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SOEN

interview réalisée par Emmanuelle NEVEU en février 2017



Quand le métal progressif s'allie aux mythes antiques arcadiens pour un résultat riche en émotion qu'il est urgent de découvrir.
Rencontre au sommet de l'Emotion à travers une amitié étonnante née en 2008 avant même la création du groupe SOEN en 2010 entre Joel EKELOF (chant, WILLOWTREE) et Martin LOPEZ (batterie et ex OPETH, ex AMON AMARTH).

Martin, tu as déclaré que votre musique est complètement différente du métal progressif comme on peut le qualifier habituellement ?

Martin LOPEZ : je ne me rappelle pas avoir dit cela mais c'est vrai, en tout cas, on ne sonne vraiment pas comme un autre groupe de métal prog. Nous avons notre propre identité et signature musicale

J'en donne pour preuve votre troisième album « LYKAIA » (UDR Music 1/02/2017) composé de neuf titres. On est tenté de croire qu'il s'agit d'un concept album ?

Joel EKELOF : non pas du tout. Il est issu plutôt de nos expériences personnelles.

Pourquoi avoir pris le titre de « LYKAIA » qui met en image la représentation du loup garou dans un contexte de rite primitif arcadien et qui aborde aussi le thème du cannibalisme via ce sacrifice humain ?

Martin LOPEZ : je pense que ces métaphores représentent bien le monde dans lequel on évolue actuellement. On est une société tribale qui se fout totalement de ce qui peut bien se passer à côté. Il y a une métaphore de la colère et de brutalité qui nous deviennent familières.
Joel EKELOF : avec l'évocation du loup, on se pose sur un style primaire où le sens de progresser est essentiel et se transpose à travers nos titres. Je suis plus branché mythologie que Martin.
Martin LOPEZ : c'est vrai mais cette histoire de « LYKAIA » m'a évoqué la loyauté et le clan que les loups représentent. On a été très inspirés. D'ailleurs il y a une fête en Grèce en été qui honore cette histoire.

Quelle place tient l'amitié et la loyauté entre vous ?

Joel EKELOF : à mes débuts dans SOEN, je vivais à Berlin et on m'a fait remarquer que je ne pouvais pas continuer à vivre de la manière que je m'imposais. C'est une marque d'amitié de dire ce genre de chose. Ca dépend qui et comment on te le dit, mais pour moi cela a été bénéfique. On se soutient énormément. On garde les pieds sur terre.
Martin LOPEZ : musicalement et humainement notre collaboration a tout de suite été bonne et, grâce à tout cela, nous avons grandi ensemble. On a confiance et on se sent libres d'évoluer.

C'est exceptionnel, tous les amis souhaiterait avoir une telle relation, en avez vous conscience ?

Joel EKELOF : oui, pour ma part c'est la confiance qui est l'élément le plus liant. Le truc exceptionnel c'est quand tu sais de quoi tu parles, de quoi l'autre parle et que tu n'as pas besoin d'échanger, le truc se fait.

Y a-t-il un message à comprendre à travers « LYKAIA » ?

Martin LOPEZ : loin de moi l'idée de prêcher ou de donner des leçons, donc, non pas de message particulier. On est déjà capable de prendre soin de nous c'est déjà ça. Au travers de l'album tu peux ressentir la passion et l'émotion, ressentir des émotions, c'est ce que je veux.
Joel EKELOF : c'est la musique la plus sincère qu'on pouvait créer à ce moment là.

De quelle manière est-ce important pour vous que l'auditeur ressente cette émotion ? Pourriez-vous vous contenter d'écrire pour vous-mêmes sans vous soucier de la manière dont le public ressent les choses ?

Martin LOPEZ : la première personne qui doit être satisfaite, c'est moi.
Joel EKELOF : mais je ne serais insatisfait si mon art ne touchait personne. Le moment le plus intense étant le moment du concert. Ouvrir les possibilités émotionnelles, c'est mon but lors d'un concert.
Martin LOPEZ : ce moment est intense et presque « spirituel» dans un sens. Un moment magique. Les gens doivent ressortir avec quelque chose.

Je pense que la tonalité de ta voix, Joel y est pour beaucoup car elle transcende la musique. Penses-tu que l'expérience du concert prend une dimension différente lorsque l'on vient écouter SOEN ?

Joel EKELOF : c'est le but de nos concerts, pas de réel « entertainment » mais une expérience humaine de connexion. J'espère pouvoir vous le démontrer à Paris prochainement. (NDLR : concert annoncé le 15 avril 2017 au Backstage O'Sullivan)

Quel style de personne penses-tu toucher le plus ?

Joel EKELOF : tu ne peux pas expérimenter le désir, si tu ne connais pas la tristesse, je pense que les personnes qui ont une expérience en tristesse vont pouvoir la transformer positivement en « joie » ou l'extérioriser en tout cas.

Penses-tu que le fait d'avoir eu des expériences répétées de tristesse amène à la maturité et que cette maturité t'ouvre à plus de sérénité ?

Joel EKELOF : tout à fait.
Martin LOPEZ : tu dois trouver le moyen de gérer ces sentiments de colère, de tristesse, d'inconfort, jusqu'à ce qu'ils ne te rendent plus tristes, au contraire. Faire face et surmonter sinon tu restes un lâche pour le reste de ta vie.


Emmanuelle NEVEU

 





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