CHRONIQUES      INTERVIEWS      LIVE REPORTS        AGENDA       EMISSION

    
c   h   r  o   n   i   q   u   e   s
 

 
ENTHRONED Cold Black Suns

Vingt-six, c'est le nombre d'années de carrière que le groupe Enthroned a derrière lui. Non seulement le groupe Belge fait preuve d'une inspiration prolifique (11 albums en 26 ans) mais, en plus, il a pu sortir ses albums à un rythme quasi régulier et constant, ce qui, en plus de son efficacité exemplaire, a contribué à faire de lui une valeur sûre et un groupe de la scène Black Metal auquel se raccrocher.

Ainsi, cinq ans après « Sovereigns », ils reviennent avec un onzième album pour conclure cette nouvelle décennie d'activité.

Et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'ambiance a changé. En effet, l'album bénéficie d'une ambiance très atmosphérique, pas forcément habituelle chez Enthroned , ce qui rend l'écoute de Cold Black Suns intéressante, même pour les fans aguerris.

Cinq ans après l'album frénétique et agressif qu'était « Sovereigns », le groupe change de label pour passer chez Season Of The Mist et opte pour un son plus ouvert et une production plus sèche. Après deux minutes instrumentales, c'est avec les hurlements du chanteur Nornagest sur ‘Hosanna Satana' que les choses sérieuses commencent. Les morceaux, s'ils se distinguent par leurs mélodies et leurs tempos, sont tous imprégnés de la même ambiance lugubre et lourde. Les structures sont globalement progressives et ont pour effet de nous asséner les riffs ou les chants comme des rengaines transcendantales, parfois très réussies (‘Oneiros', 'Smoking Mirror'), parfois répétitives et lassantes (‘Aghoria').


L'élément surprenant sur ce disque reste la batterie. A la fois technique et variée en termes de vitesse, elle tranche avec l'atmosphère ambiante des morceaux et donne à l'album un relief presque sensoriel. Si ‘Hosanna Satana' et ‘Smoking Mirror' se distinguent par leur vitesse quasi oppressante, ‘Oneiros' et ‘Silent Redemption' nous embarquent sur des terrains plus aérés, toujours servis par les guitares célestes et tranchantes de Nornagest et Neraath et la basse (pas assez mise en avant) de Phorgath.

Le point faible de « Cold Black Suns » réside peut-être dans le manque d'équilibre dans la dynamique des morceaux. Prenons, par exemple, le morceau instrumental 'Ophiusa' qui ouvre l'album. S'il a le mérite d'exposer le ton atmosphérique et progressif d'entrée de jeu, il manque d'ambition et d'une réelle emprise sur l'auditeur et, du même coup, de donner à l'album le cadre complet qu'il mérite amplement. Ce qui est dommage car l'album se conclut de manière plus convaincante avec ‘Son Of Man', une cavalcade progressive proche d'un Black Symphonique du plus bel effet. Le chanteur Nornagest y adopte un ton plus prosaïque et cérémonieux, et la basse est ici plus présente et contribue grandement à la lourdeur de l'outro.

Avec « Cold Black Suns », Enthroned nous propose un disque efficace mais pas dépourvu de longueurs, qui permet malgré tout au groupe de poursuivre tranquillement sa route et de continuer à briller sur ses sombres sentiers.

Le site : https://www.facebook.com/Frater.Silurian/

Adel
  © essgraphics 2011