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AKROMA

Interview réalisée par M@x Born le 18 avril 2017



Quatrième album pour les nancéens d'AKROMA, ce n'est pas rien. Black, sympho, prog se trouvent mêlés au sein d'un nouveau méfait métallique et ambitieux. Rencontre dans la cave sombre d'un bar parisien avec Matthieu MORAND, le géniteur, passionné et passionnant, de la bête, qui nous dit tout sur son dernier né.

UR : Revenons sur les retombées de "La Cène», quels en ont été les retours ?

Matthieu : Quand tu sors un album que tu penses abouti, c'est toujours difficile et paradoxal. Beaucoup de gens l'ont trouvé trop dense, trop lourd à digérer. On avait un concept avec encore plus d'invités qu'avant - si c'était possible (rires). Cet album dure une heure et quart, du chant quasi non-stop, il a été bien accueilli mais pas aussi bien que nous l'avions espéré. Il nous a permis tout de même de passer une étape supplémentaire, nous avons eu de gros invités, que ce soit le chanteur de MISANTHROPE, le chanteur de SETH qui n'est plus en activité.

Des collaborations qui t'ont fait plaisir

Oui c'est ça, un album avec des gens que l'on apprécie pour leur apport à la scène française. C'était, pour nous, un super challenge, douze apôtres, tous ces chanteurs invités. Nous avons su tirer les enseignements de tout ça.

Cette fois pas d'invités et un album un peu plus court

Les enseignements sont bien de revenir à un format plus court et aux bases de ce qu'AKROMA était au tout début avec une plus grande place laissée à la musique

Du coup sur les deux derniers albums ton line-up est presque stable, à un batteur près. Ça te rassure de travailler avec les même musiciens ?

Presque stable oui, c'est plutôt une bonne chose d'avoir réussi, avec Pierre-Yves et Laura en tous cas, à établir une relation entre personnes ayant envie de continuer à travailler avec nous, même si nous sommes des sales cons (rires). Thomas, le batteur, était tout à fait partant pour enregistrer si nous n'avions pas eu cette opportunité de travailler avec Dick Verbeuren

Tu nous parles de cette rencontre ?

C'est quelqu'un que nous connaissons depuis plus de vingt ans, il a fait une partie de sa carrière à Nancy, notamment dans SCARVE et notre chanteur a enregistré deux albums avec lui. Quand, à l'époque, j'étais au CMCN qui est devenu le MAI, il était déjà prof là-bas, il a joué sur mes évaluations de fin d'année et nous avions un goût commun pour le Thrash technique américain, il nous a invités, avec ELVARON, dans son émission de radio. C'est quelqu'un avec qui j'ai pas mal sympathisé, ça faisait pas mal de temps que l'on se disait que ce serait pas mal de l'avoir sur un de nos albums, je me demande si on ne lui avait pas déjà demandé lors du premier album et qu'il n'était pas disponible.

C'est en discutant backstage, à un concert de SOILWORK que je lui ai donné la démo de l'album en lui demandant s'il était branché de jouer dessus. Il savait que l'on faisait quelque chose de qualité car il suivait la carrière d'Alain. Sa première tournée avec MEGADETH n'était pas prévue mais il a tenu ses engagements, il avait envie de faire ce disque qui sort un peu de son registre habituel, ça lui permet de faire du blast, il a eu carte blanche et je pense qu'il s'est fait plaisir

Tu penses que sa présence va attirer un peu l'attention sur AKROMA ?

Oui, c'est inévitable, mais on le connait depuis tellement longtemps que ce n'est pas opportuniste, on l'a contacté avant qu'il soit engagé chez MEGADETH, c'était juste l'occasion de le faire et, indéniablement, on parle plus de nous. C'est aussi le premier album qui sort depuis qu'il est chez MEGADETH, ça compte aussi, ceux qui ne connaissent pas sa carrière vont s'intéresser à ses différents projets.

Et les concerts alors ?

Non, toujours pas, c'est toujours un projet studio, ce ne serait pas cohérent, à moins d'avoir une production avec des décors, des invités, un orchestre symphonique, Dick Verbeuren. Ce serait trahir le respect de ce que nous faisons

Tu as dit qu'il y avait moins de chant, c'est le premier album en anglais, pourquoi ce choix ? Cela vous permet-il d'être plus concis dans l'écriture des textes ?

L'écriture de Bob reste la même, il a une écriture prosaïque, il ne fait pas de rimes, quand nous avons retranscrit en anglais ce qu'il a écrit en français nous n'avons pas cherché à modifier. Je l'ai un peu bridé tout de même, c'était une directive que je lui ai fixée, je voulais que ça respire, des passages instrumentaux comme tu peux en trouver dans un album de COVENANT ou CRADLE OF FILTH.

Dans les albums que tu as à ton actif, il y a une sorte de fil rouge : la religion, la théologie c'est quelque chose qui te passionne ?

Je suis passionné par la religion au sens large, notre message n'est ni pro ni contre la religion. C'est juste une thématique qui nous permet de développer un certain nombre de concepts. On parle quand même de la Bible, un bouquin qui fait mille pages où un concept est possible à chaque page. J'ai un regard très détaché car je ne suis pas du tout croyant mais la religion, dans l'absolu, me fascine par rapport à l'emprise qu'elle a sur les gens depuis des millénaires. Ce que nous voyons dans l'Histoire de l'humanité est qu'à chaque période il y a une religion prédominante et qui veut imposer ses lois. Aujourd'hui, il y a une forte islamisation mais, quand on réfléchit aux huit croisades qui ont eu lieu entre le douzième et le treizième siècle, où Jérusalem était inaccessible à cause du trop grand nombre de corps de sarrasins, c'est un peu gonflé de s'en plaindre car nous avons fait la même chose. Attention, ça n'enlève rien au côté terrible, mais c'est plus ou moins ce que nous avons fait il y a huit cents ans aux musulmans.

On pourrait tout de même penser que l'humanité a un peu évolué en huit cents ans…

Oui mais la religion elle, n'évolue pas sur son public de base. Ça me fascine de voir que l'on peut arriver à tirer de La Bible de l'humanité, de la fraternité alors que l'on y trucide les uns et les autres

Un concept par album, ce n'est pas évident. C'est un défi que tu t'imposes ?

Je n'envisage pas de faire autrement, en fait, c'est juste ma façon de fonctionner. Quand je travaille sur un album, il me faut un fil conducteur, une histoire cohérente, quelque chose qui me parle et me permette d'écrire comme s'il s'agissait d'un film avec un début, un milieu, une fin

Justement, explique-moi le thème de cet album, Apocalypse

On évoque la fin du monde tel qu'on le connait, il est ravagé par les quatre éléments, l'eau, la terre, le feu et l'air, ce qui conduirait à la disparition des espèces animales et de l'espèce humaine. C'est la thématique développée sur les six titres, les quatre éléments, les animaux et la destruction de l'humanité

C'est ton quatrième album avec AKROMA, sais-tu faire le point sur le chemin parcouru ?

J'essaie de faire en sorte que cela soit cohérent et que chaque album soit une étape supplémentaire par rapport au précédent. Comme je te disais en début d'interview, nous avons pris en compte les retours que nous avons eus. Le trop plein des albums précédents, les critiques étaient fondées, trop d'investissement pour l'auditeur et la façon dont il aborde les albums aujourd'hui. Le premier album était vraiment en ligne de mire, il est l'essence du groupe, quelque chose d'assez aéré, un peu poétique, malsain, technique, progressif.

Et du coup, le chant en anglais ?

C'est une volonté claire d'internationalisation du groupe. Les gens ne comprennent pas plus ou mieux que ce soit en français ou en anglais le chant de Bob. Quand tu n'as pas le texte sous les yeux tu ne comprends pas. Pour un public qui serait en dehors de nos frontières, car nous avons la chance d'avoir une exposition et une distribution internationale, nous avons choisi l'anglais.

Tu as encore produit. Pour toi, est-ce un impératif ?

Non, si j'avais les moyens financiers de confier les manettes à quelqu'un d'autre, je le ferai volontiers. Avoir une oreille extérieure. Je l'ai fait sur certaines productions mais je n'étais pas satisfait, je suis peut être un maniaque du contrôle mais je me dis que je ne m'en sors pas si mal en produisant moi-même mes disques.

Les parties de batterie, est ce toi qui les as enregistrées ?

Non non c'est Dirk qui l'a fait et c'est vraiment cool d'avoir pu travailler comme ça

Ta prochaine étape est-elle de bosser avec un orchestre symphonique ?

C'est encore une fois une question de moyens : un orchestre minimum avec une vingtaine de musiciens, en tirant les prix à 150€ par musicien par jour, sur trois jours, ça fait 10 000 € de budget et je ne les ai pas. Ceci dit, la musique est composée de telle façon qu'elle pourrait être jouée par un orchestre, j'ai toutes les partitions séparées, la clarinette, le cor, les chœurs, c'est prêt.

Tu alternes les projets musicaux, LOUKA, LA HORDE, ELVARON, AKROMA, quel est le prochain dans ton agenda ?

Je suis sur un nouveau groupe de Neo qui s'appelle DUSK OK DELUSION (https://www.facebook.com/Duskofdelusion/) et on sort un premier album au mois d'octobre. Je le produis aussi et le concept est assez intéressant sur des personnages de fête foraine ou de foire, par exemple le lanceur de couteau schizophrène.



A suivre donc

 





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