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H O L I S P A R K


Interview réalisée par Aidan N. LeFloch le 6 Février 2018
 
Journée promo pour HOLISPARK au Dr. Feelgood des Halles à Paris. Pour la sortie de leur album "Sonic Bloom", Kévin Stahl (Guitare) et Maxime Mouquet (Basse) ont accepté de répondre aux questions d'Ultrarock.
 

Ultrarock : Pour tous ceux qui ne connaissent pas encore HOLISPARK, vous pouvez vous présenter ?

Maxime : Avec plaisir ! Holispark est un groupe de rock alternatif, composé de cinq membres : Kévin et Nico à la guitare, Roch à la batterie, Manon au chant, et moi-même, Maxime, à la basse. On vient de Lille, on est formé depuis 2015, et depuis 2016 en quintette.

UR : Vous avez choisi de chanter en anglais, et on pourrait vous prendre, sans problème, pour un groupe anglo-saxon, voire californien. Est-ce qu'il faut aller chercher vos influences là-bas ?

K : On a tous des influences différentes qui viennent interagir avec notre musique. On a cette culture du son US, du gros son américain, des gros riffs qui envoient, super produits. C'est de la musique qu'on adore. Le fait que rien n'est laissé au hasard, tout est super bien travaillé. J'ai commencé la musique parce que je voulais faire comme Nirvana. Quand j'étais gamin, mon rêve était d'aller habiter aux Etats-Unis. Bon ça a un peu changé aujourd'hui [RIRES]. C'est vraiment la culture américaine qui influence pas mal de pays dans le monde, et là aussi, directement.

UR : Un EP intitulé "The Harvest" sorti en 2016, une série de concerts sur les plus belles scènes du nord de la France, et HOLISPARK est déjà de retour avec un nouvel album, un LP cette fois-ci, "Sonic Bloom". Dites-donc, vous n'avez pas chômé depuis vos débuts !

M : C'est vrai qu'on se bouge pas mal parce qu'on a envie de faire ça et qu'il n'y a pas de temps à perdre. En fait, la raison de tout ça, c'est d'aller faire des concerts et, pour nous, la finalité, c'est d'aller en faire sur des maxi belles scènes, d'aller jouer dans des endroits hyper cool dans le monde. Donc il faut qu'on se bouge maintenant.

UR : Le premier extrait, annonciateur de "Sonic Bloom", est une reprise d'un titre d'Imagine Dragons, "Believer". Comment choisit-on une reprise ?

K : Pour Imagine Dragons, ce qu'on a tout de suite aimé dans leur son, c'est la puissance. Dès l'intro, on en prend plein la gueule. C'est vrai que c'est le genre de truc qui nous parle. Rock, une manière de jouer qui est très puissante, on s'est très vite retrouvé là-dedans. En plus de ça, c'est un son qui était très largement diffusé sur toutes les radios. Donc on s'est dit : "Allons-y !". On sait qu'on doit aller chercher notre public et, du coup, c'était tout choisi. Imagine Dragons, c'est un groupe dont on entend de plus en plus parler depuis deux ou trois ans et qui continue toujours à surprendre tout le monde, à chaque fois qu'ils sortent un disque. Ce sont des gars hyper balaises.

UR: En parlant de public... il est comment le public français ? Il a la réputation de ne pas être très rock…

M : Ouais, je pense qu'il n'est pas très rock. Il y a une scène rock mais que tu vas retrouver surtout dans des lieux dédiés. C'est pas dans n'importe quel caf'conc’ que tu vas contenter un public rock. Dans les lieux dédiés, ça marche très bien, car c'est un lieu de rencontres. Et comme le rock reste une chose assez communautaire, il y a toujours un public rock partout. Il faut juste le trouver.

K : Et pour compléter la réponse de Max, le public français n'est pas actuellement, et depuis quelques années, habitué à entendre du rock. Et on a été surpris quelques fois, d'accrocher des gens, dans des lieux et des évènements qui ne s'y prêtaient pas forcément. Je pense que c'est surtout ça, il n'est pas habitué.

UR : C'est quoi l'univers HOLISPARK ? Qu'est-ce qui vous tient suffisamment à cœur pour en parler dans vos chansons ?

M : Je parle pour Manon, car c'est elle qui écrit les textes. C'est l'idée de ne rien lâcher dans ce que tu veux faire. Et que finalement, si tu te donnes les moyens de ce que tu as envie de faire, qui peut être conséquent, en fonction de tes objectifs, tu peux y arriver. Il faut juste se donner... enfin il faut juste, c'est un petit mot pour une grande action ! Juste se donner le mal nécessaire, et aussi apprendre de ses erreurs. Et dans tes erreurs, tes mauvaises expériences qui arrivent, toujours trouver les choses qui te font avancer, et te font grandir sur un plan personnel. En fait, ça parle de vie et de continuité, d'expériences, d'essayer de grandir en tant qu'être humain. Dans ce monde où, justement, on est trop sollicité par la morosité, par des faits d'actualité qui sont hyper sombres, mais qu'on met peut-être trop en avant. C'est de se dire : « Il y a un bon côté des choses, dans tout ».

UR : En fin d'année 2017, vous avez signé chez Send The Wood Music. C'était un passage obligé pour la sortie de ce nouvel album ? Pour voir plus grand ?

K : On a toujours eu la volonté d'aller défendre notre musique partout où c'était possible. C'est sûr qu'en avançant et après avoir proposé cet album, l'envie grandit. On avait encore plus envie de s'exporter, de peaufiner encore plus notre son. Et, du coup, on a eu la chance de réussir à convaincre Sound The Wood, notre label actuellement, de collaborer avec nous. C'est sûr que pour nous, cela nous apporte de la confiance, parce qu'à notre échelle, peu de groupes arrivent à être signé et à convaincre. Tout seul, auto-produit, avec nos petits bras et nos petits moyens, ça a été très rassurant. Et en plus, cela nous apporte beaucoup de crédibilité dans le milieu pro. Tout nous fédère récemment, les radios, cette journée promo aujourd'hui, le label, le fait de travailler avec des personnes qui ont de l'influence, des contrats, les gens commencent à réaliser qu'on ne fait pas ça pour déconner. Nous sommes très sérieux [RIRES], mais pas trop quand même. On sait déconner ! [RIRES]

UR : 2018 est annoncée comme une année à succès, pour les personnes créatives. Est-ce que vous sentez que c'est le bon moment, pour conquérir le monde ?

M : Sincèrement, oui ! J'ai l'impression qu'on n'a jamais été autant enthousiastes, et autant motivés. On l'était déjà avant, mais là on est vraiment, tous ensemble, à cinq, sur une onde extrêmement bonne. On sait où on veut aller tous ensemble, et je pense que ça peut être cool cette année, avec ce nouvel album qu'on défend vraiment fièrement. Ça peut être l'année, car on est super motivé.

K : Depuis qu'on a commencé ce projet, chaque petite interview, concert, retour qu'on a eu, les gens sur Facebook, ont nourri notre motivation, et du coup, ça ne fait que grandir. Et là, en cette période, la sortie de l'album, on l'attend depuis des mois car il est prêt... On fulmine depuis trois, quatre moins ! On a envie de le faire écouter à tout le monde ! Mais c'est vrai qu'on a le sentiment que les planètes s'alignent, tout doucement. Elles ne s'alignent pas toutes seules, on les pousse un peu aussi. Il y en a qui bougent toutes seules. Mais toutes les conditions commencent à se réunir pour que ce soit plus facile, et toutes les collaborations se débloquent.

UR : C'est quoi le rêve le plus fou d'HOLISPARK ?

M : C'est d'avoir un jet privé par personne [RIRES]. Non ! Ce serait tout simplement de pouvoir vivre avec le groupe. De pouvoir partir en tournée dans des endroits cool, des salles cool. Faire des albums qu'on a envie de faire. Et de pouvoir remplir notre frigo avec tout ça. Vivre tous les jours avec le groupe, ce serait excellent !

K : Faire un maximum de dates et partager notre musique avec tous ceux qui veulent. Parce que le live, on y est vraiment attaché. C'est le moment où on échange avec notre public, et c'est là qu'on va chercher un nouveau public. C'est vrai que l'échange et le plaisir qu'on a sur scène, c'est ce qui nous anime... à passer des heures à répéter, à composer en studio, à dépenser notre énergie, notre argent, à soulever des montagnes, quoi !

UR : Maintenant que "Sonic Bloom" est sorti, quels sont les prochains projets d'HOLISPARK ?


M : Je pense que le schéma sera assez traditionnel, dans le sens où on a fait l'album, il est sorti. Là on va aller le défendre le plus loin possible. On est sur le début de la tournée, on a quinze concerts sur huit semaines. Donc on va être bien occupé ! On va essayer d'aller jouer aussi aux Pays-Bas...

UR : Vous allez descendre un peu du nord aussi ? [RIRES]

K : C'est le but aussi ! Etant dans le nord de la France, on a beaucoup plus de facilités d'accès aux pays limitrophes : la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, et même l'Angleterre, qui ne sont pas si loin que ça. On aimerait bien s'exporter, c'est quelque chose qui prend du temps. Aussi à l'étranger, et donc aller jouer dans quelques endroits, faire parler de nous, pour qu'on revienne un peu plus tard, avec une vraie tournée, qu'on soit accueilli par des gens qui nous attendent.

M : Ce qui nous branche, ce sont les pays nordiques. J'ai l'impression....Je n'y ai jamais joué, c'est juste une impression ! Mais il y a un public rock, qui est vraiment plus actif.

K : Rock, Metal, il y a tellement de bons groupes qui viennent de là-bas ! On a le sentiment que l'accueil serait très chaleureux, que notre musique serait très bien reçue.

UR : Un petit mot pour vos fans, vos futurs fans, les lecteurs d'Ultrarock ?

K : Ecoutez notre album ! Parlez-en à vos amis ! Et surtout, quand vous l'écoutez, fermez les yeux et ressentez ce qu'il y a à ressentir dedans. Parce que ce ne sont pas juste des morceaux, des notes, des textes, des paroles, des idées... Ce sont des émotions, des sentiments, on vous envoie plein de positivité. Et nourrissez-vous de ça, de nos idéaux ! Si ça peut vous aider à trouver la force, l'énergie, de vous dépasser dans vos projets.

M : Et une dernière chose : bougez-vous aux concerts, tous les concerts ! Parce qu'en France, même si c'est pas très médiatisé, heureusement que vous êtes là pour le faire. Il y a plein de super groupes, de rock ou autres, qui existent et qui ne sont pas diffusés mais qui font plein de concerts. Allez soutenir tous ces artistes, ils le méritent amplement. Et faisons vivre les artistes locaux, indépendants, parce que ce n'est pas parce qu'on est petit que l'on fait de la petite musique !

K : Je terminerai sur une citation de Manon : "les soirs de concerts, trouvez la force de sortir de votre canapé et de ne surtout pas céder à la tentation de Netflix and chill, sous votre plaid et devant la cheminée, à mater des séries. Sortez, bougez, allez soutenir la scène locale !"


Aidan N. LeFloch

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