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S I R E N I A


Interview par Joh pour ULTRAROCK, Octobre 2018
 

Faisons simple - 10 questions pour connaître le Sirenia de 2018 et son actualité


Comment vous sentez-vous en abordant les premiers concerts suivant la sortie récente de votre nouvel album ?

EMMA : Très bien, c’est toujours excitant, à la sortie d’un album, de voir la réaction des fans sur les nouveaux morceaux, un peu angoissant aussi : on ne peut jamais anticiper comment un album va être reçu par les fans…Et il s’avère qu’après deux dates russes pour présenter l’album et une première tournée Européenne, les fans réagissent très positivement. Interpréter sur scène certains des titres du nouvel album est également pour nous très gratifiant, dans la mesure où nous sommes tous chacun plus investis que dans les albums précédents. Les nouvelles chansons sont écrites sur mesure pour ma voix, donc c’est sur celles-là que je m’éclate le plus personnellement en live.

Nils : Nous sommes très heureux et très excités à l'idée de jouer les nouveaux morceaux sur scène avec notre nouveau line-up. De plus, chantant un peu, nous pouvons jouer des titres que le groupe ne jouait pas auparavant, faute de chanteur. C'est un peu stressant pour moi, surtout les premiers shows, mais ça va mieux, je commence à y prendre goût.

Comment décririez-vous l’évolution de Sirenia depuis ses débuts ?

EMMA : Même si je n’ai officiellement intégré le groupe en tant que chanteuse lead qu’il y a deux ans, j’ai toujours « suivi de loin » l’évolution des albums, puisque je participais aux chœurs et recevais les albums à chacune des sorties. Je dirais que, lorsque j’ai connu Morten et Sirenia, l’atmosphère de sa musique était très dark, dans le pur style gothique, et qu’elle a évolué progressivement au fil des ans vers quelque chose de plus heavy, (particulièrement sur le dernier album). Les structures se sont enrichies, complexifiées, les chœurs ont progressivement pris une place très importante également. Et on peut dire que, malgré les changements de chanteuses au cours des années, Sirenia n’a jamais perdu de son identité, sa musique s’est habillée de couleurs différentes en s’adaptant à chacune de leurs personnalités mais a toujours gardé son essence. D’un point de vue humain, je pense que le line-up d’aujourd’hui est solide, on travaille ensemble en toute confiance et transparence et on adore vraiment être ensemble. Il y a une vraie cohésion.

NILS : J'ai rejoint le groupe récemment mais de ce que je peux avancer, je dirais qu'elle est plutôt bonne. Les albums sont de plus en plus riches et techniques (certes certains fans regrettent la période at sixes and sevens). La prod est de plus en plus fat et nous avons vraiment le sentiment d'avoir un line-up soudé. L'ambiance est top, on s'éclate.

Ai-je tort si je dis ressentir une évolution d’une musique très sombre vers quelque chose de plus en plus lumineux, limite optimiste ?

EMMA : Je suis tout à fait d’accord sur le fait d’une évolution d’une musique très sombre vers quelque chose de plus en plus lumineux, c’est tout à fait mon point de vue aussi. Musicalement, il y a quelque chose de très brillant et peut-être plus optimiste dans un sens. En revanche, dans les textes, la noirceur demeure.

NILS : la musique, la composition c'est quelque chose qui est très lié à l'état dans lequel tu te trouves. Morten a, comme d'habitude, tout composé mais il m'a laissé faire des solos, Jan Erik a fait les siens aussi, puis Emma a pu contribuer aux paroles, du coup, cette ambiance positive qui gravite autour du groupe se fait peut être ressentir. Mais, si tu compares les textes à ceux d'avant, c'est toujours dans le même esprit. Musicalement, par exemple je ne pense pas que Queen of Lies ou Nos Heures Sombres soient plus "optimistes" que the Path to decay ou the Other side.

Vous avez tous participé à la création de multiples albums pour différents groupes. Comment vos approches ont-elles évolué au fil des années lorsque vous commencez à écrire et enregistrer un album ?

EMMA : J’ai enregistré pas mal de choses en tant que guest pour des groupes dans différents styles. J’ai commencé avec le metal (Penumbra, Trail of tears, Turisas…) et j’ai aussi enregistré pour de la pop et même du rap. On évolue forcément entre les uns et les autres, déjà parce que, techniquement, on apprend des choses au fil des ans, donc la voix mûrit, mais aussi parce qu’on s’enrichit en écoutant d’autres artistes, en allant voir ce qui se passe ailleurs, on « remplit ses bagages » au gré de ses voyages et de ses expériences, et on fait une grosse bouillabaisse avec tout ce qu’on a pêché :-) L’important étant de s’enrichir tout en gardant sa personnalité artistique.

Comment vous sentez-vous dans le paysage musical metal actuel avec la raréfaction de musique progressive et romantique au profit de chose plus directe et froide ? D’ailleurs, Morten fut à l’origine d’un courant musical avec Tristania. Aujourd’hui, tout semble s’uniformiser (son, riff, atmosphère…). Il faut vivre avec son temps mais quel est son opinion sur cette tendance ?

EMMA : Il faudrait lui poser la question directement, mais je pense que Morten est un créatif qui fait de la musique quoiqu’il advienne, quoiqu’il se passe autour de lui. Je crois que, quelle que soit l’évolution musicale qui nous entoure, il faut savoir rester soi-même et ne pas céder à la tentation de faire de la musique pour vendre. Car, à mon avis, l’uniformisation vient de là… On colle à une recette qui marche pour vendre et la motivation première n’est plus la musique en soi, et elle perd son âme. Au contraire, je pense que Morten n’est pas du tout un businessman, qu’il est un pur artiste qui a besoin de créer pour vivre et s’exprimer (et c’est tout à son honneur).

Etes-vous inspirés ou fans de groupes actuels qui sont en dehors de la sphère metal ?

NILS : bien sûr, par exemple j'adore Rodrigo y Gabriela par exemple et j'essaie par moment d'apporter une p'tite touche flamenco dans les solo.

EMMA : J’écoute personnellement beaucoup de choses différentes, des univers très opposés, ça va de la musique classique (ma plus grande inspiratrice) à la musique électro, en passant par le rock et la world. En tant qu’amatrice de musique progressive j’aime beaucoup King Crimson, par exemple, mais Il y a des artistes d’autres univers, comme Muse par exemple, qui me touchent beaucoup.

Comment vous êtes-vous rencontrés avec Nils et comment son intégration a-t-elle été décidée ?

EMMA : Nils est venu remplacer Jan Erik qui ne pouvait se libérer le temps d’une tournée. Ça devait durer 15 jours et puis on devait se quitter. Or, nous avons tous eu un coup de foudre pour lui, tant artistique qu’humain, et il nous semblait alors impossible de le laisser repartir et faire la route sans lui, on l’avait déjà adopté ! Morten a décidé qu’il se mettrait à la basse pour qu’on puisse garder à la fois Nils et Jan Erik à la guitare et continuer la route ensemble. Nous étions évidemment tous d’accord !

Du coup, nous trouvons sur cet album beaucoup plus de soli que sur les précédents, apportant une touche plus heavy. Etait-ce voulu depuis longtemps?

EMMA : Je ne sais pas si c’était voulu depuis longtemps, en tout cas Morten a eu envie sur cet album de confier les soli à Nils et Jan Erik, ce qui était une riche idée car ils ont apporté l’un et l’autre quelque chose de très puissant sur les chansons.

Qu’est-ce qui est important pour vous aujourd’hui dans l’identité de Sirenia ? Que souhaitez-vous transmettre à ceux qui écoutent votre musique ?

EMMA : Ce qui est important c’est justement de conserver cette identité car c’est une des forces de Sirenia, sa couleur, son atmosphère, c’est un groupe identifiable à la première écoute et ce, malgré les changements de chanteuses. Je crois que ce que la musique doit transmettre avant tout c’est de l’émotion, les gens doivent retrouver une part d’eux-mêmes dans ce qu’on leur donne à écouter, et si on arrive à toucher le cœur des gens, le pari est gagné. Je pense qu’on peut espérer transmettre le goût d’une musique complexe, recherchée, qui surprend à chaque virage. Je pense que c’est comme ça qu’on peut déclencher l’émotion justement. En surprenant. La force de cet album est qu’il y a des surprises à chaque virage ;-)

Bonus : Qu’attendez-vous du futur et qu’est-ce qui vous fait encore vibrer aujourd’hui ?

EMMA : Je pense qu’être sur scène est la plus grisante des addictions et je ne sais pas si on peut un jour se lasser de ça. J’espère que nous multiplierons les scènes et qu’on nous donnera l’occasion de nous exprimer sur de plus grandes et dans de gros festivals. Nous visons à toucher plus de monder et faire connaître la musique de Sirenia au plus grand nombre.

Le site : www.sirenia.no


Joh.


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