, ça attendra un peu.

Donc un bon album ? Oui, mais un album où j'appuierai un peu trop souvent sur "titre suivant" pour dire mieux que simplement "bien".


Frustrant.


le site : https://yourbaroness.com/

Letho


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