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L'ESPRIT DU CLAN

Propos receuillis par Emmanuelle Neveu le 22 avril 2016




Après les studios de Bry sur marne où ils ont tourné leur clip « rat des villes », c'est dans leur élément urbain, au studio Luna Rosa à Paris, que nous retrouvons ce soir Ben de l'Esprit du Clan (EDC pour les intimes) en vue de la sortie le 15 avril 2016 chez VERYCORDS de « chapitre VI » leur sixième album qui frappe fort, très fort !

Debout depuis 1995, en break depuis 4 ans, je suis ravie de vous retrouver pour cet opus qui a bien failli ne jamais voir le jour. Pourquoi ?

On s'était rien dit, on s'est séparé sans que cela soit définitif. On s'est juste arrêtés à force et à cause de trop de déséquilibres, humainement parlant. L'évolution musicale du groupe était là et on restait acteurs de la scène métal française avec des concerts et des sorties d'album tous les 2 ans et demi environ. Chemin faisant, les envies sont devenues différentes et on a commencé à être trop extrêmes entre nous. On n'a pas su réagir à temps et avons préféré arrêter avant que cela se ressente à travers notre musique. On en avait parlé un an auparavant, ce ne fut pas une surprise. C'était réfléchi.

Pourquoi « Chapitre VI » s'est il finalement fait ?

Certainement parce qu'on a pris le recul nécessaire, ce qui n'aurait pas pu se faire avant. Ce n'est pas la crise de la quarantaine (pas encore). Ce temps a été bénéfique à la reconstruction du groupe. On peut éviter les erreurs d'appréciation à présent. Ceci dit, on est toujours restés en bons termes, on continuait à se voir mais sans faire de musique ensemble. Ce temps de break nous a permis de nous épanouir dans d'autres domaines. Il fallait recréer l'envie.

Qu'êtes-vous devenus pendant ces cinq années ?

Nicolas BASTOS a continué son groupe DEEP IN HATE et Clem, bassiste, a poursuivi chez HANGMAN's CHAIR depuis un bon bout de temps d'ailleurs. Avec Arsène, on a œuvré pour son side-project « Parisian Walls ». Pour ma part, je me suis arrêté après le studio. On repartait de zéro et l'envie me manquait, je m'étais tellement investi dans EDC avec des moments forts dans nos vies, je ne me voyais pas recommencer les concessions de débutant à trente piges passées. Après on a vécu nos vies « sans musique ».

Vous avez composé ce « chapitre VI » rapidement ?

Oui en deux mois et demi, on est parti de la copie blanche. Pour ma part, je n'ai pas touché une guitare pendant quatre ans et je n'ai pas écouté de musique de notre style. Je suis arrivé novice avec des oreilles fraiches, sans influence involontaire. Un retour aux sources et à l'essentiel. On a travaillé de septembre à novembre une fois par semaine pour composer ces treize morceaux. On n'a pas voulu de chichis et nous voulions être directs, sans passer des heures à peaufiner. Des titres tels que « Mélasse » ou « Rat des villes » rappellent la mécanique habituelle à EDC. Tout part d'un riff de guitare puis on met la batterie car on compose sur ordinateur. Le texte intervient plus tard.

Le line up actuel est un peu modifié ?

Oui, Shiro est parti. Il a développé son activité dans le sport, ce qui a toujours été son truc. Clem se consacre à HANGMAN'S CHAIR, qui lui correspond mieux. Ils ne composaient pas dans le groupe et se sont retrouvés à devoir peut-être jouer des trucs qui ne leur convenaient pas. Le noyau dur n'a pas changé c'est toujours Arsène, Chamka, Nicolas et moi. Julien (de THE PRESTIGE, groupe post-hardcore) a remplacé Clem mais on n'a pas pris de deuxième chanteur car Arsène a toujours tout écrit. L'exercice de chanter seul pour lui est nouveau.

Comment avez-vous recruté votre bassiste Julien ?

On a rencontré Julien par hasard, on est restés confidentiels sur cette recherche d'un vrai bassiste, en espérant surtout une rencontre humaine, ce qui est le cas. J'ai beaucoup travaillé avec lui et il a appris très rapidement les morceaux. Il a même enregistré, ce qui n'était pas prévu au départ.

Les textes sont toujours en français ?

Oui, on est français, on est directs, et en français ça ne peut pas être plus direct ! Nous sommes un groupe revendicatif, les textes sont actuels et sont forcément le reflet de ce que l'on vit, de ce que l'on ressent, des actualités…c'est un condensé d'introspection et de constat d'urgence amer ou positif, ensuite c'est la forme d'expression qui varie. Plus poétique comment avant ou métaphorique comme sur ce dernier album.

Pour un groupe « coup de poing » comme le vôtre, la pochette est minimaliste, pourquoi ?

On a estimé que, pour cet album là et de la manière dont il a été élaboré, on avait envie d'une pochette neutre et nous ne souhaitions pas « vendre » notre image. On l'a déjà fait sur des thèmes variés, cela implique de donner une couleur à ton album et au contenu. L'auditeur se fait une idée avant d'écouter. Pour « Chapitre VI », on voulait quelque chose de neutre pour aller à l'essentiel…la musique.

Pour reprendre une expression as-tu « mal à ta France » ?

Oui, bien sûr, mais ce n'est pas nouveau. Je ne suis pas un patriote mais j'adore mon pays. Je mets une barrière avec un certain investissement qui ne m'intéresse plus. En ce sens, j'ai « mal à ma France ». Les mentalités occidentales évoluent, il n'y a pas qu'en France. De notre côté, on arrive à exprimer tout ça à travers la musique. « L'hymne au silence » est représentatif de cela. Il est si facile de parler sur tout par n'importe quel réseau de nos jours que la force est aujourd'hui de se taire et de garder tout pour soi. Il y avait plus de pudeur et de lucidité il y a quelques années.

Comment envisages-tu l'avenir du groupe ?

L'album est sorti, on a envie de jouer et ce qui nous manque c'est la scène à présent, repartir en tournée et visiter de nouveaux pays. Plus on pourra diffuser ce qu'on fait, plus on sera heureux.

Emmanuelle NEVEU

 





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