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WEST BOUND Volume 1
Frontiers

J’abrège le suspense parce que j’ai peu de temps : c’est mon coup de cœur de l’année !
Les grincheux pourront objecter qu’il s’agit encore d’une sortie (22/02/2019) Frontiers sans prise de risque, à entendre la litanie de références au hard blues classic rock des années 70 et 80.
Amateur du genre et grand conservateur en la matière (presque un poil réac’), j’ai craqué pour ce disque en raison, d’abord, de la qualité des compos qui, malgré les petits travers sur lesquels je vais revenir, classe cet album du côté des réussites incontestables (en toute objectivité !).
Ensuite, il y a la voix, à la fois versatile et référencée, du chanteur.
Enfin, les influences, bien digérées (avec les clins d’œil qui vont bien), de tout ce que j’aime : Whitesnake (période 83/87 juste avant et pendant John Sykes), Led Zeppelin, Black Sabbath, Europe, Tesla, Thunder, Gotthard et même U2 et Bowie. Excusez du peu !

West Bound est formé à Los Angeles par le chanteur Chas West (Resurrection Kings, Bonham, Lynch Mob, etc.) et le guitariste Roy Z (Bruce Dickinson, Sepultura, Halford, Rob Rock, etc.), tous deux membres du groupe de rock latino Tribe Of Gypsies. Ils sont rejoints par Jimmy Burkard à la guitare, Jason Cornwell (Eric Martin) à la basse, Dave Moreno (Jizzy Pearl, Bruce Dickinson) à la batterie, et Stephen LeBlanc (The Moby Dicks, Randy Rhoads Remembered).

Never Surrender semble avoir été exhumé des sessions du 1987 du Serpent Blanc, Keeper of the Flame renverrait plutôt à la fin de la période précédente du Serpens Albus (Slide It In). Quant à Turn To You, elle me fait penser aux efforts solos de Coverdale (avec Adrian Vandenberg à la gratte). Dance of Life est plombée, tel le fameux dirigeable. Beautiful Dream est une ballade qui rappelle, en version électrique, le All My Love du Zep et plusieurs titres de Plant en solo et, en version acoustique...Gotthard. Le bluesy Ain’t Gonna Drown aurait pu figurer sur le Coverdale/Page de 93. Les claviers de Traveler citent l’intro du Gates of Babylon de Rainbow et le titre se rapproche de ce que propose Europe depuis sa reformation, très inspirée 70’s, ici le Sab’ en premier lieu. Les petites notes de piano de Nothing convoquent le New Year’s Day de U2 sur une rythmique tournoyante à la Gotthard, surplombée par une slide blackmorienne. Le chant de Roll The Bones lorgne du côté d’Ozzy. On My Own nous renvoie en Suède avec la bande à Tempest.

West est capable, sans le plagier, de chanter avec de purs accents plantiens (dernier Led Zep et début de carrière solo). Qui m’ont bien flatté dans le sens poilu de mes références ultimes sont ses intonations à la Bowie qui émaillent ses parties les plus graves. Son grain de voix se situe quelque part entre Plant, Coverdale et Joey Tempest (p*t@-n de filiation, non ?).

Bon, ce qui fâche, c’est la prod. Plus exactement le traitement des grattes, curieusement en retrait par rapport au reste. Souvent au bénéfice de la section rythmique, ce qui pourrait être un bien mais trop c’est trop ! Parfois même la lead ne réussit pas à surnager d’un maëlstrom sonore un peu trop brouillon à mon goût (Dance Of Life, Keeper Of The Flame).
Le manque d’originalité pourrait être invoqué, si n’étaient les compos, je l’ai déjà écrit mais c’est patent ! Lorsque, souvent, ce genre d’album marqué revival ne peut compter que sur les qualités d’instrumentistes de ses protagonistes, ici, les chansons sont au niveau des zicos !

Vous l’avez compris : les jeunes doivent courir l’acheter pour entrer de plain-pied dans le classic hard rock et les vieux pour retrouver leur jeunesse. Ce disque met ainsi tout le monde d’accord. C’est compris ? Qu’on se le dise ! En attendant le volume 2 avec une petite révision du traitement sonore, je fais tourner ce Volume 1 en boucle.

Le site: https://www.facebook.com/chaswestofficial/

Bouteil "Bound" Bout


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