ARTEFACT    interview réalisée par V.

Plutôt difficile de définir la musique d'ARTEFACT tant le mélange est riche. Comment la qualifieriez-vous vous-même ?
Je pense que nous sommes assez d'accord avec le qualificatif « Black-Metal Fantastique » bien que ce soit réducteur, et que ça veuille tout et rien dire. À vrai dire nous sommes influencés par beaucoup de choses, certaines se trouvant assez éloignées des frontières du Metal comme les musiques de films, ainsi que de nombreux éléments extra-musicaux, comme l'Histoire, la littérature... Par conséquent il est difficile d'aligner tous ces éléments sous une seule et même dénomination.
Je dirais même que l'intérêt qui réside dans notre musique n'est pas d'où elle vient, sa source, ses influences etc… mais ce qu'elle suggere à l'auditeur. Il ne s'agit pas de faire du black-metal ou autre chose stricto sensu, mais de faire voyager l'auditeur comme nous pouvons voyager lorsque nous jouons ces morceaux. Apres a chacun sa sensibilité et son interpretation

La comparaison avec IN FLAMES pour le côté extrême et mélodique vous dérange-t-elle ?
C'est vrai qu'on peut retrouver des points communs entre le « vieil » In Flames, époque Jester Race et certains éléments d'Artefact. Mais nous n'avons pas grand chose à voir avec les sorties récentes, qui sont plus orientés puissance sonore et rythmiques syncopées.

« Magic Spellcraft » est votre second album. Quels sont les évolutions majeures qui existent entre ces deux albums ?
Hormis l'arrivée d'un nouveau chanteur, on peut y discerner une approche plus orientée vers le Grandiose, l'Epique. Certains éléments comme les chœurs et les synthés étaient déjà présents sur le précédent mais ils prennent une place bien plus importante. L'impact suggestif en est d'autant plus fort. Et puis il y a, en toute logique, une plus grande cohésion générale, qui s'est construite au fil des concerts et du travail que nous effectuons ensemble, et qui d'une certaine mesure se ressent sur la réalisation globale de l'album

Vous êtes du sud de la France, on sait comme il est difficile de s'en sortir dans notre pays, pensez-vous que de ne pas être plus proche de la capitale est un handicap ou un atout ?
Je pars sur le principe qu'il vaut mieux être grand dans un petit espace que le contraire. Du coup il est plus simple de se faire remarquer et de participer à l'activité musicale régionale. Tous les groupes se connaissent ici, et il y a une forte cohésion car la scène Metal est toute petite mais nous avons tous une forte volonté de s'en sortir. Et il semble que ce soit une bonne optique puisque des groupes de la région commencent à laisser une empreinte dans la scène nationale. Je pense à Kragens, Sikh, Spheric Universe Experience….sans compter tous les groupes qui bossent pour s'en sortir !


Vous partagez votre label avec AABSINTH excellent groupe de Death Atmosphérique de St Etienne, pensez-vous qu'un concert en commun serait envisageable sur la capitale dans un avenir proche ?
On aimerait bien, dans la capitale ou n'importe où d'ailleurs. « The Loss of Illusions » est un excellent disque, j'ai vraiment accroché. Mais comme on le sait tous, monter des dates est une vraie sinécure en ce moment. Enfin j'espère rencontrer les musiciens un de ces jours au détour d'un concert pour qu'on puisse envisager ça sérieusement.


Vous préparez actuellement le successeur de « Magic Spellcraft », pouvez-vous nous en parler un peu ? Une petite exclusivitée pour les lecteurs d'Ultrarock ?
Ce qu'on peut dire à l'heure actuelle c'est que le prochain album sera plus brut, plus proche de « Son of Solstice ». Il ne s'agit pas d'une régression, mais on a envie de revenir vers quelque chose de plus « essentiel », de plus efficace mais ce sera bien sur tout aussi technique, avec des ambiances travaillées. Du Artefact quand même donc.

V.