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MALEMORT

Interview réalisée par M@x Born
le 02 juin 2017, au Hard Rock Café Paris




Souvenez-vous, en décembre 2016 nous avions invité le groupe MALEMORT dans nos studios. Ceci, afin de soutenir le remarquable et remarqué album "Ball Trap". Alors, pourquoi faire de nouveau une interview, me direz-vous ? Simple : un label bien insipré a eu l'excellente idée de distribuer depuis juin ce bel ouvrage musical. Direction donc le Hard Rock Café pour honorer à nouveau et comme il se doit, un groupe au futur prometteur.

UR : le bon accueil reçu par votre précédent album a-t-il généré une pression supplémentaire pour celui-ci ?

Xavier (chant) : oui, bien sûr, il a été album du mois chez Rock Hard, la Grosse Radio, Hard Force, tous ont bien aimé l'album. Remarque, je n'ai pas besoin de ça pour me mettre la pression, c'est terrible. En même temps , la vertue du premier album est que les fondements de ce qu'est Malemort y étaient déjà présents, la diversité musicale, l'équilibre rock/metal, le chant en français. Personne ne peut nous dire que nous sommes en train de dévier, la liberté est déjà sur le premier album. S'affirmer tout de suite, c'était bien, c'est une chose liée à notre expérience de musiciens, à ce que nous avons fait avant Malemort. Dès le début, je savais ce que je voulais proposer. Donc pression, oui, mais aussi liberté.

UR : c'est la preuve que tu es sur le bon chemin, donc ?

Xavier : oui, c'est ça, ça m'a conforté sur une proposition musicale qui ne plaisait pas qu'à moi. Ca pouvait paraitre un pari un peu risqué, mais notre option, différente, a été bien accueillie.

UR : le concept de "Ball Trap", l'époque évoquée, le vocabulaire employé, c'est réfléchi depuis longtemps ?

Xavier : ça s'est un peu imposé à moi, j'aime bien cette époque, plein d'autres aussi, ceci dit. C'est une période avant gardiste artistiquement parlant. Dans ces années vingt, musicalement, sur le plan littéraire, de la photo, du cinéma, tout est permis, tout est essayé, tenté. C'est ce que pourrait être le Metal, s'il le voulait, c'est un genre anti conformiste qui parfois se met lui-même des barrières. Je ne pourrais pas uniquement perpétuer une tradition comme certains groupes, même si j'ai tout de même un côté très conservateur. J'adore l'histoire du metal, ses différentes chapelles, ses légendes.

UR : le chant en français pérpétue tout de même une certaine tradition en voie d'extinction

Xavier : j'ai fait hurler Arno Strobl l'autre jour en lui disant que tous ces groupes des années 80 je ne les connaissais pas, je sais les nommer, les années où ils ont officié, mais je n'ai jamais écouté autre chose que quelques titres par-ci par-là. En tant que fan qui a vécu ça, il était scandalisé et pensait que cela avait pu être une de mes influences ou que je voulais relancer le truc alors qu'en fait, pas du tout. J'ai le plus grand respect pour la place de ces groupes dans l'histoire du metal français mais moi, je suis un gosse des annés 90.
De mémoire, il y a un numéro de Hard Force où il y a un dossier spécial années 80 sur H Bomb, Sortilège, Vulcain, Adx et le journaliste les descendait tous, disait que les prods étaient pourries, que c'était ridicule, c'était mon premier contact avec le métal donc, quand tu lis ça, l'envie n'est pas d'aller écouter ces groupes (rires). Et puis, à l'époque, pas d'internet pour aller vérifier.
Deux raisons m'ont donné envie de chanter en français : déjà, je ne suis pas totalement bilingue et je fais des lieux communs comme tout le monde et j'ai une vénération pour la langue française. Surtout, je viens du Rock, j'écoute de la variété française, j'écoute le Polnareff des années 70, les paroliers faisaient des textes magnifiques, Noir Désir et Eiffel ont une valeur immense, c'est un phrasé non reproductible sur du metal, par contre, qui n'est pas assez souple pour un débit élevé de mots.

UR: ce que tu fais dans Malemort n'est pas facile, il y a une impression d'urgence dans tes lignes de chants.

Xavier : ça fait partie, peut être, de ma propre urgence, de ma personnalité. C'est ma sincérité qui transparait, je chante pour le meilleur et pour le pire (rires)

UR : apparemment pour le meilleur car cet album, sorti en décembre, est encore mis à l'honneur dans la presse nationale

Xavier : dans Rock Hard, on est encore album du mois, il y a une double interview, le rédac en chef m'a demandé de parler de mes préférences d'albums dans une sélection d'albums, c'est une proposition vraiment sympa. Rock One a fait une super chronique aussi, fait une interview, une session photo.

UR : ça te semble fou tout ça ?

Xavier : oui complètement

UR : qu'est ce que cela vous apporte en plus ? Cela déclenche-t-il des choses ? Je pense à votre date au Divan Du Monde avec 6:33 et Acyl où plein de personnes ont repris vos paroles

Xavier : des gens que je ne connaissais absolument pas, c'était vraiment agréable. Nous avions déjà joué avec Acyl et 6:33 mais là, c'était le lancement du nouveau spectacle de 6:33, cette exposition a peut être joué un rôle quant à notre présence sur l'affiche. Ca a bien fonctionné.

UR : le label Season Of Mist s'interresse à vous, tu m'expliques cette opportunité ?

Xavier : Jusqu'à maintenant, depuis décembre et avant, pour le premier album, j'ai géré toute la promo pour privilégier le contact personnel et c'est difficile. Là, pour le coup, ça me donne l'impression d'être en fin d'année scolaire et de raccrocher mon cartable. Nous avons sorti l'album en fin d'année tout seuls et avons été cités dans les référendums de plein de magazines ou de webzines. C'est l'éditeur Les Editions Hurlantes, Nicolas qui nous a contactés et, comme il est en relation avec Season Of Mist, cela s'est fait par ce biais. Je savais qu'il avait aimé l'album mais aussi le concert au Divan Du Monde

UR : il y avait du beau monde ce soir là, d'ailleurs

Xavier : oui, et ça met la pression, il ne faut pas décevoir. Aujourd'hui, pendant cette journée de promo, j'ai rencontré des gens connus, des gens inconnus, des personnes qui nous déjà vus deux, trois fois et qui, visiblement, ont bien aimé.

UR : comment va la tendinite de Séb (guitare) ?

Xavier : il a vraiment eu de gros gros ennuis, a fait plein d'examens, cela le taraudait, cela se règle progressivement. Il est là depuis le début et maintenant qu'il y a des choses à dire, des choses importantes, il ne peut pas. Ce n'est pas simple, il a pu avoir une vision un peu cynique des gens, penser que certains fonctionnent par opportunisme, avoir une vision un peu sombre des choses, il a pu se demander si devant la difficulté nous ne prendrions pas un autre guitariste alors que, pour moi, ce n'est pas concevable. Si je dois lui faire jouer du biniou pour continuer à jouer dans Malemort, il jouera du biniou. A la rentrée, tout devrait aller mieux.

UR : des dates, donc, à venir ?

Xavier : oui, nous avons déjà des dates de programmées à Paris et en province. Peut-être des gros festivals mais on verra, de toute façon, il faut tourner. Depuis l'écroulement des ventes de disques, les gros groupes, ceux qui étaient là avant, trustent la place car ils ont un public fidèle et acquis. Il y a plein d'autres groupes en France qui ont des trucs à dire et qui ne se contentent pas de ramasser les miettes. Un moyen de passer au niveau supérieur, c'est d'être présent sur les gros festivals ou de se greffer sur des tournées avec une vraie tête d'affiche en adéquation avec notre style, il faut être prudent sur ce point. Des groupes comme Loudblast ou Mass Hysteria jouent ce rôle-là. Le tour support, dans certaines limites, est incontournable. Les labels ne faisant plus de développement, il faut se débrouiller tout seul.


Le site de Malemort : http://www.malemort.online/

M@x Born

ci dessous les vidéos de l'émission Ultrarock du 18 décembre :







 





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