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I N T E R V I E W S

A D A G I O



STEPHAN FORTE

Par Xavier

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A l'occasion du Metal Fest IV se déroulant à Lyon fin mai, Stefan Forté accepta une entrevue avec Ultrarock quelques heures avant son entrée en scène. C'est dans des coulisses survoltées, sur un petit coin de table que le dialogue a pu commencer. Malgré toute l'agitation environnante, le leader d'Adagio apparaît très serein et met de suite à l'aise son interlocuteur.    



Ultrarock : Pour commencer, pourrais-tu me présenter, en quelques mots, le projet d'Adagio pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore ?  
Stefan Forté : Plus qu'un projet, Adagio est un groupe, qui a débuté en 2001 avec le premier album « Sanctus Ignis ». Le concept de notre musique est basé sur des harmonies sombres et une atmosphère dramatique, tragique. Tout cela a évolué au cours des 4 albums qui forment la discographie d'Adagio plus un live qui n'est sorti qu'au Japon. Les premiers albums étaient plus prog', et petit à petit, on a opté pour une musique plus heavy.



Parlons un peu de ce soir et du mini-festival qui t'attend (Metal Fest IV à Lyon, le 30/05/09). Le fait de jouer avec de multiples groupes change-t-il la donne pour toi, plus de stress ?  

Non, pas de stress particulier, je le prends comme un concert normal. A partir du moment où on est tous ensemble sur scène, on ne pense plus au reste.



Y'a-t-il un concert en particulier qui t'a marqué durant toutes ces années à tourner avec Adagio ?  
(Sans aucune hésitation) Tokyo. Pour quelles raisons ?  
On est monté sur scène avec le nouveau chanteur, le concert faisant office de première répétition. On n'avait jamais vraiment joué ensemble avant. Et ça s'est super bien passé ! Forcément, ça marque. Après, il y a aussi eu notre concert aux arènes de Carthage - en première partie de Robert Plant -, celui d'Atlanta aussi. Ces trois-là resteront gravés dans ma mémoire.



Parlons à présent de votre nouvel album – « Archangels In Black » – et de la tournée qui s'en suit. Pour l'instant, elle ne comporte qu'une date au Royaume-Uni et une autre en Roumanie. J'ai été étonné que vous ne fassiez pas plus de concerts, notamment au Japon… C'est en prévision ?  

Tout n'est pas encore programmé. Bien sur, c'est en prévision au Japon, l'album est en fait sorti beaucoup plus tard là-bas, 2 mois après précisément. En plus de cela, nous avons changé de label, il faut donc du temps pour que tout se mette en place. Mais nous voulons faire une vraie tournée malgré tout. Une tournée en européenne ?   Nous sommes en train de chercher une tête d'affiche avec qui tourner en Europe. Pour la France, je pense que l'on jouera en tête d'affiche et on cherche une première partie ! Pour l'instant, nous faisons quelques dates par-ci par-là en attendant. Je pense qu'une vraie tournée pourrait commencer aux alentours d'octobre, tout devrait s'éclaircir après notre date à Londres.  



Parlons un peu de l'enregistrement de cet album, comment cela s'est-il passé ? Les quelques bouleversements connus par Adagio et l'arrivée de Christian Palin ont-ils eu un impact sur votre travail ?

Tout s'est immédiatement très bien passé. Nous avons pris le temps d'aller jusqu'au bout de nos idées, d'expérimenter des choses. C'est rare de pouvoir se permettre de prendre notre temps, on en a donc profité au maximum pendant ces 3 mois.




Tu connaissais Christian depuis quelques années déjà, j'ai cru comprendre que vous l'aviez déjà rencontré auparavant mas que ça n'avait pas marché. Qu'est ce qui a fait que cette fois-ci, c'était le bon ?  

La première fois, on ne l'avait pas vraiment vu. Je l'avais eu au téléphone et il m'avait envoyé des enregistrements mais son accent n'allait pas du tout. Il était bien trop prononcé (pour info, Christian Palin est uruguayen), trop typé, et c'était trop délicat pour nous. Et puis, lorsque je l'ai rappelé suite au départ de Gus (Gustavo Monsanto, ex-chanteur d'Adagio), ça allait nettement mieux. Le fait d'être parti vivre en Finlande l'a obligé à parler différemment.



Es-tu satisfait du résultat, comment trouves-tu votre nouvel album?  

On en est très contents, il reste toujours quelques petites choses à améliorer mais pour ce qui du son et de la production, on sent une nette amélioration par rapport aux précédents.



Le changement de label y est pour quelque chose ? Et pour ce qui est de la promo ?  

C'est plus le changement de style qui nous a permis d'avoir ce son, le changement de direction n'y est pas pour grand-chose. Pour ce qui est de la promo, on n'est pas au niveau de celle qu'on avait pu avoir pour le premier album « Sanctus Ignis » mais on s'en rapproche.



Pour l'occasion, j'ai réécouté l'ensemble de votre discographie. On sent une nette évolution entre « Sanctus Ignis » et ce dernier opus. Cette nouvelle orientation était-elle voulue, ou cela s'est-il fait tout seul, au fur et à mesure ?  

Je pense que c'est l'influence de tout ce que l'on écoute, tout ce que l'on voit. Les choses évoluent et ça a forcément un impact sur la musique que tu fais. Ca n'était pas du tout prémédité, c'est venu tout simplement. Il y a eu une recherche de son différente. Cette année, on avait vraiment envie de faire quelque chose de heavy, de plus « rentre dedans » et laisser un peu de coté le prog' sans pour autant abandonner la partie orchestrale de notre musique.



Au niveau orchestral justement, l'enregistrement avec la chorale de Lyon avait apporté un petit plus pour votre premier album. Prévois-tu de remettre ça une nouvelle fois à l'avenir ? C'est encore faisable ?  

Oui, bien sur c'est toujours possible. Ca dépend juste de la vision que j'aurais de notre prochain album. Je ne sais pas encore dans quelle direction il ira, cela sera en fonction.



Tu as déjà une idée de ce que contiendra votre prochain album ? Tu penses rester sur la ligne de conduite que vous avez adopté ?  

Il commence à prendre forme dans ma tête, doucement, pour ce qui est du concept. La musique concrète suivra certainement un peu plus tard. Avec « Archangels In Black », je pense que l'on commence à trouver nos marques et on devrait continuer à s'exprimer dans ce registre.



Pour ce qui est de l'appréciation de votre nouvel opus, nombre de chroniques vous compare à des groupes comme Symphony X, entre autres, que penses-tu de tout cela ?  

(Petit instant de flottement)… Ce qui est certain, c'est que pour notre premier album, l'influence était marquée. Mais dès le deuxième, mis à part nos inspirations communes à Romeo (Michael Romeo, guitariste de Symphony X) et moi sur la musique contemporaine (John Williams entre autres), je ne trouve pas que notre style s'en rapproche vraiment. Nous avons inclus des sonorités plus extrêmes, de nombreuses orchestrations bien différentes des leurs, beaucoup plus sombres. Beaucoup de gens gardent en tête ce lien Adagio - Symphony X et malheureusement c'est difficile de se défaire de cette image. Alors effectivement, c'est très flatteur dans le sens où ce sont de très bons musiciens. Après, pour ce qui est de l'identité, je ne trouve pas qu'en écoutant « Archangels In Black » et n'importe quel album de Symphony X, on puisse y trouver un réel rapport.



Alors, à ce jour, pour ce qui est des groupes qui t'inspirent, tu as quelques noms à nous donner ?  

Pour cet album, on a beaucoup écouté le son d'autres artistes pour trouver ceux qui vraiment nous intéresseraient. C'est allé des productions de Colin Richardson à celles d'Andy Sneap pour les sons de guitare, donc tout ce qui est Nevermore, Machine Head, Lamb Of God… Mais s'il fallait citer une seule influence, ce serait Pantera. D'ailleurs, on a fait un petit clin d'œil à « Walk » sur l'intro de « Fear Circus ».



Parlons à présent du clip que vous avez tourné pour cet album, le premier de la carrière d'Adagio. Pourquoi avoir attendu le 4 ème album ?  

On ne voulait pas faire ça n'importe comment mais en ayant un minimum de moyens pour que ça rende bien, on a donc préféré attendre un peu. Tes impressions sur ce clip ?   (Sourire forcé)… Je le trouve cool mais ça n'est pas exactement ce que je voulais. Le mec qui l'a créé a voulu un peu trop le faire à sa sauce. Ca a été très compliqué de discuter avec lui. Il a d'abord fait un premier clip que j'ai trouvé carrément à chier. Je lui ai fait refaire de A à Z. On est ensuite reparti sur autre chose avec plus d'incrustations numériques et ce genre d'effets. Au final, je le trouve bien mais ça n'est pas encore ce que je voulais. On fera le prochain différemment. On emploiera plusieurs personnes à commencer par un cameraman qui fera ce qu'on lui demande ! Et puis, quelqu'un pour le montage numérique, certainement la même personne que pour « Fear Circus » qui assure énormément. On insistera vraiment pour trouver un cameraman qui filmera dans les plans que l'on veut avec le travelling que l'on souhaite pour que ça corresponde à notre vision des choses. C'est très frustrant.



Résultat moyen donc ?  

Non, je suis content parce que tout de même c'est un clip plus que correcte. Je suis juste un peu déçu par rapport à ce que l'on recherchait.



Quels sont tes projets pour l'avenir ? Tu nous as parlé de ce futur album, n'as-tu jamais eu envie de tenter l'aventure en solo ?  

J'ai plein de projets, mais pas assez de temps à leur consacrer. J'ai envie d'un album solo depuis très longtemps, j'ai déjà travaillé dessus mais je n'ai jamais pu le finir. Le temps défile tellement vite qu'il y a déjà le prochain album d'Adagio à composer.



Pour l'instant, Adagio est ta seule priorité ?  
Oui, Adagio a besoin de beaucoup de développement, parce que pour un groupe français c'est très difficile de se mettre en évidence sur le marché et cela nous demande le maximum et le meilleur album possible.



Tes ambitions pour les 5-10 ans à venir ?  

Nous voulons atteindre l'international au maximum, c'est l'objectif numéro 1. Nous voulons aller le plus haut possible, autant en France que dans le monde, faire le maximum même dans les moments difficiles.



Cette motivation, elle existe pour chacun des membres du groupe ?  

Oui, vraiment, sinon on n'y arriverait pas. Tout le monde fait énormément de compromis pour réussir. Mais surtout, ce qui fait que le groupe tient malgré les hauts et les bas, c'est le fait qu'on s'entende si bien. On peut partir n'importe où tous ensemble en étant certains que tout se passera bien. On est vraiment les meilleurs potes du monde. Ce qui n'était pas le cas avec le précédent chanteur.



Pour finir, j'aimerais que tu joues le VRP pendant 2 minutes et te faire vendre ton album. Qu'est ce qu'il a, selon toi, de plus qu'un autre ?  
Déjà, le fait que l'on ait ramené « l'autre taré » (Christian Palin) au chant est un très bon argument et un gros plus. Ca n'est vraiment pas comparable avec le précédent. Le truc vraiment cool, c'est tout simplement qu'il est intenable ! Là il a l'air tout gentil, tout calme mais sur scène il pète un câble. Et ça apporte beaucoup en concert ! D'un point de vue musical, le fait que l'on ait inclus des sonorités extrêmes dans un fond mélodique rend notre musique beaucoup plus vivante. On a essayé de mélanger ces deux registres sans pour autant tomber dans l'indigeste. Et enfin le fait que l'on fait vraiment ça avec notre cœur. On est investi dans chaque note que l'on joue et j'espère que cela se ressentira
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Le site  : http://www.myspace.com/adagioofficial


Interview réalisée par Xavier

 

 

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