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KLONE

Interview réalisée par Aidan N. LeFloch le 28 Janvier 2017

Crédits photo: Vincent Sannier


À l’occasion de la sortie du nouvel album de KLONE, "Unplugged", le 17 février, Guillaume Bernard (Guitare) a accepté de recevoir Ultrarock, juste avant leur concert au Temple Protestant à Rochefort, qui ouvre leur tournée française.

Votre sixième album "Unplugged" sort le 17 février...
En fait avec les deux EP, je crois qu'on en est rendu à 8 !

Est-ce qu'il y a toujours et encore, un stress, une pression, avant la sortie d'un nouvel album ?

De moins en moins en fait ! C'est déjà arrivé par le passé, sur les premiers disques, quand on n'était pas trop sûr de ce qu'on faisait. Au fur et à mesure du temps, une fois qu'on a enregistré, on n'a plus cette appréhension. On l'a eue un peu sur "Here Comes The Sun", car il y avait un virage musical assez flagrant par rapport à ce qu'on faisait avant. Il y avait une ouverture plus mélodique et on s'est demandé comment les gens allaient percevoir la chose... Parce qu'on avait calmé les distorsions et que KLONE à la base, c'est un groupe de metal. Au début, il y avait du growl, du chant hurlé, qui a disparu au fur et à mesure qu'on avançait. Il y a toujours des influences rock dans notre musique, mais avec "Here Comes The Sun", c'est vraiment devenu du rock progressif. Du moins, ça a été catalogué comme tel ! Sur notre nouveau disque, nous avons surtout réarrangé d'anciens morceaux, enregistré différemment. Aujourd'hui on n'appréhende pas plus que ça, on a déjà eu l'occasion de tester le son auprès de notre public, qui a plus ou moins validé le produit. Le premier titre "Immersion" que nous avons balancé sur le net, a été bien accueilli. Et on sait déjà ce qui va se passer dans la presse, vu que tout le monde est à donf dessus... encore plus que le précédent qui avait déjà été très bien noté dans les magazines.

Vous avez un peu plus de quinze ans de carrière, c'est ça ?

A peu près ! On a commencé en 2000 et le premier album est sorti en 2003.

Comment passe-t-on du death metal à un album acoustique ?

Au départ, KLONE était vraiment metal. Sur le premier album, la dernière track est un morceau complètement acoustique. C'était la première fois qu'on faisait ce test. Il y avait vraiment un chant clair, zéro batterie, zéro arrangement. C'était très nu ! Les morceaux sont majoritairement composés à la folk. Donc c'est un retour à notre façon de composer, à la base de la structure même du morceau. Pour nous ce n'est pas si différent que ça ! Par exemple, avec "Immersion" qui ouvre "Unplugged", certaines personnes n'arrivaient pas à rentrer dans la musique d' "Here Come The Sun" avec la distorsion, et sur "Unplugged", avec la même compo, c'était beaucoup plus accessible. Ma grand-mère, 86 ans, préfère le disque électrique au disque acoustique [Rires] C'est rigolo ! Chacun a sa perception de la musique.

Comment est venue l'idée de faire un album...

Débranché ?

Oui c'est tout à fait le mot que je cherchais ! [Rires]

L'année dernière, notre tourneur Guillaume Reveillon, nous a proposé de faire deux dates, en ouverture de la chanteuse hollandaise, Anneke Van Giersbergen. On aimait bien ce qu'elle avait fait avec The Gathering. On a été un peu sous pression, avec très peu de temps pour mettre en place un set. Avec Armelle, qui bosse en duo avec Matthieu Metzger, notre saxophoniste habituel, on a fait des essais qui ont été concluants très rapidement. Tout s'est fait naturellement ! On a fait quatre jours de résidence, voir ce qui fonctionnait et ne fonctionnait pas, et après, on a foncé tête baissée et fait la première date à la Maroquinerie à Paris. On n'a jamais été autant stressés ! Pourtant, on a fait pas mal de dates depuis le début du groupe et c'est rare qu'on soit stressés pour un évènement, même gros. Mais là, on était à nu, à jouer dans un environnement inhabituel. Au deuxième morceau, on a senti le public qui applaudissait très fort, et qui est monté en pression au fur et à mesure. On était surpris par l'accueil ! Du coup, à la fin on s'est dit, c'est obligé, il faut qu'on fasse un truc !

Pourquoi être venus au théâtre de la Coupe d'Or à Rochefort, pour enregistrer ce "Unplugged" ?

Christophe Pineau (directeur du service des musiques actuelles de Rochefort) nous a envoyé un message pour nous proposer l'ancien théâtre italien de la Coupe d'Or. On a dit oui très rapidement, le temps de tout synchroniser pour l'enregistrement, l'équipe technique qui venait de Nancy, l'équipe qui filmait et qui venait de Paris. Être dispo en même temps, c'est chose rare ! C'est quand même 10/12 personnes en tout. Ça nous a donné l'élan pour aller jusqu'au bout du projet ! C'était la première fois qu'on enregistrait tous ensemble, en live. Ça a duré deux à trois jours maximum. D'habitude on met à peu près six mois pour faire un disque. Mais là, c'était vraiment un autre travail car on connaissait déjà les morceaux. Ça a fait du bien d'accoucher de quelque chose de plus spontané ! On a pu faire des captations vidéo qui sont vraiment très réussies et qui vont sortir au fur et à mesure. C'est la première fois qu'on sort un disque où tous les clips sont déjà prêts [Rires] On est plutôt contents de ce côté-là !

"Unplugged" est un album de reprises piochées essentiellement dans "Here Comes The Sun" et "The Dreamer's Hideaway". Comment avez-vous fait votre choix ?

On a pioché dans les deux derniers disques. On voulait revoir d'autres morceaux plus anciens mais il y avait le facteur temps, qui a fait qu'on s'est limités. Donc on a pris ceux qui fonctionnaient le mieux sur notre répertoire actuel.

Vous avez fait aussi une reprise de Depeche Mode, "People Are People". Pourquoi ce morceau en particulier ?

Bizarrement, il n'y a personne de particulièrement fan de ce groupe. J'aime bien les derniers albums, mais je ne suis pas très fan de ce qu'ils faisaient dans les années 80. Ce n'est pas du tout ma culture et c'est pareil pour les autres. Et on a vu un jour, une reprise du morceau "People Are People", par Elise Caron, passée sur Arte. Yann était tombé dessus par hasard et nous l'a montrée. Donc on est parti plutôt sur la base d'une reprise, que de l'original, qui est vraiment très typé d'une époque. On a vraiment accroché sur les mélodies des voix et les textes résonnent toujours d'actualité aujourd'hui. On l'a rendu plus triste que la version originale, qui était très dansante. C'est la troisième fois qu'on fait une reprise. D'abord sur l'album "Black Days" avec "Army Of Me" de Björk, qui avait très bien fonctionné à l'époque et qui nous a ouverts à un autre public. Puis "Summertime" sur l'album "Here Comes The Sun", plus acid jazz. Un petit trip qui nous a fait bien plaisir ! C'est un exercice qu'on aime bien faire, parce que c'est toujours intéressant de plonger son nez dans une compo et d'y apporter sa touche perso.

Parlez-nous du morceau "The Silence Field of Slaves" ?

Ça date de l'été dernier ! On avait plusieurs idées et on a fait en sorte que ça se tienne bien. Le fait qu'il n'y ait pas de progression, avec une batterie, on a voulu quelque chose qui s'écoute facilement. On est plutôt contents de ce morceau... et ça faisait aussi une petite fraîcheur. Ça me dérangeait quand même un peu, de faire un album avec que des anciens morceaux. Il fallait un peu de nouveauté, pour montrer qu'on savait toujours composer ! [Rires]

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le line-up de KLONE aujourd'hui ?

Normalement on est six ! La formule qu'on a en live aujourd'hui, va évoluer aussi. Il y a un percussionniste qui sera là sur des dates, un violoncelliste sur une date à Paris. On n'a pas envie de faire la même formule à chaque fois. Donc un batteur va nous retrouver sur la tournée. Il n'évolue pas avec nous habituellement mais c'est un ami, qui est très bon pour jouer des choses beaucoup plus fines. On a eu le temps de faire des répètes avec les différentes personnes qui vont nous rejoindre plus tard et ça l'a fait.

Quels sont les projets après "Unplugged" ? D'autres surprises ?

On se concentre sur la France, on sort le disque au mois de février. A l'étranger, la tournée va commencer à la rentrée, avec des dates en Allemagne, Angleterre... pour la Hollande, c'est déjà calé sur la première partie de l'année. On est aussi restés en contact avec le groupe israélien avec qui on avait fait des dates en Australie. Donc il y aura des dates qui se feront peut-être en Israël. On a déjà fait une première annonce de concerts et on va annoncer le reste très prochainement. On est aussi dans l'optique de faire un nouvel album qui sortira... je ne sais pas trop quand encore. On a de la matière de côté et on ne sait pas encore comment ça va se terminer. Il risque d'y avoir un retour à quelque chose de plus gras, dans les guitares en tout cas. Après ça restera assez proche du style qu'on pratique. On aime bien toucher à des palettes d'émotions différentes. Maintenant on sait qu'on peut faire de l'acoustique aussi bien que de l'électrique. C'est de nuancer tout ça et de faire quelque chose de cohérent. On sait qu'il va falloir qu'on avance rapidement aussi, car mine de rien, le temps passe vite ! L'album branché est sorti il y a deux ans, en 2015, donc si on sort un nouveau disque, ce sera en 2018... C’est bien d'avoir un écart de deux ou trois ans !


Aidan N. LeFloch

 





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