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D E W O L F F


Interview réalisée par Kzaf
 

Dewolff sort ce mois-ci « Thrust » ! Robin Piso (claviers) est avec Ultrarock pour nous en parler.

 


Ultrarock : Salut Robin, septième album pour Dewolff, déjà !

Robin Piso : Salut ! Oui, sans compter notre premier EP et notre album live, c’est effectivement notre septième album.

Et quel âge as-tu, rappelle-moi ?

27 ans. Mes deux acolytes, eux, ont 23 et 25 ans. On a commencé très jeunes à jouer ensemble.

Et à l’époque, vous pensiez déjà en arriver où vous en êtes aujourd’hui ?

Non, pas du tout. Nous jouions juste pour le fun. Quand les deux frangins (Pablo et Luka Van de Poel, respectivement chanteur/guitariste et batteur du groupe) m’ont proposé de venir jouer avec eux, j’étais ravi de pouvoir le faire, et nous ne pensions qu’à jammer sans se poser plus de questions que ça.
L’idée d’enregistrer notre premier EP n’est même pas vraiment de nous, on nous l’a très rapidement proposé. Et puis, tout est allé très vite. Quelques passages TV, notre live au Paradiso d’Amsterdam, de très beaux concerts…
C’est notre goût pour la « vieille » musique malgré notre jeune âge qui nous a beaucoup inspirés. Pink Floyd, The Doors, Led Zeppelin, Deep Purple et bien d’autres sont les fondements de notre jeu et de nos compositions. Et puis, avec cette base-là, on a beaucoup travaillé sur notre son, que l’on veut très complet, avec quelques touches soul mais aussi plus rock US (Black Keys, Black Crowes…). C’est donc une musique qui sonne un peu old school mais qui se veut aussi très actuelle.
Dans les années 60, il y a eu un sacré paquet d’excellents albums, créés par des musiciens exceptionnels, mais qui ne pouvaient compter que sur leur talent instrumental. Aujourd’hui, on a tellement de possibilités, tellement de matériel dans un studio pour pouvoir explorer le son et lui donner la teinte la plus précise que l’on souhaite !

En commençant si jeunes, c’est assez dingue d’imaginer que vous ayez pu tous les trois grandir en évoluant dans la même direction dans vos goûts et dans vos choix artistiques…

Oui, on est vraiment chanceux.
Je comprends ce que tu veux dire, mais tu sais, on s’est justement rencontrés tellement jeunes que nos vies se sont construites ensemble. Nous écoutions les mêmes choses et découvrions tout ensemble.
Si nous nous étions rencontrés maintenant, ça aurait été certainement plus difficile. Nous serions des personnes bien plus différentes en ayant grandi chacun de notre côté.
Depuis toujours, tous les trois, nous savons ce que nous voulons pour notre musique et nous avons les mêmes objectifs parce que, justement, nous avons grandi ensemble.
Pour ce dernier album, nous avons commencé son écriture en Janvier 2017 et nous n’avons pas eu besoin de nous concerter, de discuter ou de réfléchir à un éventuel concept autour duquel nous aurions voulu élaborer cet album. On a simplement commencé à jammer comme on aime le faire et l’inspiration est arrivée comme cela.
Le fait de nous connaitre tous les trois sur le bout des doigts nous a permis de comprendre très vite où chacun de nous voulait emmener cet album et chacune de ses chansons.

Tu es le plus vieux de la bande, c’est ça ?

Oui, quand nous avons commencé j’avais 17 ans, ils en avaient 13 et 15…

Dans ces âges-là, un petit écart, même d’une seule année, peut tout changer en termes de maturité, de centres d’intérêts, etc, etc… Tu n’as jamais senti un fossé entre toi, presque adulte, et eux deux encore bien ancrés dans l’adolescence ?

Non, honnêtement, je n’ai jamais eu ce sentiment. Je ne les ai jamais considérés comme des « gamins », on a toujours été d’égal à égal. C’est très étrange, je sais, mais dans un groupe comme le nôtre, on est juste trois frères, tous au même niveau, sans aucune notion de hiérarchie.

Comment expliques-tu que vous ayez déjà sorti sept albums en si peu de temps ?

On ne vit que pour la musique ! Tout s’est toujours fait très naturellement. On ne s’est jamais forcés ou contraints à sortir un album tous les ans ou à travailler d’arrache-pied pour avancer encore et encore.
Nous arrivons à tirer profit et inspiration de la grande quantité de musique que nous écoutons et de notre soif de découvertes qui ne s’arrête jamais.

Vous venez tous les trois des Pays-Bas, et il y a quelques années de cela, tu disais que le microcosme de la musique et du rock n’était pas très florissant dans ton pays. Et maintenant ? C’est toujours le cas ?

Non, ça a changé !
De nouveaux groupes ont beaucoup apporté à notre pays et notre musique depuis. Mais, avec beaucoup d’humilité, je pense que DeWolff fait partie de ces groupes qui ont initié quelque chose dans notre pays. Mais il y a encore beaucoup de choses à faire.

En France, on n’est pas bien en avance non plus, bien loin de la culture rock allemande par exemple. Où est ce que tu situe la Hollande dans tout cela ?

L’Allemagne est un pays très particulier vis-à-vis de la musique et plus particulièrement du rock. Ils ont une sacrée longueur d’avance et une culture rock/blues très ancrée. Je pense que les Pays-Bas sont un peu entre les deux, mais je ne s’en suis pas certain.
C’est assez drôle de voir qu’en France, notre public est plutôt jeune, alors qu’en Allemagne on a plutôt affaire à des gens d’un certain âge. En Hollande, tout dépend des endroits et des villes où on joue, mais j’ai l’impression que ça touche un peu tout le monde, un peu de tous les âges, peut-être parce que nous avons un peu plus de notoriété chez nous.
Le jeune public français, je l’adore. On le sent enthousiaste et plein d’énergie. C’est un peu plus dur de sortir les « vieux » allemands de leur torpeur et de leur écoute attentive.

A propos de votre son, de votre style, il a visiblement beaucoup changé depuis le début, passant du psyché au rock opera, puis à du southern rock… Et aujourd’hui ?

Nous voulions un son bourré d’énergie et rock’n roll dans le sens noble du terme. Nous avons beaucoup travaillé sur les fondements de notre son en studio, sur les harmonies, l’impact des mélodies et le mariage de chacun de nos instruments. Il est clair que nous ne sommes plus dans un délire de rock opera, nous voulions avoir un impact plus direct, plus moderne, plus hi-fi. Nous voulions donner à chaque morceau sa propre dimension musicale, sans s’enfermer dans un style en particulier.

Avez-vous déjà commencé à tourner pour promouvoir cet album ?

Oui ! Et ce ne qu’est le début ! Nous jouons un peu partout en Europe jusqu’à la fin de l’année. On se produira notamment à Londres le 15 mai prochain, puis en Allemagne, au Danemark, en Belgique etc, etc… En France, nous jouons le 7 juillet à Saint-Médard (Jalles House Rock), le 20 juillet à Villenauxe-la-Grande (EcoRockaldo’s) et en octobre à Paris, Nancy et Mérignac.

Quels espoirs as-tu pour la suite de la carrière de DeWolff ?

Conquérir le mondre ! (Rires)
Nous voulons garder ce sentiment d’apporter quelque chose au public qui vient nous voir jouer et qui écoute notre musique.
Nous aimerions beaucoup aussi jouer et tourner aux USA, un pays qui nous a énormément inspirés dans tout ce que nous avons écrit et composé. Pour l’instant ce n’est pas encore prévu, mais nous avons bon espoir pour 2019.

Kzaf

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