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RHAPSODY OF FIRE

FEVRIER 2014



Avec un certain retard sur son ex-collègue Luca Turilli, Alex Staropoli vient défendre devant la presse « son » Rhapsody et leur fraîchement pondu « Dark Wings Of Steel ». Dernière interview d'une journée chargée (assurée par Alex seul sans Fabio Lione comme prévu), Ultrarock est néanmoins reçu avec sympathie par un Alex commençant à ressembler physiquement à un membre de Manowar mais échangeant facilement, ne serait-ce cette fatigue compréhensible mais également cet accent sur-italien et cette geek attitude l'empêchant de lâcher son portable tout du long…

(Ultrarock) C'est la seconde fois en moins de 2 semaines que je me retrouve privé de Fabio… La précédente, c'était au festival de Vouziers où il devait se joindre à Coverslave, un Tribute Maiden de chez vous…

(Alex Staropoli) Vraiment ? Eh bien je n'étais même pas au courant du projet^^

(UR) Diable… M'enfin, venons-en au groupe : commençons par l'intégration de Roby De Micheli en lieu de place de Luca…

(AS) Roby ? C'est marrant car il était déjà dans le groupe à l'époque des démos [début d'un joli quiproquo] : Luca, moi et Roby…

(UR) Luca et Roby, ensemble sur les démos [de « Dark Wings Of Steel » pour moi] ?

(AS) Oui ! Ils se connaissent depuis l'école tu sais, et ils ont débuté la guitare ensemble ! On formait déjà un groupe à ce moment, travaillant ensemble sur nos démos… Puis Roby a décidé de nous quitter. Donc, lorsque nous nous sommes séparés, il m'a semblé évident de me tourner vers Roby, et heureusement il a été extrêmement emballé. C'est un mec super, et pour moi il est très important d'avoir un vrai ami dans le groupe.

(UR) Euh… j'en déduis que vous aviez trois guitaristes au moment des démos ? Si tu me dis que Roby était déjà présent avant le départ de Luca…

(AS) Non mais… je te parle des toutes premières démos de Rhapsody en '93 !

(UR) … tout s'explique

(AS) Mais oui, l'époque de Thundercross ! Composé de moi, notre premier batteur Daniele Carbonera, Luca Turilli et Roby de Micheli. Donc voilà, ce n'est pas un étranger dans le groupe.

(UR) Ça m'inspire une autre question en revanche : vous avez enregistré « Legendary Tales » avec Luca seul… c'était un choix, alors ?

(AS) Effectivement, nous n'avons pas cherché de second guitariste. A l'époque, nous travaillions nos compositions, et nous n'avions pas besoin de nous adjoindre d'autre membre. Nous avons également effectué notre première tournée avec Luca seul.

(US) Et pour revenir au présent, donc, après une bonne douzaine d'années à deux guitaristes, voilà que vous décidez de nouveau de fonctionner avec un seul…

(AS) Exactement… Il est indéniable que deux guitares te permettent d'avoir un son bien plus puissant, mais c'est également plus difficile à gérer, et d'un point de vue matériel ça coûte plus cher au groupe. Et puis tout simplement, je n'en avais plus envie. On fonctionne à cinq et ça marche bien, certaines configurations donnent de bons résultats, d'autres non, et là il se trouve que ça convient à tout le monde. On va rester cinq… comme à nos débuts en fait.

(UR) Avant cet album, pour la tournée « From Chaos To Eternity », tu as donc gardé Tom Hess dans la seule optique de la scène ?

(AS) A ce moment, non… mais oui, si, c'était pour la scène, cependant on lui a donné pas mal de soli et on aurait pu continuer à fonctionner comme ça, ce n'était pas forcément fait pour se limiter à la tournée. On s'entendait alors tous bien, Luca et moi discutions déjà si nous allions continuer ensemble ou nous séparer… et lorsque nous nous sommes décidés, nous avons réalisé notre tournée sans Luca, avec Roby et Tom. Et ensuite, tout simplement, nous avons compris que nous n'étions pas sur la même longueur d'ondes avec Tom, moi et lui…. Mais aussi le reste du groupe. Il y avait trop de différences, des différences d'opinions sur la vie en général… En fait nous ne pouvions pas continuer ensemble, et aujourd'hui je pense que tout le monde se porte mieux ainsi.

(UR) Ça me rappelle une interview où tu disais t'être séparé de lui pour « divergences philosophiques », terme qui m'avait assez amusé…

(AS) Mais… en fait c'est bien le mot. C'est vrai que sa sonne drôle, mais c'est bien ça : on voit la vie trop différemment, si tu veux. Et du coup on n'a rien de commun, car cette vision s'étend à toute chose. Nous n'étions réellement pas sur la même longueur d'onde, nous pensions de manière carrément opposée. On a eu de bons moments pourtant, mais est arrivé un point où il n'y avait plus rien.

(UR) Ce split du line-up en deux, tu en conviendras je pense, est probablement le tournant le plus important de l'histoire du groupe. Et il se cale justement sur un autre gros changement : celui de votre label… sans doute pas par hasard ?

(AS) Il se trouve que le contrat de Nuclear Blast expirait après « From Chaos To Eternity », et que Luca a continué avec eux – chez nous c'est toujours lui qui a été en relation avec eux, déjà avant. Ils ont continué avec Luca car il composait déjà pas mal, probablement, et ils l'ont jugé plus sûr pour eux, à cause de ce matériel déjà composé. Bon, moi, je ne serais pas resté sur le même label, donc ça n'a guère changé mes projets : j'ai démarché des labels, et me suis décidé pour AFM Records, qui se sont intéressés non seulement à « Dark Wings Of Steel » mais également à l'album Live sur lequel le travail était déjà fait, le mix était déjà réalisé et ils étaient partants pour le sortir. Je suis très content d'AFM aujourd'hui.

(UR) C'est une autre question que je me posais, ça… L'album Live n'est donc pas dû à AFM, tu l'aurais proposé de toute façon si je comprends bien ?

(AS) Oui, de toute façon j'avais déjà réalisé le travail dessus, et je voulais le sortir : c'est un réel album Live, sans parties refaites en studio. Il y a quelques réajustement, un peu d'editing, mais tout ce que tu entends est capté sur scène. C'était donc prêt à être publié, mais d'autres labels étaient partants pour notre album studio sans pour autant vouloir du Live. A un moment je me suis dit « Alex, puisque tu veux publier cet album, choisis donc le label qui te permettra de le faire »… et c'est ainsi que nous nous sommes retrouvé sur AFM.

(UR) La publication d'un Live à ce moment charnière me déroutait…

(AS) En fait je voulais vraiment publier une sorte de manifeste de Rhapsody à ce moment pour réaffirmer notre identité. C'était très important pour nous de faire cette tournée… comme faire cet album ensuite, et tout simplement être actifs. Pour le Live j'ai enregistré dix shows, sans être certain de vouloir un album à ce moment, mais je désirais vraiment avoir du matériel de Rhapsody en concert. Je le désirais depuis longtemps, et comme désormais j'étais décisionnaire, j'ai pu agir un peu plus à ma guise qu'auparavant. Jusqu'ici tout n'était que discussion : le ferons-nous ? pourquoi ceci pourquoi cela… Ce coup-ci c'était juste « merde, je veux nous enregistrer sur scène », point. Sans même savoir ce que j'allais en faire : un titre ou 10, comme ç'aurait pu être un double album Live… Au final les enregistrements se sont révélés très bons, et heureusement que le projet a pu aller au bout. C'était en tout cas un projet très important pour Rhapsody, et j'espère bien sortir un DVD aussi. Jusqu'ici aucun concert complet n'est sorti en DVD, rien que des sets de festivals d'une demi-douzaine de titres.

(UR) En fait je me dis que tu souhaitais avant tout un projet pour le groupe à ce moment précis…

(AS) Oui, et surtout un manifeste de notre part, une déclaration pour nous affirmer… C'était en tout cas extrêmement important, et le résultat est à la hauteur de ce que je voulais.

(UR) Donc après cet album Live, vous entamez l'écriture de « Dark Wings Of Steel », et – autre nouveauté – tu composes quasiment tout avec ton frère, Manuel. Jusqu'ici, tout était signé de toi et Luca… tu tenais à ne pas travailler seul ?

(AS) Et bien pas du tout : à la base j'étais bel et bien parti pour écrire seul ! J'ai d'ailleurs effectivement commencé à écrire un bout de l'album, et mon frère n'est arrivé qu'après. Il est musicien professionnel, et joue de la flûte à bec en orchestre, diverses autres flûtes, et enseigne en conservatoire. Il est donc professionnel dans ce milieu, mais il est aussi fan de Metal, et joue de la basse… et il y a un certain temps je lui avais offert un logiciel pour qu'il puisse composer chez lui ; et en fait, il s'était mis à l'utiliser et il en était sorti pas mal de choses... Lorsqu'il m'a fait écouter ça, j'ai adoré ! J'apprécie particulièrement son sens rythmique, qui vient de son jeu de basse. Il a pondu quelques riffs de basse terriblement efficaces… Il avait écrit des titres entiers aussi, ou des ponts, des refrains… Ça m'a réellement emballé, et ça m'a tout simplement donné envie de travailler dessus. Je me suis donc assis avec lui et on a continué à écrire. Ce n'était donc pas du tout le projet initial, mais j'ai aimé l'idée de bosser entre frères. Dans les faits, nous avons peu travaillé littéralement ensemble, je veux dire dans la même pièce si tu veux, car il habite Turin et moi Trieste, mais plus à distance en s'envoyant des fichiers. On s'est donc peu vus, mais on a beaucoup échangé ainsi, et j'ai travaillé sur tout ce qu'il a écrit. Au final ça s'est très bien passé.

(UR) Ton frère étant bassiste, as-tu songé à le faire jouer sur l'album ?

(AS) Il n'est pas bassiste à proprement parler… il aime juste jouer de la basse. Et il ne voulait pas jouer sur l'album car il ne se sentait pas au niveau. Effectivement, nos morceaux ne sont pas forcément évidents à la basse… Il aurait pu jouer sur un titre, mais tout l'album puis la tournée n'aurait pas été possible. Deux heures de show c'est quand même assez exigeant, et ça comporte quand même bon nombre de parties compliquées tout du long. J'aurais adoré l'avoir en tant que bassiste en tout cas… Mais de toute façon il est déjà bien pris professionnellement, il aime ce qu'il fait et donne déjà beaucoup de concerts ; il a une famille aussi, des enfants, et tout ceci fait qu'il lui est délicat de partir en tournée pour deux mois. On s'est donc décidés pour ce fonctionnement, Manuel assurerait la composition, et je me suis tourné vers Oliver Holzwarth, le frère de Alex, pour tenir la basse… ce qui nous fait aussi une collaboration familiale !

(UR) Ah bah du coup ça vous fait deux duos de frères, oui ! Bon, tu m'as décrit ton processus de composition… par rapport à celui d'écriture de Fabio, qui a du prendre en charge la relève de Luca qui a toujours fonctionné sur des concepts développés par cycles, avez-vous envisagé de vous relancer là-dedans ?

(AS) Non pas du tout, nous avons au contraire consciemment décidé de rompre avec cette tradition. C'était trop exigeant pour nous ; on a décidé de conserver les mêmes thématiques, quelque chose aussi qui puisse coller à différentes parties émotionnelles dans la musique, qui permette de développer des parties dramatiques, théâtrales, à notre style BO, mais nous avons volontairement opté pour quelque chose de simple cette fois.

(UR) Comme tu as vu, Luca de son côté ne s'est pas lancé non plus dans un concept…

(AS) En effet.

(UR) Au final, malgré l'absence de concept, « Dark Wings Of Steel » ne sonne pas si éloigné d'un Rhapsody traditionnel.

(AS) A quelques différences près… Ecrire les sagas était aussi un sacré chalenge, il fallait faire coller tous les textes à la musique. C'était vraiment contraignant, oui, là du coup ça a été plus simple.

(UR) En tout cas, tous ces aspects, théâtraux etc, se retrouvent plutôt intacts, au point de vue du style… Du coup on ne ressent pas vraiment le changement.

(AS) Eh bah tant mieux !

(UR) Tant mieux, oui… Venons-en au contenu musical à proprement parler : si je tente de le décrire – en le comparant à l'album de Luca, désolé – je dirais que son album se réfère plus aux vieux Rhapsody, alors que le vôtre me semble plus dans la continuité des derniers.

(AS) Je ne suis pas convaincu, car notre album sonne très simple, même si tu remontes à « Legendary Tales ». Il y a divers éléments, mais l'ensemble n'est pas si complexe, alors que celui de Luca l'est beaucoup plus : il est très riche, très orchestré. Je ne comparerais pas non plus le sien à nos premiers albums, mais…

(UR) En fait ce que je retrouve de plus « traditionnel » chez Luca est l'approche plus dure et punchy, lorsque vous êtes plus axés sur l‘atmosphère et l'aspect BO…

(AS) En fait, pas mal de monde me dit le contraire ! Il a beaucoup misé sur l'orchestration, alors que son groupe ne sonne pas si Heavy pour du Metal, et c'est bien ce qu'il a voulu. Moi au contraire j'ai voulu plus axer sur le groupe, et faire passer l'orchestre après, ne pas avoir l'orchestre poussant le groupe dans le mix mais l'inverse… Et ça, je crois que c'est un son que Rhapsody n'a jamais eu, je pense que nos guitares n'ont jamais été aussi en avant. Mais bon bien-sûr chacun l'entend avec ses oreilles.

(UR) Bien-sûr… en fait je crois que je suis plus sensible à l'aspect mid-tempo et homogène de l'album, c'est en cela que je le trouve moins « dur et direct » que celui de Luca.

(AS) Ah là oui je suis d'accord.

(UR) OK… une autre caractéristique, que je retrouve sur tous les titres, est une fusion complète de l'instrumentation avec l'orchestre, ramenant celui-ci au même statut. Pas qu'ils aient été rarement séparés chez Rhapsody, mais là ça donne une couleur particulière… Je ne sais pas si là aussi tu as volontairement voulu vous faire sonner différemment ?

(AS) Non… je crois que c'est juste ce qui est sorti du mix, et de la composition.

(UR) Pas d'un choix stylistique alors ?

(AS) Si, bien-sûr, mais… je n'y ai pas réfléchi à l'avance, j'ai juste écrit, jusqu'à ce que ça sonne comme je voulais. J'ai toujours une approche assez simple.

(UR) OK… en tout cas moi ça m'a marqué, ces lignes d'orchestre quasiment sur un pied d'égalité avec la guitare, s'y mêlant comme un second instrument… Et on retrouve ça tout au long de l'album… [Alex fatigue, pas de réponse] Question plus pratique, vous avez enregistré dans trois studios…

(AS) Quatre, en fait, l'orchestre a été mis en boîte en [Anc. Rep. Youg. de] Macédoine.

(UR) OK en effet je ne savais pas…

(AS) La batterie, elle, a été enregistrée à Munich, les guitares, basse et chorale dans le studio d'un ami, le chant dans mon studio, et donc l'orchestre en [ARY]Macédoine.

(UR) C'est lequel le studio de ton ami ?

(AS) Celui d'un claviériste qui se trouve avoir joué avec Roby !

(UR) C'est aussi à Trieste ?

(AS) Oui, ce sont les studios Echo S [ ?], des petits studios pas si connus pas très pros. Très bons, on aurait aussi pu y enregistrer la batterie. On y a donc fait les guitares, la basse, la chorale… il est petit mais très bon, on s'y est bien retrouvés. Je pouvais enregistrer Fabio pendant que Roby faisait ses guitares à côté, etc…

(UR) Seul Alex a dû être enregistré en Allemagne, donc…

(AS) Oui, mais Oliver est venu à Triste pour sa basse.

(UR) Vous avez également enregistré un morceau bonus que je n'ai pas, « A candle to light »… Peux-tu m'en dire quelques mots ?

(AS) Oui… c'était la première version du morceau, avec pas mal de parties basses et d'autres rythmiques. Après l'avoir entendu, j'ai décidé de le retoucher pour en faire une ballade, donc en quelque sorte « A candle to light » en est une version plus développée, qu'on a aussi enregistrée en version courte, et « Custode di pace » est la version réécrite, et en italien. On a aussi une version française du titre ! Je le dis là vu que je suis en France^^ mais on publiera ça.

(UR) Sur une version française de l'album peut-être ?

(AS) En fait je ne sais pas encore où ça apparaîtra...

(UR) Il y a une question qui m'est venue tout à l'heure, lorsqu'on disait que ton frère était bassiste… « Angel of light » est un des titres qui me plaisent le plus et c'est précisément sa partie de basse qui m'emballe… Je me demandais si elle était de lui ? Jouant de la basse, il a dû en écrire directement aussi…

(AS) Comment as-tu deviné ? Tu es le premier à me dire ça ! Oh oui c'est une de ses meilleures parties, dès qu'il me l'a jouée j'ai adhéré, je me suis tout de suite mis à l'imaginer doublée de guitares… c'est un riff génial, j'ai immédiatement accroché. Il a pratiquement écrit toute la chanson, c'est un excellent travail. Quand j'ai récupéré ça pour travailler dessus à mon tour il y avait déjà quelques batteries, la basse, et quelques lignes, puis j'ai arrangé tout ça mais à la base toute l'idée est de mon frère.

(UR) Tu sembles considérer l'expérience comme plus que concluante… tu envisages peut-être déjà de retravailler avec lui ?

(AS) Oui tout à fait, ça nous a extrêmement emballés et nous avons plein d'idées en tête. Le problème est plus le temps que lui prennent ses autres activités, ses cours, ses concerts, et bien-sûr sa famille… Il n'a souvent pas de temps à lui, même pas pour correspondre par mail ! Donc prendre ne serait-ce qu'une heure pour s'isoler et se concentrer là-dessus peut même être difficile. Mais malgré cela nous comptons attendre le bon moment et le faire, définitivement. Il a déjà écrit un peu tu sais, et moi aussi… en fait nous avons déjà un titre de prêt.

(UR) Entier, déjà ?

(AS) Tout à fait. A l'origine on pensait l'inclure sur cet album, mais il prenait trop de place. Donc plutôt que de léser la chanson, nous l'avons gardée de côté pour une apparition plus appropriée…

(UR) … On parle de quelle longueur ?

(AS) 6-7mn, relativement long bien que pas tant pour Rhapsody.

Derniers mots d'un Alex pas au top de sa forme, mais apparaissant bien décidé à mener le navire, désormais dans ses mains, à bon port, malgré une certaine amertume qui aura percé ici ou là… A peine notre main serrée, le geek ressaisit son téléphone… Il parait qu'à l'époque ils pouvaient passer des nuits à s'envoyer des messages avec Luca, voire jouer en ligne ensemble… Une habitude de plus à perdre pour Alex.

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