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A P O C A L Y P T I C A

FEVRIER 2015, interview réalisée par Kzaf




A l'occasion de la sortie de son nouvel album « Shadowmaker », le groupe finlandais Apocalyptica était en promo à Paris le temps d'une journée. Mikko Sirén, batteur du groupe, a clôturé sa journée d'interviews avec votre serviteur, pour Ultrarock.

Ultrarock : Salut Mikko, comment s'est passée cette journée de promo en France ?
Mikko Sirén : Très bien ! Nous avons rencontré beaucoup de personnes qui se sont montrées très intéressées par la sortie de notre album. Le groupe et moi sommes très heureux de pouvoir en parler.

Et quels sont les premiers retours que tu as eus de « Shadowmaker » durant cette journée ?
J'ai l'impression que beaucoup de gens avait peur de nos choix musicaux et des sonorités de l'album après avoir découvert le premier titre (« Shadowmaker », titre éponyme) mais avaient finalement été séduits après avoir écouté le reste de l'album. Beaucoup semblent également avoir apprécié le gros travail sur l'ambiance que nous avons fait pour cet album. Globalement, j'ai l'impression que les retours sont plutôt positifs.

Et toi, que penses-tu de cet album ?
Je pense que c'est le fantastique résultat du travail d'une équipe tout aussi fantastique. Tout a été fait pour que ces quelques mois d'enregistrement nous permettent de donner le meilleur de nous-mêmes et de réaliser un disque à la hauteur de nos exigences. Cela fait trois ans que nous nous préparons pour ce projet, et nous sommes très fiers du résultat. Cela n'a pas toujours été facile et il nous est souvent arrivé d'avoir peur de ne pas parvenir à exprimer ce que nous voulions vraiment proposer au sein de cet album. La complexité des compositions, les orchestrations, l'ambiance globale du disque, nous voulions que tous ces éléments soient les plus fidèles possibles à ce que nous imaginions. Mais, au final, tout a été fait pour que nous puissions réaliser ce que nous avons entrepris dans les meilleures conditions qui soient, et sans nous soucier de tous les aspects les plus contraignants d'un tel projet. Cela nous a permis de nous focaliser sur l'essentiel : notre musique, juste entre nous, isolés de tout élément parasite et surtout avec une grande liberté. Tout cela nous a permis de fournir un travail énorme et de sortir cet album différent. Nous voulions aller vers quelque chose qui ouvre la voie à une musique différente. C'était une grosse pression et un grand pas à franchir que de réaliser ce que nous voulions exactement mais nous y sommes arrivés, et « Shadowmaker » est à la hauteur de nos attentes.

Es-tu intervenu dans l'écriture des morceaux de cet album ou ont-ils surtout été créés par certains membres d'Apocalyptica ?
Je suis toujours impliqué dans l'écriture de nos compositions, mais cette fois-ci cela s'est limité aux arrangements des morceaux. J'ai, autour de moi, Perttu et Eicca, qui sont des musiciens capables d'écrire les meilleurs morceaux qui soient pour Apocalyptica, alors j'ai préféré les laisser s'exprimer dans ce qu'ils savent faire de mieux et les accompagner, à ma façon, durant les arrangements. J'ai pu mettre ma petite touche sur chaque morceau de l'album.

Le fait d'être un batteur au milieu de tous ces violoncellistes n'est-il pas trop difficile à gérer ? Cela n'a-t-il jamais créé de fossé entre vous, question langage technique, par exemple ? Comment faites-vous pour trouver votre équilibre au sein de ce groupe ?
Je n'ai jamais ressenti de malaise vis-à-vis de ça. Ils sont tous très ouvert et m'ont toujours permis de m'exprimer pleinement. C'est vrai que j'ai eu un parcours un peu différent, mais je crois, justement, que ça apporte au groupe une autre vision des choses.

Eicca explique que vous aviez besoin des meilleurs pour réussir ce disque et que Nick Raskulinecz (producteur) était l'un d'entre eux. Il dit aussi qu'il était nécessaire d'être mis au défi pour réussir quelque chose de grand, et que cela avait été le cas pour vous dans cette collaboration. Qu'est-ce que cela veut dire ? Difficile de travailler avec un tel producteur ?
Non, pas du tout. Nick nous a permis de nous dépasser et de faire les meilleurs choix pour cet album. Il était exigeant, c'est vrai, mais toujours dans la volonté de faire s'exprimer le meilleur de nous-mêmes. Pour autant, il était plutôt cool, serein, et nous montrait, à chaque fois qu'il le pouvait, qu'il avait confiance en nous, qu'il croyait en nous et en nos capacités à fournir le meilleur travail possible. « Ayez confiance en vous, car moi, j'ai confiance en vous » nous disait-il souvent (« Trust in yourself, I trust in you »). Ça a été fantastique de pouvoir travailler avec lui. Il était aussi très à l'écoute, et s'assurait d'être toujours au plus près de nos aspirations pour cet album, tout en faisant le boulot pour que cette production soit la plus aboutie possible.

Pour cet album, vous avez fait le choix de ne collaborer qu'avec un seul chanteur, Franky Perez. Pourquoi lui ? Comment avez-vous fait votre choix ?
Il a fallu tout d'abord décider de ne collaborer qu'avec un seul chanteur, en effet, et c'est un choix que nous avons fait pour mener cet album dans la direction souhaitée. Nous ne nous imaginions pas arriver à un tel résultat en devant gérer les allers et venues de différents chanteurs invités pour faire un titre chacun. Comme je te le disais tout à l'heure, nous avions vraiment besoin d'être entre nous, sans aucun élément perturbateur, quel qu'il soit. Puis, pour faire notre recherche, on a fait passer le message autour de nous, en expliquant quel type de chanteur nous souhaitions inclure au sein de ce projet. Une vingtaine de candidatures sérieuses nous ont été proposées. Nous avons dû choisir quelques-unes d'entre elles et faire quelques essais pour, au final, approfondir notre recherches auprès de trois d'entre tous ces chanteurs à qui nous avons proposé de chanter sur nos compositions, mais avec un certain de degré de difficulté, en enregistrant leurs voix de la manière la plus naturelle possible, sans effets, ni réverb, ni backing vocals, pour vraiment n'entendre que le grain de voix que nous recherchions sans tous les artifices autour. C'était assez strict, mais, même dans ces conditions, Franky était impressionnant de maîtrise et de technique vocale. Il était capable dans la seconde même de mettre en pratique ce qu'on lui demandait et s'adaptait parfaitement. En plus de tout cela, c'est quelqu'un d'extrêmement drôle et intéressant. Il n'a pas fallu beaucoup de temps pour qu'il soit adopté par toute l'équipe.

Faut-il voir en lui le chanteur officiel d'Apocalyptica ? Ou reste-t-il un invité temporaire ?
Nous n'avons pas encore décidé ce qui adviendrait de cette collaboration dans le futur. Ce qui nous tient à cur pour le moment, c'est la sortie de cet album et la tournée qui suivra. Nous sommes très heureux de pouvoir partager tout cela avec lui. Nous nous poserons cette question plus tard.

Avec les années, Apocalyptica semble former un groupe de plus en plus « traditionnel ». A quand une guitare ou un clavier sur scène ?!
Je ne pense pas que tu puisses un jour voir une guitare ou un clavier sur scène avec nous.

Vous allez démarrer une longue tournée mondiale avec notamment de nombreuses dates aux USA avec Sixx:A.M. Comment se prépare un tel voyage ?
C'est beaucoup de chamboulements dans la vie familiale que de partir de cette façon, mais nous sommes très excités à l'idée de partir à la rencontre du public et de pouvoir jouer dans des endroits aussi différents. Nous formons une équipe soudée avec le reste du groupe, et prenons tout cela comme une chance incroyable de vivre des moments inoubliables entre amis. Nous préparons tous cette tournée en passant le maximum de temps avec nos proches pour être gonflés à bloc une fois que le moment de partir sera arrivé.

J'imagine qu'Apocalyptica tient une place importante dans ta carrière de musicien, mais y'a-t-il d'autres projets qui te tiennent particulièrement à cur ?
Tu sais, j'ai toujours essayé, dans ma vie, de manière générale, de rester ouvert à tout. Et dans ma carrière de batteur, j'essaie d'expérimenter un maximum de choses. Je suis issu d'une formation plutôt jazz mais je joue aussi pas mal de reggae et je me produis souvent avec certains DJs. Toutes ces choses-là m'enrichissent et je pense que je pourrais toujours m'améliorer et me faire plaisir tant que je garderai cette vision des choses et cette multitude de champs d'action. Mais s'il y avait un autre groupe qu'Apocalyptica à te citer parmi les projets qui me tiennent à cur, ce serait certainement Emigrate, où je joue aux côtés de Richard Zven Kruspe, le guitariste de Rammstein.


Interview réalisée par Kzaf


 





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