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D-A-D A Prayer For The Loud

Certaines chroniques sont plus compliquées à écrire que d‘autres et, là, c’est le cas. Il s’agit du douzième album studio de Disneyland After Dark, rebaptisé D-A-D aux débuts des années 90. Voilà trente-cinq ans que les danois sont dans le circuit et trente ans qu’ils ravissent mes cages à miel et m’accompagnent dans les différents stades, étapes et statuts de ma vie. D’ailleurs, c’est ce qu’il y a de fabuleux dans la musique et dans l’art en général, on ne sait pas vraiment pourquoi on est plus sensible ou plus touché par telle ou telle œuvre. Parce que oui, il s’agit bien d’une œuvre pour ce groupe très connu dans son pays et suivi un peu partout, surtout en Europe, par des personnes comme moi qui ont adhéré à son identité musicale outre le single qui a touché les ondes internationales en 1989 à savoir “Sleeping my day away” extrait de l’album “No fuel left for the pilgrims”.

En effet, D-A-D n’a jamais cessé d’exister, a toujours beaucoup tourné et sorti régulièrement des albums aux sonorités reconnaissables instantanément mais aux ambiances et productions différentes, liées à ce que vivait le groupe au moment de leur écriture. D-A-D n’a connu qu’un changement de line up : le batteur Laust Sonne a remplacé Peter Jensen en 1999. L’audience est toujours au rendez-vous lors de leurs concerts, leur terrain de jeu préféré, dans des salles à taille humaine où ils donnent des shows efficaces et en totale communion avec leur public. Alors oui, leur carrière n’a pas décollé comme elle aurait pu et dû mais, en toute objectivité, D-A-D est malgré tout à mettre dans la catégorie des groupes qui ont une identité reconnaissable parmi tous grâce à un son unique, à l’instar d’AC/DC, Iron Maiden, Motörhead etc. Le grain de voix éraillé de Jesper Binzer est inimitable, tout comme le son de guitare si particulier de son Frère Jacob. La section rythmique, d’apparence simple, est, en fait, un rouleau compresseur mené par Laust et Stig, le bassiste grandiloquent aux deux cordes, à l’image d’un certain duo bien connu Rudd/Williams.

“A Prayer for the loud” sort le 31 mai prochain presque huit ans après “dic.nii.lan.daft.erd.ark”. L’attente a été longue. D-A-D justifie celle-ci par le fait qu’il voulait sortir un album où chaque membre du groupe apprécie chaque note de bout en bout, ce qui, forcément, allonge le processus. Il est donc temps pour moi maintenant d’être le plus objectif possible pour décrire les onze pistes de ce douzième album. C’est avec le single “Burning Stars”, sorti le 5 avril 2019, que l’on a pu prendre la température du nouveau cru D-A-D. Les premières mesures me ramènent instantanément à ce qui m’a fait aimer ce groupe. L’univers humoristico-sarcastique est de retour comme à la belle époque de “No fuel …" et de “Riskin’ it all” avec le son de guitare clean, crunchy ou burné, mais toujours compressé et délicieusement insolent. Alors, c’est plutôt fébrile que j’aborde les dix autres pistes à la réception des fichiers. Pour tout vous dire, j’ai même failli attendre la sortie officielle et le vinyle mais je n’ai pu m’y résoudre. La première écoute, quasi religieuse, au casque, dans le noir, confirme ce premier sentiment. Cet album marque un vrai retour aux sources avec une production suffisamment moderne, notamment pour la batterie. J’enchaîne quelques écoutes et là, pas de doute, c’est l’album que les fans attendent depuis longtemps. Pourtant, j’ai adoré tous les albums, mais celui-là semble avoir ce petit truc en plus qui fait la différence. Je calme mes ardeurs et décide de n’y revenir que plus tard pour vous livrer ces mots qui seront, au final, assez brefs.

Avec “A Prayer For The Loud” D-A-D réussit le coup de maître de graver sur disque ce qu’il livre en live, à savoir une redondance enivrante associée à une maîtrise des nuances pour mieux nous asséner des uppercuts ici et là et surtout dans les refrains. Chaque musicien excelle et donne le meilleur tout au long de cet album magnifiquement cohérent où règnent énergie, humour sarcastique, émotions, blues, riffs hard rock percutants à souhait, mélodies accrocheuses etc... et surtout du rock n’roll, du vrai comme on en fait plus. Un album qui met en exergue tous les ingrédients d’une carrière longue et riche et qui, je l’espère, n’est pas synonyme de dernier album. On peut se poser la question avec la pochette qui montre Molly, leur mascotte, crucifiée. Alors là, je me rends compte que je ne suis peut-être pas très objectif mais le meilleur moyen de le vérifier est que vous écoutiez “A prayer for the loud”.

Titres à écouter : Tous évidemment. Juste un petit mot sur “Musical Chain” du pur D-A-D rendant hommage à feu Malcom Young avec son riff fondateur et à feu Lemmy Kilmister sur le refrain. Juste énorme. Très bonnes écoutes !

Le site : https://d-a-d.dk/

Vic De Sable


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