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S E Y M I N H O L

Propos recueillis par Kzaf le 11 juin 2015







A l'occasion de la sortie de de leur nouvel album, « The Wayward Son », Seyminhol, en la personne de Nicolas Pellissier, nous fait l'honneur de nous accorder quelques minutes pour cette interview.

Ultrarock : Salut Nicolas, c'est une journée marathon que tu fais aujourd'hui pour la promo de ce nouvel album, comment cela se passe-t-il jusqu'ici ?
Nicolas Pellissier : C'est la première fois que nous faisons une telle démarche de promo avec notamment cette venue sur Paris pour rencontrer le maximum de médias (Seyminhol est un groupe basé en Moselle). Roger Wessier (Base Prod, Replica) a vu les choses en grand et nous sommes très contents du déroulement de cette promo. Ça nous permet véritablement de discuter de notre album avec une multitude de personnes très différentes, souvent curieuses, et la plupart semblent très réceptives à notre démarche. Et ça nous fait particulièrement plaisir.

Je fais partie de ces curieux et j'ai été très étonné de ce projet, ayant chroniqué votre album précédent « O.D Asylum », on en est quand même très de loin pour ce qui est du concept ! Pour quelle(s) raison(s) avez-vous choisi ce virage à 90° ?
En fait, ce concept, nous l'avions déjà en tête avant d'enregistrer « O.D. Asylum ». Mais le contexte de l'époque pour chacun d'entre nous ne nous aurait pas permis de se lancer dans un travail aussi gigantesque, alors on a décidé de se lancer à l'époque dans l'écriture d'un album plus « conventionnel », c'est de là qu'est né « O.D Asylum ».
Et puis, finalement si tu écoutes le son et les arrangements sur « O.D Asylum » et sur « The Wayward Son », en imaginant que l'on fait abstraction des orchestrations, tu te rendras compte que les riffs et l'approche musicale ne sont pas si éloignés que ça.Alors, bien sûr, les orchestrations donnent tout de suite un côté plus grandiloquent à ce dernier album, mais au final il reste relativement proche de ce que l'on a pu faire par le passé.
Avec « O.D. Asylum », nous voulions une musique très directe, taillée pour la scène, bien axée métal et basée sur un thème bien manichéen comme la psychiatrie. Après cet épisode, on a même hésité à changer de nom par peur de se faire bâcher par un grand nombre de personnes avec un tel changement et puis au final, après avoir lu les premières chroniques plutôt positives, on s'est ravisé, très agréablement surpris.
Les gens ont visiblement compris que l'on ne souhaitait pas être un groupe conventionnel et qu'avec cet album, on voulait, sans aucune prétention, sortir un peu du lot.

Cette volonté de se mettre un peu à part, ça ne te semble pas être un risque qui ne vous permettrait de ne toucher qu'un public très réduit ?
Cet album, il nous correspond à 100%. Les précédents aussi, certes, mais, pour celui-là, nous avons vraiment pu prendre le temps et mettre les moyens dans le développement du concept, sans pression puisqu'on l'a enregistré dans mon studio. On n'avait jamais eu l'occasion de faire cette démarche à fond pour les précédents albums, parce qu'on était pris par le temps en studio et on n'avait pas d'autres choix que d'aller à l'essentiel.
Pour « The Wayward Son », nous avons pris le temps de ré-écouter tous les phrasés et de peaufiner les arrangements pour être complètement satisfaits de l'album.

Te concernant, quel a été ton rôle dans l'élaboration de cet album ?
Après que Kevin a écrit les paroles et retravaillé le concept de la pièce de théâtre, je me suis occupé de la composition de la musique en prenant en compte nous souhaits communs en matière d'ambiances. Puis, une fois que tout était composé, j'ai soumis tout cela à l'ensemble du groupe pour avoir leur ressenti. J'ai tenu compte de leur avis, on a rectifié ce qu'il y avait à modifier et l'on a enregistré tout ça chez moi.

A plusieurs reprises, dans le dossier de presse et dans toutes les bios qu'on peut trouver de votre groupe, il est écrit que ton arrivée a révolutionné le son du groupe. Qu'est-ce que tu penses avoir apporté de si important à Seyminhol ?
Ca fait déjà un moment que je suis dans le groupe, je suis arrivé en 2000. Avant que j'intègre Seyminhol, il n'y avait pas de claviers ni d'orchestrations. J'ai essayé d'apporter de nouvelles inspirations et ma passion pour les musiques de films. D'un point de vue guitaristique, j'aime beaucoup le métal progressif et j'ai aussi essayé d'inclure quelques inspirations en lien avec ce registre dans la musique du groupe.

Avec un tel album, ça passe ou ça casse. N'avez-vous pas eu peur qu'une étiquette vous colle à la peau et qu'un album loupé grille le groupe ? Ça n'est quand même pas rien de s'attaquer à « Hamlet »…
On n'a pas de pression particulière, on n'est pas des professionnels de la musique. On a tous un métier dans lequel on s'épanouit. A partir de là, la pression de vendre des disques, on ne l'a pas. Nous nous sommes concentrés exclusivement sur le résultat musical et le plaisir personnel. On a pris un pied énorme à se lancer dans ce projet. Et en plus, maintenant que quelques chroniques arrivent, on n'a vraiment pas l'impression de s'être grillé, au contraire.

Est-ce que tu avais imaginé cet album tel qu'il est aujourd'hui le jour où vous vous êtes lancés ?
Oui, complètement ! Après, il ne faut pas non plus se leurrer, le son pourrait être meilleur, mais au vu de nos moyens actuels, nous sommes très satisfaits du résultat.

A propos de la pièce « Hamlet » que vous mettez en musique dans cet album, avez-vous utilisé l'intégralité de l'œuvre pour le composer ou avez-vous dû faire des choix ?
Nous n'avons pas pu tout mettre, et ça aurait fait un disque à rallonge si ça avait été le cas. On a essayé de cibler les éléments essentiels de la pièce et de leur donner une place de choix dans les morceaux principaux.

Et au niveau du chant ? Passer de tirades théâtrales à des phrasés chantés, plutôt axés rock, de surcroit, comment vous y êtes-vous pris ?
Kevin a essayé de varier son approche vocale pour donner du relief au chant en fonction des différents personnages et des situations, bien loin de ce qu'il a pu proposer sur le précédent album. Le chant est une pièce maitresse de ce disque dans le sens où il doit transmettre les émotions des différents personnages et jouer le narrateur avec le même timbre de voix, remanié, aussi bien que possible, sans être non plus dans la caricature.

Comment imagines-tu l'exploitation d'un tel album sur scène ?
Nous sommes quatre musiciens sur scène, avec des samples pour le clavier. On préfère se restreindre, pour le moment, à de petites scènes et apporter une ambiance en lien avec celle de l'album avec des crânes, des chandeliers et de la déco de circonstance, tout un tas de détails qui donnent un aspect théâtral à la chose.

Penses-tu pouvoir toucher un public pas forcément au courant de la démarche ?
En général, les gens qui viennent nous voir en concert sont avertis, mais dans le cas contraire, on a la chance d'avoir un public de tous horizons, pas forcément seulement issus du métal. Les gens sont intrigués et aiment la prise de risque et la sincérité. Et, quoi qu'il en soit, on reste un groupe de live.

Et pour la suite ?
On prévoit de sortir un clip et quatre nouveaux titres vers la fin de l'été. Concernant les dates, nous n'avons pour l'instant pas d'infos quant aux concerts à venir.

Le prochain album, tu penses que vous repartirez dans la même idée conceptuelle ?
Carrément ! On a été emballés par la création de cet album et on a envie d'y retourner ! Il faudra juste réfléchir au chef d'œuvre qu'on voudra adapter, mais au jour d'aujourd'hui, on a du mal à se mettre d'accord sur le choix à faire. Personnellement, je suis un grand fan de Berlioz. Je pense qu'on a durablement trouvé notre voie avec ce genre d'album, mais d'ici là, la vérité d'aujourd'hui n'est peut-être pas celle de demain.

Et au fait, Seyminhol, d'où vient ce nom de groupe ?
Le premier guitariste du groupe était passionné de culture amérindienne et ce nom est celui d'une tribu indienne. Quand j'ai intégré le groupe et qu'on commençait à se faire un nom en Lorraine, on a décidé de conserver ce nom même s'il ne correspondait plus du tout à notre univers.

Kzaf

 

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