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P A T  O' M A Y

JANVIER 2015, Propos recueillis par Mr. Bout et Mr. Bloube



Pat O'May, guitariste chanteur, aujourd'hui quinquagénaire, participe à la scène métal française depuis ses débuts dans les années 80 avec le groupe rouennais Marienthal. Il a sorti fin 2014 un huitième album solo, à la fois heavy-rock et symphonique. Après avoir participé aux projets d'opéra-rock Anne de Bretagne et Excalibur, du compositeur nantais Alan Simon, Pat a collaboré avec Martin Barre de Jethro tull, des musiciens de Barclay James Harvest, Fairport Convention, Tri Yann, Gilles Servat, Alan Stivell et compose régulièrement pour l'émission Thalassa.

J'avais eu un énorme coup de cœur pour son disque précédent, Celtic Wings, sorti en 2012, décoction de ses racines et influences (de Deep Purple aux sœurs Goadec en passant par l'immense Stivell). C'est à son hôtel parisien que nous avons retrouvé le plus breton des guitaristes normands d'origine irlandaise (ouf !), afin d'aborder sa vie, son œuvre, ses projets et, accessoirement, son dernier album Behind The Pics et la tournée qui va avec. Soit un (long) moment riche artistiquement et humainement car le bonhomme, non content d'être un musicien sensible et éclectique, se révèle un gars franchement sympathique, humble et porté sur la conversation.

Malgré les aléas techniques (l'enregistreur ayant raté une partie de l'interview), voici la teneur de cette agréable rencontre qui omet donc quelques considérations artistiques (parce qu'il y en eut beaucoup) et des passages de pommade à la brosse à reluire (parce que nous avons complimenté et que nous étions installés près de la cireuse électrique de l'hôtel). Un compte-rendu qui fait l'impasse sur l'endorsement chez Lâg et le modèle signature (parce que cette interview s'adresse aux mélomanes avant les guitaristes et toc !) mais qui fait la part belle aux sources d'inspiration et à l'homme derrière ses médiators...

Ultrarock. Salut Pat, première question : Behind The Pics, pourquoi ce titre ?
C'est un titre qui est vachement ouvert, en fait. L'idée c'était de dire « qu'est-ce qu'il y a derrière la première image, comment ça ce passe, qu'est-ce qu'il y a ? » Les choses ne sont pas monolithiques, elles sont très complexes, tout l'album est basé là-dessus, notamment les textes où l'on essaye toujours d'avoir deux sens, voire trois sens, cachés de façon à ce que les gens puissent développer leur imaginaire là-dessus. « Pics » c'est « images » mais c'est aussi « médiators », donc derrière le médiator, qu'est-ce qu'il y a ? Sur cet album, j'ai voulu vraiment mettre le chant beaucoup plus en avant, c'était aussi une façon d'aller vers ça. Il y a donc un double jeu de mots.

U : Quels sont les principaux thèmes des paroles ?
Tu prends, par exemple, le premier titre, On The Moor, c'est un texte qui parle de quelqu'un qui s'est construit dans la vengeance. On va dire que des gens de sa famille ont été tués, massacrés dans le passé et ce type est resté bloqué là-dessus : il faut que je me venge… Tout le texte veut dire, en fin de compte, venger ne sert à rien, ce n'est pas comme ça qu'on va évoluer, ce n'est pas comme ça qu'on va construire un monde meilleur. Donc le texte est là-dessus : ne pas aller vers la vengeance mais aller vers le pardon, sans sens biblique…

U : Ces trucs-là étaient prémonitoires ou quoi ? (rapport aux récents attentats parisiens).
J'aurais bien aimé qu'ils ne le soient pas ! Non, ce sont des thèmes qui sont en phase avec l'actualité qu'on a depuis… très longtemps, depuis des dizaines et des dizaines d'années. Tu vois, le deuxième texte, qui est No Religion, est un texte qui parle du coté néfaste des religions et des dogmes en général. La spiritualité ne me gène pas. Ca ne me fait rien que les gens puissent croire en Dieu, Allah ou… Chupa Chup. Ils peuvent croire en tout ce qu'ils veulent, tu vois. Je pense que la religion du Chupa Chup serait moins dangereuse ! Il y a peu de chance qu'on fasse un truc très dogmatique avec ça… On a tous une spiritualité, qu'on le veuille ou pas, après quand ça devient des religions, ça mène à ce qu'on vient de voir, ça mène à ce que le monde chrétien a fait il y a 400 ans, et puis t'as à peu près la même chose dans toutes les religions donc c'est des textes qui parlent… Globalement j'essaye de regarder la société et voir comment elle évolue. Il y a un morceau qui s'appelle Breakout qui est à propos de quelqu'un qui est enfermé dans un hôpital psychiatrique et on finit par se poser la question « qui est vraiment enfermé ? ». Est-ce que c'est lui qui est enfermé ou les gens qui sont dehors qui ne veulent pas entrer dans son monde ? C'est un peu compliqué mais l'idée est de cet acabit là. Tous les textes parlent de sujets de société et de comment la société évolue depuis ces vingt dernières années où on a une évolution qui est assez… remarquable.

U : Le premier titre que j'ai diffusé dans l'émission est l'instrumental Michael's Calling. Alors, qui est Michael Price ?
Ah ! Michael Price c'est mon grand pote ! C'est un copain irlandais, on peut pas se gourer, avec la voix… C'est un peu mon Emile Jacotey à moi (Jacotey fut un paysan, maréchal-ferrand haut-saônois, conteur, qui inspira en 1975 au groupe progressif Ange son album le plus vendu, ndlr). C'est un type qui a 73 ans, qui a une vie incroyable : c'était un prof d'université à Oxford, après il a enseigné aussi en Amérique du Sud, il a un parcours complètement phénoménal. On a enregistré ça un soir, pendant que j'étais en train de composer l'album dans un gîte que me prête sa copine… Je l'ai invité à manger, j'ai foutu un micro et puis on a discuté jusqu'à très, très, très tard dans la nuit et c'était génial parce qu'il m'a expliqué plein de choses de ce qu'il a vécu. Il a vécu l'Irlande du Nord quand ça pétait avec l'IRA, l'armée anglaise… Lui n'a jamais été impliqué dans l'IRA mais connaissait beaucoup de gens qui y étaient et il décrit des situations autour de ça. La phrase qui commence le morceau – qui est une histoire de beuverie –, tout le début est une situation dans laquelle ils se sont retrouvés : ils étaient en train de picoler, comme les irlandais savent très bien le faire, il fallait qu'il rentre chez lui et à ce moment-là, c'était le bordel dans la rue, il y avait des tirs, les anglais cherchaient des mecs de l'IRA, ils se demandaient comment ils allaient pouvoir rentrer chez eux… Puis le reste des textes est un peu plus politisé, on apprend des choses…

U : Ce qui a retenu mon attention sur ce titre, c'est son aspect très mélodique. Je t'ai parlé de mon gros coup de cœur pour tes reprises de Stivell…Ce qui m'avait frappé, c'est que tu reprennes sans dénaturer ni plagier. L'impression était d'entendre un musicien reprendre des morceaux qui le touchaient émotionnellement lui-même…
Bien sur, avec Stivell, en plus maintenant ça commence à être une vieille histoire. On est amis depuis très longtemps et moi j'ai toujours été fan de ce qu'il faisait. Quand je suis arrivé en Bretagne, un des premiers mecs que j'ai rencontré, c'était lui ! Tu rencontres quelqu'un dont tu admires le travail, après tu découvres que tu a as une personne bien derrière le travail… Et je pense que si ce medley te fait cette impression-là c'est que je suis vachement en empathie avec lui. Il a un talent que je n'ai pas, évidemment… C'est un mec qui est toujours en mouvement. Quand tu es en mouvement, tu va avoir des choses plus ou moins réussies mais au moins tu restes pas statique. Il n'est pas question de faire un deuxième Celtic Wings, je l'ai déjà fait… Evidemment, t'as des liens entre tout ça parce qu'on ne peut pas se refaire… Oui, je pense que le medley, c'est cette histoire-là.

U : Comment composes-tu ?
Comment on fait pour composer, c'est toujours une question assez mystérieuse. Personnellement, j'essaye de me mettre dans un état d'esprit où les choses vont m'arriver « comme ça », ça vient de je ne sais où… Ca vient probablement de tout ce que t'as vécu avant, de rencontres avec des gens, de paysages que t'as vus, toutes ces choses qui vont t'influencer. Et moi, ce que je fais, lorsque j'ai envie de composer, je me dis « je vais commencer à telle heure »… Des fois, il ne se passe rien et des fois, il y a quelque chose qui arrive mais je pense que les idées arrivent quand tu te mets dans l'état d'esprit de les recevoir. C'est pas simple à expliquer mais pour moi c'est comme ça que ça se passe. C'est rare que je prenne la guitare, je joue et qu'il y ait un truc qui me plaise et puis « whaou ! je vais le développer ! »… Ca peut arriver aussi mais c'est plus : j'ai envie de parler de telle chose, j'entends un truc dans ma tête qui arrive et comment je vais le développer, comment je vais le faire. Pour que les choses arrivent, il faut que je sois dans un état d'esprit que j'ouvre, que je m'ouvre au maximum, que je sois à l'écoute de tout ce qui se passe autour de moi et là, il y a des choses qui viennent. Pour moi ça se passe comme ça, pour d'autres ça sera différent.

U : D'où vient ton inspiration musicale ?
Ben l'inspiration, elle vient de toutes ces choses-là. Ca peut venir d'un son de guitare, ça peut venir d'un livre, d'un film que j'ai vu, d'une personne que j'ai rencontrée, d'un paysage, de l'actualité, de tout… Je prends souvent cet exemple-là : si, par exemple, tu joues de la guitare, tu es fan de guitare, tu travailles ton instrument six heures par jour (au début, c'est ce que j'ai fait, rassure-toi je ne fais plus ça !)… Au bout de six heures tu prends un petit sandwich et puis tu vas regarder des vidéos de guitariste, après tu vas te coucher et tu vas t'endormir et rêver que tu es en train de faire de la guitare… Après tu prends ta guitare et tu te dis « je vais composer » mais que vas-tu raconter ? T'as rien à raconter ! Tu vas raconter des histoires de guitariste puisqu'il n'y a que ça que tu connais… Il faut essayer d'ouvrir son horizon et d'écrire sur ça, ça, ça, ça, ça… Ce qu'il va falloir c'est s'ouvrir et aller, justement, même vers quelque chose que t'aimes pas ! Moi c'est ce que je fais, tu vois dans les musiques. Je viens du métal, c'est ce qui m'a choppé quand j'étais gamin, le hard rock et je me suis vite aperçu que si j'écoutais que du métal, j'allais faire la même chose que mes potes, donc à quoi ça sert ? Et en plus je le ferais en moins bien donc ça sert à rien ! Donc pour moi… ce que je me suis dit c'est si je veux avoir quelque chose qui soit plus au niveau de mon identité et ben faut que j'essaye d'intégrer de la musique celtique, de la musique arabe et puis d'aller puiser dans plein d'autres registres pour essayer de faire quelque chose qui soit un peu plus personnel.

U : L'évolution de ton style, guitaristique et de composition, tu la décrirais comment ?
C'est vachement dur, c'est la question la plus dure ! C'est la question où les disquaires s'arrachent les tifs !

U : Je ne parle pas du rayon de la FNAC dans lequel on va te trouver mais de comment tu te sens évoluer en tant que musicien ? Consciemment, qu'est-ce que tu cherches à faire évoluer ? Y a–t-il quelque chose vers quoi tu tends ?
Vers quoi je tends, c'est d'essayer d'être de plus en plus personnel, faire une musique qui me ressemble le plus possible et je pense que dans cet album-là, c'est une première grosse étape : c'est l'album le plus personnel que j'aie jamais fait, tu vois, qui ressemble le plus à ce que je suis aujourd'hui. Oui, je pense que c'est vraiment l'idée d'aller dans cette direction-là.

U : Ce qui nous a le plus frappés, c'est cet esprit d'ouverture musicale, de métissage. C'est une opportunité artistique dans laquelle tu t'es engouffré parce qu'elle t'a plu, c'est un créneau qui est visé ou quelque chose de plus profond ?
C'est juste l'extension de ce que j'essaye de vivre dans ma vie. J'utilise la musique pour juste exprimer ce que je suis dans ma vie hors musique. Je pense que le monde - et là on est malheureusement dans des périodes archi sombres là-dessus - ne peut marcher que si… Il faut aller cohabiter avec l'autre. Tu pourras que te réconcilier avec ton ennemi, ton ami, tu peux qu'être d'accord avec lui… Pour moi, on est tous différents et c'est pour ça que ça va marcher, ça va être dur, personne n'a dit que ça allait être simple, la preuve en est, mais on avance, on avance (« c'est une évidence, on n'a pas assez d'essence », ndAlainSouchon) et on finit par se retrouver dans la logique où, de toute façon, on va être obligés de cohabiter. Donc si je traduis ça musicalement, c'est pour ça que je mélange toutes ces influences, toutes ces choses-là. Sinon, je ferais un album de blues, voilà, ou de hard rock ou de shredder. Tu restes dans ta chapelle, tu ne communiques pas avec les autres, pour moi c'est un reflet de cela, pas aussi violent, bien sûr mais ça n'est que le reflet de la façon dont j'aborde la vie.

U : Ca vient avec l'âge ?
Je suis comme ça depuis que je suis tout petit ! Même Marienthal c'était déjà ça… Marienthal était un groupe hard rock, à la base, mais si t'as l'occase d'écouter, tu verras que personne ne faisait ça. C'est peut-être pour ça que ça n'a pas marché (rires) !

U : Ca a eu son petit retentissement quand même…
Ouais, j'en suis même super surpris : tout le monde m'en parle, c'est assez marrant. En fait, ne pas être dans une chapelle, c'est mon privilège ! C'est vraiment ce que je veux être, ne pas être catalogué dans un truc, ça me fait jouir !

U : C'est emmerdant pour être classé à la FNAC…
Ouais ! C'est emmerdant… c'est un plus long travail mais voilà, ça fait le huitième album, j'en vis depuis trente ans. Je vis de ma musique depuis trente ans, c'est juste génial !

U : Aujourd'hui, tu vis correctement de ta musique, malgré le contexte de chute des ventes de disques ? Qu'est-ce qui te fait manger, c'est les tournées ?
C'est un ensemble de choses parce que j'ai plusieurs flèches à mon arc ! Les ventes de disques, ça représente plus grand chose maintenant en termes de caillasse… Par contre, je suis intermittent du spectacle, on est dans un pays qui a la chance d'avoir ce régime-là donc ça aide quand même beaucoup ! Il y a les musiques que je fais pour Thalassa, après je fais quelques masterclasses par-ci par-là mais très peu, je ne suis pas dans ce réseau-là (à chaque fois que j'en fais, je me dis « putain, j'adore » et donc j'en fais avec grand plaisir mais ce n'est pas une activité que j'ai développée). Là, je suis en train d'écrire la musique d'un docu-fiction sur 14/18 qui va sortir cette année, des musiques de films, reportages. Les concerts, évidemment, les participations que je fais à droite à gauche, avec Martin Barre. Et, avec tout ça, bah j'arrive à vivre correctement de mon métier. Enfin, je ne suis pas riche, mais vivre de sa passion, c'est quand même vachement bien donc ça va, je ne suis vraiment pas à plaindre !

U : Tu le défends sur scène, l'album, bientôt ?
Ouais ! On commence les répètes la semaine prochaine. Toute la difficulté va être d'adapter tout l'album pour quatre sur scène. Evidemment, l'orchestre ne sera pas là… Je pense qu'on jouera (avec des bandes) On The Moor, c'est sûr, l'autre (Little Big Horn, autre titre enregistré avec le New Symphony Orchestra de Sofia, auquel j'ai reproché dans ma chronique d'être surchargé de nappes de claviers alors que ce sont de vraies cordes, honte sur moi ! - ndlr) on le jouera peut-être, ça va dépendre… Il faut que je trouve la façon de le produire, il y a toujours la possibilité de le faire en premier rappel, seul avec la bande son, mais visuellement c'est peut-être pas forcément le pied. Faut qu'on trouve un truc, peut-être avec James (Wood) en soutien aux claviers, à voir. Mais, en tout cas, la première date est le 20 février et puis après on est en tournée en mars à côté de Rouen. Après, on a une tournée avec Pat McManus (ex-Mama's Boys - ndlr) : on a monté un truc qui s'appelle Irish Rock Guitar Night. On joue tous les deux une heure - une heure et quart, avec nos groupes, et après on se retrouve pour jouer des reprises de Gallagher. On ne passera pas par Paris parce que je vais y jouer à la Boule Noire le 5 mai pour l'album et ç'aurait été difficile de faire une date avant (au risque que l'une des deux se ramasse). Ensuite, j'irai dans l'est de la France et une date en Allemagne. Mais je pense qu'on va remonter une tournée un peu plus longue à l'automne ou l'année prochaine, on verra. Pour l'album, à Paris donc en mai, et on fait toutes les grosses villes de Bretagne, il y a les festivals cet été et après, aux mois d'octobre, novembre, on repart en tournée dans le reste de la France, Suisse, Allemagne, Belgique, Hollande, Angleterre.

U : En quatuor, donc…
Oui, avec le bassiste Christophe Babin (l'agenda de Jonathan Noyce étant très chargé, notamment avec Archive en ce moment), Christophe Rossini, le batteur de l'album, un « tueur » complet, James Wood qui fait guitare acoustique, claviers, un petit peu de guitare électrique et chant et moi-même !

U : Ultrarock sera là à la Boule Noire, c'est sûr, pour chroniquer le concert.
Super !

U : Une question sur ton label, Keltia : il y a un ou deux ans, j'ai entendu dire qu'il était moribond, que s'est-il passé ? C'est relancé ?
Bien sûr ! Alain (Le Meur, patron de Keltia Musique - ndlr) a en fait simplement coupé la branche distribution qui était malade. Il avait anticipé (c'est un visionnaire, ce mec !) l'évolution du business et donc, il y a dix ans de ça, Keltia qui était monolithique, il l'a splitté en boîte d'édition, boîte de production, boîte de distribution. La boîte de distribution a forcément coulé parce que les ventes ne sont plus ce qu'elles étaient et puis, il y avait deux-trois commerciaux sur la route et aujourd'hui, tout le commerce se fait par Internet, donc t'as très peu de commerciaux qui vont dans les magasins de musique puisque, de toute façon, c'est des chaînes, donc ça sert à rien. Il a essayé de sauver les meubles, sauver les emplois tant qu'il pouvait et puis, au bout d'un moment, c'était plus possible donc, en fait, il a juste coupé cette branche-là. Ca survit et je peux te dire que Keltia est une boîte qui a zéro euro de dette !

U : Pour revenir sur les influences musicales… Je l'ai écrit plusieurs fois donc je voulais te poser la question : Pendragon, Nick Barrett ?
Alors, Pendragon, ça c'est un mystère parce qu'en plus il parait que physiquement on se ressemble un petit peu ! (rires)

U: (Rires) Ah ben un petit peu ! Soit c'est lui qui te ressemble de plus en plus soit c'est toi…
(Rires) On grossit en même temps, c'est ça le plan !

U : Il n'y a pas que la physionomie, même la façon de sourire !
(Rires) Ouais, ouais, et du coup j'suis allé voir parce que je ne connaissais pas, moi, Pendragon (c'est vrai ça ? - ndlr), et donc ça peut pas être une influence parce que je ne connaissais pas… Je pense, par contre, que, forcément, on a des influences communes et, ce qui serait très drôle, par contre, ça serait de se rencontrer et même de faire une date ensemble !

U : Certaines sonorités de guitare et particulièrement sur la voix, sur le phrasé, sur les couleurs vocales, moi, ça m'a marqué !
Et tu n'es pas le seul !

U Tout à l'heure, tu disais que tu avais voulu mettre l'accent sur le chant un peu plus…
En fait, je suis chanteur depuis toujours (dans Marienthal c'était moi le chanteur) et j'ai jamais dissocié la guitare du chant et puis je me suis aperçu que, petit à petit, la guitare avait pris vachement plus d'importance. C'est très drôle, sur cet album-là, sur les chroniques ou sur les interviews, tu vois, ça m'est arrivé plusieurs fois où des mecs me disent « alors ouais, là tu t'es mis au chant ! ». Et là, t'es vert ! Tu dis « attends, les mecs, ça fait huit albums où je chante et vous vous en rendez compte seulement maintenant ! ». Ca me fait rire, ça ne me choque pas… Je pense que la différence, c'est que je voulais vraiment mettre l'accent sur le chant. Des guitaristes, il y en a plein, des chanteurs il y en a plein mais des mecs qui font chant-guitare, il y en a déjà un peu moins… C'est deux facettes qui m'intéressent et j'avais envie de développer un peu plus, effectivement, la facette du chant, sans que ça soit au détriment de la guitare… Simplement, c'était l'envie du moment et ça fait qu'on a travaillé plus sur l'interprétation, la prise de son du chant, parce que c'est vrai qu'avant je l'ai peut-être un peu négligée. Donc je pense que c'est peut-être pour ça qu'on le remarque plus aujourd'hui.

U : Et moi, clairement, le parallèle avec Barrett, je le fais sur cet aspect interprétatif. Ni lui ni toi n'avez de voix à la Freddy Mercury et par contre, ce n'est pas « le gratteux qui chante », c'est un chanteur-guitariste dont on sent le travail sur l'interprétation…
Effectivement, ça rejoint ce que je disais : comme j'ai plus travaillé sur le chant, ben ça se remarque !

U : tu écoutes quoi en ce moment ?
Pat O'May, en ce moment ! Parce que je suis en train d'apprendre les textes ! (gros rires) Pas par narcissisme… Non, ce que j'écoute… j'ai écouté beaucoup Tool, je suis assez fan ! Je réécoute des vieux trucs aussi : Jeff Beck… C'est à peu près tout. Je suis un très mauvais mélomane, en fait… Comme je suis tout le temps en train de bosser, j'ai peu de temps pour écouter de la zique tout simplement. J'écoute qu'en bagnole (bon, je me tape beaucoup de bagnole…).

U : En fin d'année, à Ultrarock, on fait notre « Top 6 »…
Ouais, j'ai vu qu'on était dedans !

U : Oui, oui et double ! Avec le précédent et avec celui-là ! 2012, 2014, rebelote !
Toi, ton top musical de la vie ? Tu conserves quoi si tu te barres sur une île déserte où il y a quand même une chaîne Hi-fi ? Je conserve Dark Side of the Moon, je conserve un album de Joe Jackson, je conserve l'album de Steve Vai avec (ah, non ça c'est Zappa…), y aura un Zappa, un Jeff Beck, un Peter Gabriel, probablement. Et puis tous ceux que je ferai passer…

U : En bonus : qu'est-ce qui t'as donné l'envie de devenir chanteur ? Et guitariste ?
Devenir chanteur ? Chez moi on a toujours chanté. Je suis d'une famille pas de musiciens mais de gens qui ont toujours chanté. J'ai toujours entendu chanter chez moi : mes parents préparaient des chants pour les communions, mon père et ma mère faisaient des duos donc ils répétaient, j'ai toujours eu ça… Et guitariste, c'est à cause de Ritchie Blackmore ! De Deep Purple… C'est à cause de lui : salaud ! J'ai entendu « tin tin tin, tin tin tintin » (le riff de Smoke on the Water - ndlr) et je me suis dit « waouh ! C'est ça que je veux faire ». Et depuis… j'essaye !

U : On apprécierait encore de causer longtemps mais on va te libérer… On te remercie, Pat et à bientôt sur scène !

 

 





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